Alger, Algérie

mardi 21 juillet 2026 21:35

Ali Benchaiba, Président de la fédération des éleveurs avicoles

Benchaiba Ali, Président de la fédération des éleveurs avicoles à Eco Times : «La filière avicole peut aller à l’export»

Dans cet entretien, le premier responsable de cette organisation indique que l’offre actuelle couvre tous nos besoins en viande blanche et en œufs de consommation, et que la filière pourrait s’orienter vers l’exportation. Elle enregistre néanmoins un sérieux problème de régulation.

Eco Times

Correspondant

Dans cet entretien, le premier responsable de cette organisation indique que l’offre actuelle couvre tous nos besoins en viande blanche et en œufs de consommation, et que la filière avicole pourrait s’orienter vers l’exportation. Elle enregistre néanmoins un sérieux problème de régulation.

Entretien réalisé par Khaled Remouche

  • Eco Times : Quelle est l’importance de la filière avicole ?

La filière avicole en Algérie est une filière stratégique. Ses produits, la viande blanche et les œufs de consommation, sont des produits de large consommation. Elle fournit des protéines au consommateur à des prix abordables.

Elle compte une dizaine de segments tels que l’élevage de reproducteurs (chair, dinde et pondeuses), l’aliment du bétail, les abattoirs, les équipements avicoles et l’importation de facteurs de production. C’est une filière qui génère des centaines de milliers d’emplois. C’est l’un des moteurs de l’économie algérienne.

  • Quel est le niveau de l’offre et de la consommation de viande blanche et d’œufs ?

La consommation de viande blanche et d’œufs a beaucoup progressé en Algérie. La quantité consommée par habitant dépasse désormais les 30 kilogrammes de viande blanche et les 180 œufs par an. Ce chiffre est très important ; nous sommes presque dans les normes internationales de consommation.

C’est un avantage pour le pays. La production de viande blanche dépasse le million de tonnes, se situant entre 1,2 et 1,4 million de tonnes par an, tandis que celle des œufs atteint 8 milliards d’unités par année. Cette production couvre largement les besoins de la demande domestique.

Les producteurs pourraient aller beaucoup plus loin, mais il y a un problème de régulation. Si l’on dépasse les besoins du pays, la conséquence directe est la baisse des prix. Il convient donc d’instaurer des mécanismes de régulation.

Par exemple, pour les viandes blanches, il faut assurer un système de stockage afin d’équilibrer les prix, en vue de garantir une marge bénéficiaire pour l’éleveur et un prix abordable pour le consommateur.

  • Comment expliquez-vous les fluctuations de prix de la viande blanche et des œufs enregistrées périodiquement sur les marchés de détail ?

Les fluctuations de prix renvoient à un problème de régulation. Quand on active le mécanisme de stockage, on stocke en cas de surproduction. Lorsque la tendance est à la hausse des prix, on déstocke.

Le stockage est un mécanisme essentiel pour réguler le marché. Malheureusement, l’activité de stockage ces dernières années a été presque nulle. Il y a beaucoup de problèmes dans ce métier.

Le défi le plus important consiste à développer le stockage pour obtenir un marché régulé tout au long de l’année. Nous pouvons également absorber la surproduction par la transformation.

  • Ces fluctuations de prix ne sont-elles pas également dues à l’organisation de la filière ?

C’est un tout. L’organisation de la filière est effectivement en cause. Des facteurs spéculatifs peuvent intervenir. De plus, la majorité des petits éleveurs ne sont pas identifiés.

Tant qu’on n’a pas recensé tous les producteurs de la filière, on ne pourra pas l’organiser correctement.

  • Qu’en est-il du taux d’intégration de la filière ?

Certes, il y a des problèmes dans la filière, mais elle s’est développée au fil du temps. Nous sommes en train de produire du maïs dans le Sud afin de diminuer la facture d’importation.

Si nous arrivons à produire nos matières premières localement, nous pourrons baisser les prix, car l’aliment représente plus de 70 % du coût de production. Si l’on parvient à réduire les importations d’aliments de bétail, nous réduirons le coût de la viande blanche et de l’œuf de consommation.

  • Vous avez abordé dans votre intervention l’option de l’exportation. La filière s’oriente-t-elle vers l’exportation ?

L’exportation est très importante car elle encourage les investisseurs à s’impliquer davantage dans la filière. Elle nous garantit également l’équilibre des prix. Nous avons déjà une expérience d’exportation d’œufs de consommation vers la Mauritanie et la Libye.

Nous avons aussi exporté de la viande blanche vers la Mauritanie. Tant que notre capacité de production dépasse nos besoins – parfois du simple au double –, nous pouvons nous orienter vers l’exportation.

Cela permettrait de réaliser une plus-value, de rapatrier des devises et d’encourager l’investissement. Auparavant, l’exportation de viandes blanches et d’œufs n’était pas autorisée. L’année dernière, l’exportation d’œufs de consommation a été validée.

Notre organisation a donc demandé aux pouvoirs publics l’autorisation d’exporter également la viande blanche.

K. R.

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