Avec des produits compétitifs, notamment dans les filières agricoles et agroalimentaires, l’Algérie dispose désormais d’atouts pour conquérir un marché de plus de 1,4 milliard de consommateurs. La province du Henan pourrait ainsi servir de porte d’entrée stratégique, d’autant que les autorités de cette importante région chinoise, en visite en Algérie, ont exprimé un vif intérêt pour l’importation de produits agricoles et agroalimentaires algériens.
Tous les ingrédients semblent ainsi réunis pour permettre aux produits nationaux de renforcer leur présence sur le marché chinois et d’ouvrir une nouvelle étape dans le développement des exportations algériennes hors hydrocarbures.
C’est le principal enseignement des entretiens qu’ont eus, avant-hier à Alger, le ministre de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche, Yacine El-Mahdi Oualid, et la vice-gouverneure de la province du Henan, Zhang Min.
Les discussions ont porté sur le développement des échanges commerciaux, le renforcement des partenariats agricoles et la création de nouvelles opportunités d’investissement entre les deux pays.
Le message adressé par la responsable chinoise est sans équivoque. Le Henan souhaite importer davantage de produits algériens, réputés pour leur qualité, afin d’approvisionner non seulement le marché chinois, mais également les marchés régionaux desservis par cette importante province du centre de la Chine.
Cette volonté chinoise prend tout son sens depuis l’entrée en vigueur, le 1er mai dernier, de la nouvelle politique commerciale de Pékin accordant un accès totalement exempt de droits de douane aux produits originaires de 53 pays africains, dont l’Algérie.
Cette mesure change considérablement la donne pour les exportateurs algériens. Les dattes, l’huile d’olive, les agrumes, les figues sèches, les produits biologiques, les épices, les conserves alimentaires ainsi que plusieurs produits agroalimentaires transformés bénéficient désormais d’un avantage tarifaire qui améliore sensiblement leur compétitivité sur le premier marché mondial de consommation.
Pour les opérateurs économiques, cette suppression des barrières douanières représente bien plus qu’une simple facilité commerciale. Elle constitue une véritable opportunité stratégique pour installer durablement le label « Made in Algeria » en Chine.
Avec un produit intérieur brut dépassant 900 milliards de dollars, le Henan figure parmi les provinces les plus puissantes de Chine. Son économie repose notamment sur une agriculture extrêmement performante, avec une production annuelle de plus de 65 millions de tonnes de céréales. En outre, la province du Henan occupe une position géographique privilégiée.
Henan, un hub logistique stratégique
Située au cœur du réseau ferroviaire et logistique chinois, la province constitue une plateforme de distribution vers les principales métropoles du pays. Pour les exportateurs algériens, elle pourrait devenir un véritable point d’ancrage pour diffuser leurs produits sur l’ensemble du territoire chinois. C’est précisément cette dimension logistique qui confère une importance particulière aux discussions engagées entre Alger et cette province.
Dans cette optique, les opérateurs économiques algériens ont été invités à participer au Salon international de l’agriculture, du matériel agricole et de l’industrie agroalimentaire, qui se tiendra en octobre prochain dans la province du Henan.
Cette manifestation offrira aux producteurs nationaux l’occasion de présenter leurs produits directement aux importateurs, distributeurs et investisseurs chinois.
Pour les filières des dattes, de l’huile d’olive, des produits transformés, des boissons, des fruits et légumes ou encore des produits biologiques, il s’agit d’une occasion rare de pénétrer un marché réputé exigeant, mais extrêmement porteur.
Exporter davantage… mais aussi produire ensemble
Les discussions entre les deux parties ne se sont pas limitées aux seules exportations. La coopération pourrait également s’étendre aux technologies agricoles intelligentes, à la mécanisation, à la fabrication d’équipements agricoles, aux infrastructures de stockage des céréales ainsi qu’au développement des industries agroalimentaires.
Un projet de partenariat entre l’Institut national de la recherche agronomique d’Algérie (INRA) et une université du Henan devrait également permettre de renforcer la coopération scientifique, notamment dans les domaines des semences améliorées, de la résilience climatique et de l’innovation agricole.
Cette approche traduit une évolution des relations économiques entre les deux pays, désormais davantage orientées vers le transfert de technologies et la création de valeur ajoutée locale.
La province du Henan est l’une des plus grandes économies régionales du pays, avec un PIB dépassant les 900 milliards de dollars. De plus, le Henan est considéré comme l’une des principales régions agricoles de Chine, avec une production annuelle de céréales qui dépasse les 65 millions de tonnes.
Cette ouverture intervient alors que les échanges commerciaux entre l’Algérie et la Chine connaissent une croissance soutenue. En 2025, ils ont atteint un niveau historique proche de 15 milliards de dollars, soit une progression de près de 20 % par rapport à 2024.
Cependant, ces échanges demeurent largement déséquilibrés au profit de Pékin. Les importations algériennes de véhicules, d’équipements industriels, de matériels électroniques ou encore de produits sidérurgiques représentent l’essentiel des flux commerciaux, tandis que les exportations algériennes restent dominées par les hydrocarbures.
Les autorités des deux pays souhaitent désormais diversifier cette relation en favorisant les exportations agricoles et agroalimentaires ainsi que les investissements productifs.
Pour l’Algérie, le défi consiste désormais à transformer cet intérêt en contrats commerciaux durables. Cela suppose de renforcer les capacités d’exportation, de garantir une qualité constante, d’améliorer les normes de conditionnement et de certification et d’assurer une logistique performante.
C’est ce que le ministre du Commerce extérieur et de la Promotion des exportations, le professeur Kamel Rezig, et une délégation officielle de la province chinoise du Henan ont plaidé, tout en encourageant les opérateurs économiques des deux parties à nouer des partenariats fructueux, de nature à contribuer à la diversification et à la promotion des échanges commerciaux.
Les atouts sont pourtant réels. Les dattes Deglet Nour, l’huile d’olive, les agrumes, les produits du terroir et de nombreuses spécialités agroalimentaires disposent aujourd’hui d’une fenêtre d’opportunité rarement égalée.
À court terme, l’impact de la mesure de zéro tarif douanier est immédiat, permettant d’accroître les exportations algériennes vers la Chine et de contribuer à la diversification économique en Algérie, avait indiqué Son Excellence l’ambassadeur de Chine en Algérie, M. Dong Guangli, précisant que la politique de tarif douanier zéro sera un levier de développement partagé.
Sur le long terme, comme l’Algérie se trouve au carrefour entre l’Europe et l’Afrique, la politique de zéro tarif accordée par la Chine aidera le pays à attirer les investissements productifs, aussi bien nationaux qu’étrangers, tout en promouvant son industrialisation et la modernisation de son agriculture.
En somme, l’ouverture du marché chinois, conjuguée à l’intérêt affiché par une puissance économique comme le Henan, pourrait ainsi marquer le début d’une nouvelle étape pour le « Made in Algeria », appelé à gagner progressivement sa place sur l’un des marchés les plus convoités de la planète.
H. O.





