Selon Handelsblatt, plusieurs déclarations d’intention devraient être signées à cette occasion, avec pour ambition une extension significative des volumes de gaz naturel liquéfié (GNL) algérien livrés sur le territoire allemand. Confronté à des réserves gazières jugées insuffisantes, le gouvernement allemand cherche en effet à diversifier durablement ses sources d’approvisionnement, et l’Algérie apparaît comme un partenaire de choix dans cette équation.
En contrepartie, Berlin proposerait un accompagnement technique au secteur algérien des hydrocarbures, notamment pour réduire les fuites de méthane le long de la chaîne de production. Un échange équilibré qui illustre la maturité atteinte par ce partenariat, où l’Algérie n’est plus un simple fournisseur, mais un véritable partenaire d’une coopération technologique à forte valeur ajoutée.
Cette dynamique ne relève pas de la simple déclaration d’intention : elle s’incarne déjà dans les faits. Sonatrach a récemment annoncé la livraison de sa toute première cargaison de GNL à destination de l’Allemagne, une opération inédite qui restera dans les annales des relations énergétiques euro-méditerranéennes.
La cargaison, chargée au complexe de liquéfaction de GL2Z à Bethioua, près d’Oran, a été acheminée par le méthanier Tessala — un navire battant pavillon national et propriété du groupe — jusqu’au terminal flottant de Wilhelmshaven, sur la côte allemande de la mer du Nord.
Cette première livraison, réalisée quelques semaines seulement après la signature, le 17 juin 2026, d’un mémorandum d’entente entre Sonatrach et l’entreprise allemande VNG AG portant sur l’hydrogène vert et la réduction des émissions de méthane, illustre parfaitement la trajectoire empruntée par les deux pays à l’approche de cette visite d’État.
Longtemps liée à ses partenaires européens par des gazoducs et des contrats rigides de long terme, l’Algérie prouve qu’elle sait désormais aussi jouer sur le terrain plus souple du GNL, où les cargaisons peuvent être orientées selon les besoins et les opportunités de marché. Une flexibilité qui pourrait bien constituer la pierre angulaire du pacte énergétique attendu lors de la visite présidentielle.
Par ailleurs, cette visite intervient à un moment charnière pour l’Allemagne. Engagée depuis 2022 dans un virage énergétique historique afin de s’affranchir du gaz russe, le pays a consenti d’importants investissements dans la construction de terminaux de regazéification.
Ainsi, Berlin a d’abord débloqué près de 3 milliards d’euros pour louer et raccorder des terminaux flottants, avant de déployer un cadre de soutien public de près de 4,96 milliards d’euros pour sécuriser leur exploitation à Wilhelmshaven, Brunsbüttel, Stade, Lubmin et Mukran. À plus long terme, des terminaux fixes de grande envergure prennent le relais, comme à Brunsbüttel (1,9 milliard d’euros), conçus pour pouvoir accueillir à terme des molécules vertes comme l’hydrogène liquide.
C’est dans cet édifice énergétique allemand en pleine recomposition que l’Algérie s’apprête à consolider sa position, à la faveur d’une visite d’État qui pourrait bien marquer un tournant dans la relation bilatérale, faisant ainsi du GNL algérien bien plus qu’une simple marchandise d’exportation, mais l’un des piliers d’un partenariat stratégique en pleine construction.
K. B.





