Le texte, entré en vigueur dès sa signature le 16 juillet, acte des mécanismes concrets : la mise en place d’un dialogue politique régulier entre les deux ministères des Affaires étrangères, la réactivation de la commission économique mixte algéro-allemande, tombée en sommeil depuis plusieurs années, et la création d’un nouveau conseil d’affaires bilatéral appelé à devenir une plateforme de réseautage entre les milieux économiques des deux pays.
Ce dernier organe travaillera en coordination avec la Chambre algéro-allemande de commerce et d’industrie (AHK Algérie), le Conseil du renouveau économique algérien (CREA) et la Chambre algérienne de commerce et d’industrie (CACI).
Un partenaire énergétique de premier plan
L’énergie occupe une place centrale dans cette nouvelle feuille de route. Les deux parties y soulignent l’importance stratégique du corridor sud de l’hydrogène (SoutH2 Corridor), classé projet «Global Gateway» et «corridor énergétique européen», ainsi que la nécessité d’augmenter les volumes de gaz livrés à l’Allemagne dans une logique de diversification de ses approvisionnements. Une réunion ministérielle dédiée à ce projet est d’ores et déjà annoncée.
S’exprimant lors de la conférence de presse conjointe tenue à la Chancellerie fédérale, le chancelier Friedrich Merz a insisté sur la volonté de son gouvernement d’ouvrir un nouveau chapitre économique avec Alger. Il s’est dit « très intéressé par les relations économiques avec l’Algérie » et a affirmé que son pays « entend ouvrir une nouvelle page dans ces relations ».
Le chancelier a précisé que les discussions avaient porté sur l’environnement des affaires, notamment le climat de l’investissement en Algérie et les garanties juridiques offertes aux opérateurs allemands, et a annoncé que « plusieurs accords seront signés entre les entreprises allemandes et algériennes en marge de cette visite officielle ».
Aux côtés du chancelier allemand, le président Tebboune a rappelé la profondeur historique du lien unissant les deux pays.
« Un fournisseur fiable qui ne se dérobe jamais »
«Depuis notre indépendance en 1962 jusqu’à aujourd’hui, nos relations avec l’Allemagne sont fortes, bonnes, et ne se sont jamais interrompues», a-t-il déclaré, évoquant un «tournant qualitatif» pour l’économie algérienne.
Le chef de l’État a particulièrement insisté sur la dimension énergétique de ce rapprochement, intervenant quatorze jours seulement après la première livraison directe de gaz naturel liquéfié algérien au terminal de Wilhelmshaven.
«Pour la première fois peut-être, nos amis allemands évoquent l’approvisionnement de l’Allemagne en gaz et nous, en tant que fournisseur de l’Europe, sommes considérés comme un fournisseur fiable qui ne se dérobe jamais à ses engagements», a-t-il souligné.
Devant la communauté algérienne établie en Allemagne, le président algérien a par ailleurs qualifié l’Allemagne de « grand pays ami », mettant en avant la sincérité et la solidité d’un partenariat qu’il a jugé en pleine accélération, tout en évoquant l’ouverture prochaine d’une liaison aérienne directe entre Alger et Berlin.
Au-delà de l’énergie, la déclaration conjointe trace des perspectives de coopération dans les transports, la santé, la pharmacie, les métaux stratégiques, l’agriculture et l’industrie. Les deux parties réaffirment également leur attachement au multilatéralisme, au droit international et au cadre fixé par l’accord d’association entre l’Union européenne et l’Algérie.
Sur le volet sécuritaire, Alger et Berlin ont salué la qualité de leur coopération en matière de migration, de réadmission et de réinsertion, confirmant le protocole bilatéral du 14 février 1997 relatif à l’identification et à l’admission des ressortissants.
Ce nouvel agenda stratégique, dont le premier test grandeur nature a eu lieu dès le lendemain avec la tenue du Forum économique algéro-allemand à Berlin, marque ainsi l’entrée des relations algéro-allemandes dans une phase résolument plus structurée, où la diplomatie de haut niveau vient désormais épauler une ambition économique et industrielle commune.
S. I.





