Alger, Algérie

mercredi 22 juillet 2026 05:35

Draâ Ben Khedda (Tizi Ouzou) : Du déclin industriel à l’attractivité d’un hub régional

À seulement 15 minutes du chef-lieu de la wilaya de Tizi Ouzou, Draâ Ben Khedda ne se contente plus de son héritage industriel. La daïra s'impose désormais comme le carrefour névralgique de la Grande Kabylie. Grâce à un assainissement rigoureux du foncier —ayant permis la réaffectation de terrains stratégiques— et au désenclavement par la RN12, la ville attire une nouvelle vague de porteurs de projets. De la modernisation des infrastructures de santé à l'implantation de nouveaux sièges sociaux, enquête sur les leviers d’une transformation qui positionne DBK comme une destination privilégiée de l'investissement productif en Algérie.

Eco Times

Correspondant

À seulement 15 minutes du chef-lieu de la wilaya de Tizi Ouzou, Draâ Ben Khedda ne se contente plus de son héritage industriel. La daïra s’impose désormais comme le carrefour névralgique de la Grande Kabylie. Grâce à un assainissement rigoureux du foncier —ayant permis la réaffectation de terrains stratégiques— et au désenclavement par la RN12, la ville attire une nouvelle vague de porteurs de projets. De la modernisation des infrastructures de santé à l’implantation de nouveaux sièges sociaux, enquête sur les leviers d’une transformation qui positionne DBK comme une destination privilégiée de l’investissement productif en Algérie.

Dossier réalisé par Lyazid Khaber

De poumon industriel en hub logistique régional : Métamorphose à Draâ Ben Khedda

Ancien fleuron du textile algérien, la daïra de Draâ Ben Khedda amorce un pivot stratégique majeur. Entre réhabilitation de son foncier industriel et intégration aux flux de la pénétrante autoroutière, la région se positionne désormais comme le pivot de la croissance économique de la wilaya de Tizi Ouzou.

Historiquement désignée comme le cœur industriel de la Kabylie, la daïra de Draâ Ben Khedda repose sur un socle économique marqué par la présence d’unités structurantes, notamment dans les secteurs du textile et de l’agroalimentaire, portés par l’ex-Cotitex et la Laiterie de Draâ Ben Khedda.

Toutefois, les indicateurs macroéconomiques locaux révèlent aujourd’hui une phase de transition cruciale. Selon les données de la Chambre de Commerce et d’Industrie Djurdjura, le tissu économique est désormais composé à plus de 80% de PME et PMI, témoignant d’une résilience certaine face à la désindustrialisation lourde. La croissance locale, bien que corrélée à la dépense publique, montre des signes de stabilisation grâce à une diversification progressive vers les services et le BTPH.

Comme le souligne un récent rapport du Centre National d’Études et d’Analyses pour la Population et le Développement (CENEAP), cette densification du réseau de petites entreprises est un indicateur de vitalité, bien que le passage à une économie de haute valeur ajoutée nécessite encore une mise à niveau technologique profonde.

Le renouveau de cette daïra s’inscrit directement dans la nouvelle stratégie nationale de relance industrielle, où les réformes structurelles se concentrent sur la levée des verrous bureaucratiques. L’axe prioritaire demeure la récupération du foncier industriel inexploité pour le réaffecter à des porteurs de projets innovants, conformément aux dernières directives gouvernementales.

Parallèlement, la modernisation des infrastructures, illustrée par l’achèvement imminent de la pénétrante vers l’autoroute Est-Ouest, agit comme un véritable catalyseur de compétitivité. Cette liaison réduit drastiquement les coûts logistiques et désenclave les zones d’activités historiques.

Lors d’une récente visite régionale, le Ministre de l’Industrie a d’ailleurs rappelé que la priorité demeure la transformation de ces zones en pôles d’excellence capables d’attirer des investissements directs étrangers grâce à une offre foncière plus transparente et attractive.

Pour les investisseurs, Draâ Ben Khedda ne doit plus être perçue comme une simple zone de transit, mais comme un réceptacle de capitaux stratégiques. Trois secteurs se distinguent particulièrement par leur potentiel de rendement: l’agro-industrie 2.0, la logistique et l’économie circulaire.

En s’appuyant sur sa tradition laitière, la région offre des opportunités majeures pour la transformation de produits dérivés à forte valeur ajoutée. De plus, sa position géographique à l’intersection des axes Tizi Ouzou-Alger et Tizi Ouzou-Bouira en fait un emplacement de premier choix pour l’implantation de centres de distribution régionaux. Une étude de l’Université Mouloud Mammeri souligne également que la proximité des centres de recherche et de formation professionnelle garantit aux capitaux entrants un accès privilégié à une main-d’œuvre qualifiée, optimisant ainsi les coûts opérationnels liés au capital humain.

