Alger, Algérie

mardi 21 juillet 2026 17:23

«Nouvelle frontière de l’investissement» : USA Today dresse un portrait séduisant de l’Algérie

3,5 milliards de dollars : Le nouveau visage du commerce algéro-américain

Le dernier rapport annuel du Bureau du Représentant américain au Commerce (USTR), le National Trade Estimate Report 2026 on Foreign Trade Barriers, publié cette semaine, confirme la dynamique commerciale entre l'Algérie et les États-Unis, tout en mettant en lumière la stratégie de protection économique que poursuit Alger pour consolider sa production nationale et préserver ses réserves de change.

K. Boukhalfa

Correspondant

En effet, selon le document américain, les échanges commerciaux entre les deux pays ont atteint environ 3,5 milliards de dollars en 2025, plaçant l’Algérie au 81ᵉ rang des marchés d’exportation de biens américains. Les importations américaines en provenance d’Algérie, pour l’essentiel des hydrocarbures, se sont établies à 2,2 milliards de dollars, en léger repli de 9,1% par rapport à 2024.

Côté exportations américaines vers l’Algérie, la progression a été notable : +25,2%, à 1,3 milliard de dollars, un signal de l’attractivité croissante du marché algérien pour les opérateurs étrangers. Dans le même temps, le déficit commercial américain vis‑à‑vis de l’Algérie s’est réduit d’un tiers, ramené à 969,4 millions de dollars, traduisant un rééquilibrage progressif des flux, porté à la fois par le dynamisme des exportations américaines et par la baisse conjoncturelle des importations en provenance d’Algérie.

Sur le plan des services, les États‑Unis affichent un excédent de 192 millions de dollars en 2024 : les exportations américaines de services vers l’Algérie ont progressé de 27,9% (330 millions de dollars), tandis que les importations américaines de services algériens ont bondi de 66,3%, à 138 millions de dollars. Une hausse qui témoigne de la montée en gamme de l’offre algérienne dans ce secteur.

Il convient de souligner que ce cadre d’échanges s’appuie sur l’Accord‑cadre sur le commerce et l’investissement (TIFA), signé entre les deux pays en juillet 2001, qui reste le principal mécanisme de dialogue économique bilatéral.

Le rapport détaille également l’architecture douanière et réglementaire algérienne, que l’Algérie justifie par la nécessité d’encourager la production locale et de maîtriser sa facture d’importations.

Les autorités algériennes ont ainsi mis en place des droits de douane additionnels temporaires sur plus d’un millier de produits manufacturés et agricoles, une mesure assumée comme un levier de politique industrielle plutôt qu’un simple obstacle technique, comme par exemple un taux de 200% ciblant le ciment, et ce, afin de préserver la production nationale.

Dans le secteur automobile, le nouveau Cahier des charges de 2022 a permis d’assouplir le dispositif précédent en supprimant les quotas d’importation tout en maintenant un système d’autorisation, avec 38 sociétés algériennes désormais habilitées à importer des véhicules.

Le texte a également mis fin à l’obligation de détention exclusivement algérienne du capital des importateurs automobiles, un geste d’ouverture vers davantage de flexibilité entrepreneuriale.

Sur le volet agricole, l’Office algérien interprofessionnel des céréales (OAIC) demeure le pilier de la politique de sécurité alimentaire du pays, en assurant l’approvisionnement en blé à des prix subventionnés pour le marché domestique. Une politique de stabilité des prix qui protège le pouvoir d’achat des ménages algériens.

Le rapport souligne aussi les évolutions institutionnelles en cours : la dissolution, annoncée en avril 2025, de l’Agence nationale de promotion des exportations, remplacée par deux nouvelles structures dédiées respectivement à la régulation des importations et à la promotion des exportations hors hydrocarbures. Une réforme qui traduit la volonté des autorités de diversifier l’économie nationale au‑delà de la rente pétrolière et gazière.

Sur le plan de l’investissement, le document rappelle qu’en 2020, l’Algérie a supprimé la règle dite «51/49 » pour la majorité des secteurs économiques, permettant désormais aux investisseurs étrangers de détenir une part majoritaire dans leurs entreprises algériennes, à l’exception de secteurs jugés stratégiques comme l’énergie, les mines, la défense, les transports, les infrastructures et l’industrie pharmaceutique, où l’État conserve un droit de regard légitime sur des actifs sensibles.

Le rapport relève enfin le rôle central des entreprises publiques dans l’économie algérienne, à commencer par Sonatrach, fer de lance du secteur énergétique national, ainsi qu’Algérie Télécom, opérateur historique des infrastructures de télécommunications.

Ces groupes publics, qui représentent une part significative de la valeur de l’économie nationale, continuent de jouer un rôle stabilisateur dans des secteurs stratégiques comme l’énergie, l’eau et les télécommunications.

Au final, ce rapport américain, bien que rédigé du point de vue des intérêts commerciaux des États‑Unis, dresse le portrait d’une Algérie qui avance méthodiquement sur la voie de la diversification économique, tout en défendant ses priorités souveraines en matière de production nationale et de sécurité des approvisionnements.

K. B.

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