En conclusion, l’avenir économique de Draâ Ben Khedda dépendra de sa capacité à transformer ses contraintes spatiales en atouts logistiques de premier plan. Si la stabilité macroéconomique semble acquise, l’accélération de la croissance passera nécessairement par une numérisation accrue des procédures et un soutien renforcé aux start-ups industrielles.

À moyen terme, la daïra possède tous les leviers pour s’imposer comme le «port sec» industriel de la région, à condition que les réformes sur le foncier se concrétisent par une mise à disposition effective pour les investisseurs privés, garantissant ainsi une trajectoire de développement durable et agile.

 

Draâ Ben Khedda, une destination de choix pour l’investissement : Un territoire de nouvelles opportunités pour les capitaux

La ville de Draâ Ben Khedda

Au-delà de son héritage industriel, la daïra de Draâ Ben Khedda (DBK) se réinvente comme une destination de choix pour l’investissement. Portée par une nouvelle législation incitative et une infrastructure en pleine expansion, la région offre des gisements de croissance inexploités dans des secteurs stratégiques. Le paysage de l’investissement à Draâ Ben Khedda connaît une mutation profonde, portée par la mise en œuvre de la Loi n°22-18 relative à l’investissement.

Ce cadre législatif simplifie les procédures via le guichet unique de l’Agence Algérienne de Promotion de l’Investissement (AAPI) et garantit une stabilité juridique cruciale pour les capitaux nationaux et étrangers. Localement, cette dynamique se traduit par une volonté politique de lever les obstacles bureaucratiques et de viabiliser les zones d’activités, comme l’a souligné le wali de Tizi Ouzou lors de récentes inspections de projets.

La réaffectation de terrains industriels inexploités, notamment ceux de l’ancienne SNTF, ouvre des perspectives immédiates pour l’installation de nouvelles unités de production.

L’agro-industrie demeure le levier de croissance le plus mature de la région. Avec une production laitière dépassant les 105 millions de litres en 2024 au niveau de la wilaya, Draâ Ben Khedda se positionne comme un pôle de transformation majeur.

Les opportunités se concentrent désormais sur la diversification des produits dérivés à forte valeur ajoutée, tels que la fromagerie industrielle et les unités de conditionnement moderne. Cette spécialisation bénéficie de la proximité immédiate de l’Université Mouloud Mammeri, qui fournit un vivier de compétences techniques et de recherche en gestion et sciences économiques pour accompagner la modernisation des entreprises locales.

Parallèlement, la position géographique de DBK, renforcée par les projets de pénétrante autoroutière, fait émerger le secteur de la logistique comme un gisement de profitabilité élevé. La création de plateformes de stockage et de distribution devient impérative pour fluidifier les échanges entre Alger et l’arrière-pays kabyle.

En complément, les secteurs des énergies renouvelables et de l’économie circulaire (valorisation des déchets industriels) sont identifiés comme des axes prioritaires de la stratégie de développement 2024-2025. Ces domaines bénéficient d’avantages fiscaux spécifiques prévus par le code de l’investissement pour les projets contribuant à la transition écologique.

En somme, Draâ Ben Khedda offre un écosystème en phase de «re-démarrage» où les primo-arrivants sur les nouveaux créneaux logistiques et technologiques pourront bénéficier d’une rente de situation géographique
et d’un soutien institutionnel renforcé.

La réussite des futurs investissements repose désormais sur l’agilité des opérateurs à s’intégrer dans cette dynamique de modernisation infrastructurelle et numérique.

 

Développement local à Draâ Ben Khedda : Réinventer l’espace urbain pour un développement durable

Située à la charnière de la Kabylie et de la Mitidja, la daïra de Draâ Ben Khedda (DBK) fait face à un défi de taille, à savoir transformer une urbanisation historiquement linéaire en un pôle de vie moderne et structuré. Entre extension des pôles d’habitat et mise en conformité du bâti, la cité se redessine pour répondre aux exigences d’une population dépassant désormais les 83.000 habitants.

Le développement urbain de Draâ Ben Khedda s’inscrit aujourd’hui dans une logique de rattrapage structurel. Longtemps marquée par une croissance spatiale spontanée le long des axes routiers, la commune s’appuie désormais sur les Plans Communaux de Développement (PCD) pour financer l’amélioration du cadre de vie. Ces dotations budgétaires ciblent prioritairement l’aménagement des quartiers périphériques, l’extension des réseaux d’assainissement et l’éclairage public.

L’enjeu est de réduire les disparités entre le centre historique, hérité de l’époque industrielle, et les nouvelles zones d’habitation qui ont émergé ces deux dernières décennies, souvent sans infrastructures d’accompagnement adéquates.

L’un des leviers majeurs de cette transformation est la régularisation du patrimoine bâti. L’application de la Loi n°15/08 relative à la mise en conformité des constructions constitue un chantier de premier plan pour les autorités locales.

Cette réforme vise non seulement à achever les façades urbaines pour améliorer l’esthétique de la ville, mais aussi à intégrer juridiquement des milliers de foyers dans le tissu urbain formel. En parallèle, la réaffectation de sites stratégiques, à l’instar du terrain de l’ex-SNTF, illustre la volonté de la wilaya de libérer des assiettes foncières au cœur de la ville pour y implanter des équipements publics et des espaces de loisirs indispensables à l’équilibre social.

La vision à l’horizon 2025-2030 repose sur la création de véritables «pôles de vie». Les nouveaux programmes de logements, notamment les cités AADL et les logements sociaux, ne sont plus conçus comme de simples dortoirs mais comme des quartiers intégrés incluant des établissements scolaires, des centres de santé et des espaces verts. Cette approche, prônée par la Direction de l’Urbanisme (DUAC), vise à désengorger le centre-ville saturé et à offrir une meilleure qualité de vie aux résidents.

En somme, le développement local de Draâ Ben Khedda amorce un virage qualitatif. Si les défis liés à la densité urbaine et à la gestion des déchets restent prégnants, la multiplication des projets d’amélioration urbaine et la rigueur dans l’application des Plans d’Occupation des Sols (POS) laissent entrevoir une ville plus résiliente.

La réussite de cette mue urbaine sera la clé pour ancrer durablement les populations et attirer de nouveaux services de proximité, essentiels à la vitalité économique de la daïra.

 

Au cœur de la relance régionale : Draâ Ben Khedda, sec place en championne

L’appareil productif de la daïra de Draâ Ben Khedda dépasse largement les frontières de son chef-lieu. En intégrant les communes de Tirmitine et de Tadmaït, ce territoire se structure autour de zones industrielles et d’activités complémentaires, offrant un écosystème diversifié aux investisseurs en quête de foncier et de connectivité.

L’ossature industrielle de la daïra repose principalement sur la zone industrielle historique de Draâ Ben Khedda, pôle de référence spécialisé dans le textile et l’agroalimentaire, ainsi que sur la zone d’activité située à l’entrée Est. Ces espaces, placés sous la supervision de la Direction de l’Industrie de Tizi Ouzou, font actuellement l’objet d’une vaste opération d’assainissement foncier visant à optimiser l’usage des sols.

En 2024 et 2025, de nombreux projets non lancés ont été annulés, permettant de libérer des hectares stratégiques pour l’accueil de nouveaux capitaux. Cette dynamique de récupération foncière, qui a déjà permis de reprendre plusieurs dizaines d’hectares au niveau de la wilaya, offre des opportunités immédiates pour l’installation d’unités de transformation légère, de services industriels spécialisés ou de plateformes logistiques modernes.

La commune de Tadmaït constitue le second poumon industriel de ce bassin d’emploi. Sa zone d’activité est aujourd’hui au centre d’une réaffectation majeure suite à l’annulation de plusieurs projets d’investissement défaillants. Ce foncier ainsi libéré représente une aubaine pour les investisseurs ciblant les industries de substitution aux importations, un secteur fortement encouragé par le nouveau code de l’investissement.

Parallèlement, la commune de Tirmitine se distingue par une configuration géographique qui favorise le développement de micro-zones d’activités. Celles-ci sont particulièrement adaptées aux startups et à l’artisanat industriel, créant ainsi un maillage dense de sous-traitance capable de soutenir les plus grandes unités de production situées dans la plaine.

Les opportunités d’investissement se cristallisent désormais autour de trois axes prioritaires qui répondent aux besoins du marché local. Le reconditionnement industriel profite de la disponibilité de terrains déjà équipés en infrastructures de base pour implanter des unités de recyclage.

L’agro-logistique, quant à elle, s’appuie sur la proximité des zones de production agricole de la vallée du Sébaou pour justifier la création d’entrepôts frigorifiques et de centres de conditionnement. Enfin, le secteur des services à l’industrie présente un marché encore sous-exploité, notamment pour les entreprises spécialisées dans la maintenance technique et la gestion des zones industrielles.

Enfin, la daïra de Draâ Ben Khedda propose un paysage industriel en pleine mutation où l’ère du foncier gelé laisse place à une gestion plus dynamique. L’émergence de zones d’activités mieux structurées, encadrées par l’Agence Algérienne de Promotion de l’Investissement (AAPI), fait de ce territoire un pôle de compétitivité attractif.

Pour les opérateurs économiques, DBK représente aujourd’hui une opportunité de conjuguer un héritage industriel solide avec les exigences de la modernité logistique et de la transition économique nationale.

L. K.

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