Alger, Algérie

mercredi 22 juillet 2026 01:58

Entre vision de World Bank et la réalité 2025 de l’Algérie : Vers un modèle de croissance résilient et intelligent

Entre vision de World Bank et la réalité 2025 de l’Algérie : Vers un modèle de croissance résilient et intelligent

Le rapport 2025 de la Banque mondiale « Économies résilientes, développement intelligent, plus d'emplois » décrit un nouveau paradigme de développement mondial fondé sur trois piliers clés : la résilience économique, le développement intelligent et la création d'emplois à valeur ajoutée. Lorsque ce cadre est contre-interrogé avec les derniers indicateurs économiques officiels de l'Algérie publiés par l'Office national de la statistique (ONS), une nette convergence stratégique apparaît. En 2025, l'Algérie semble entrer graduellement dans une nouvelle phase économique - celle qui dépasse la dépendance structurelle vis-à-vis des rentes d'hydrocarbures tout en préservant la stabilité macroéconomique.

Eco Times

Correspondant

Le rapport 2025 de la Banque mondiale « Économies résilientes, développement intelligent, plus d’emplois » décrit un nouveau paradigme de développement mondial fondé sur trois piliers clés : la résilience économique, le développement intelligent et la création d’emplois à valeur ajoutée. Lorsque ce cadre est contre-interrogé avec les derniers indicateurs économiques officiels de l’Algérie publiés par l’Office national de la statistique (ONS), une nette convergence stratégique apparaît. En 2025, l’Algérie semble entrer graduellement dans une nouvelle phase économique – celle qui dépasse la dépendance structurelle vis-à-vis des rentes d’hydrocarbures tout en préservant la stabilité macroéconomique.

Par Abderrahmane Hadef (*)

Emplois : du tampon social au moteur de productivité

Dans la pensée moderne du développement, la création d’emplois n’est plus un sous-produit de la croissance mais une condition préalable à sa durabilité.

Avec une population d’environ 47,4 millions d’habitants, l’Algérie fait face au défi – et à l’opportunité – d’un dividende démographique qui nécessite la création de près de 500 000 emplois. La stabilisation du taux de chômage à 11,3% en 2025 reflète la résistance relative du marché du travail. Toutefois, le véritable défi réside dans le passage à des emplois à haute valeur et axés sur la productivité, comme l’a souligné la Banque mondiale.

Cette transition nécessite de réorienter la jeune main-d’œuvre algérienne vers les secteurs manufacturiers, les services numériques et les secteurs basés sur la connaissance, transformant ainsi la pression démographique en une force de croissance.

Diversification économique : protéger la croissance des chocs extérieurs

La croissance économique de l’Algérie, estimée entre 3,9 % et 4,5 % au premier semestre 2025, met en évidence un niveau de résilience croissant dans un environnement mondial de plus en plus instable.

Au-delà des gros titres, le signal le plus important réside dans la qualité de la croissance. Les secteurs autres que les hydrocarbures, en particulier l’agriculture, le commerce et l’industrie manufacturière, ont connu une dynamique notable.

Bien que cette forte performance énergétique demeure un atout stratégique, le prochain défi consiste à en tirer parti comme un pont vers une croissance intelligente, verte et numérique. L’intégration de la technologie, l’amélioration de l’efficacité énergétique et le développement de chaînes de valeur industrielles compétitives seront essentiels pour positionner les produits algériens sur les marchés internationaux dans le contexte de normes environnementales et numériques

Cette évolution s’aligne sur le concept de «développement intelligent» de la Banque mondiale, qui donne la priorité au renforcement des moteurs de croissance nationaux capables d’absorber les chocs extérieurs et d’assurer la stabilité à long terme.

Stabilité des prix : un outil clé pour l’investissement

Avec une inflation contenue à environ 1,7% d’ici octobre 2025, l’Algérie a réussi à maintenir l’équilibre macroéconomique.

La stabilité des prix soutient le pouvoir d’achat des ménages et donne aux investisseurs une plus grande visibilité pour les décisions de planification et de financement, renforçant ainsi la confiance dans le climat d’investissement du pays.

Gains de productivité : de la performance énergétique à la transformation structurelle

Les données de l’ONS indiquent une augmentation de 6,3 % de la production du secteur public, due en partie à des performances exceptionnelles dans le secteur de l’énergie, qui a enregistré une croissance de plus. Bien que cette forte performance énergétique demeure un atout stratégique, le prochain défi consiste à en tirer parti comme un pont vers une croissance intelligente, verte et numérique.

L’intégration de la technologie, l’amélioration de l’efficacité énergétique et le développement de chaînes de valeur industrielles compétitives seront essentiels pour positionner les produits algériens sur les marchés internationaux dans le contexte de normes environnementales et numériques.

Perspectives stratégiques : accélérer les réformes et façonner la vision 2026

Les indicateurs économiques de 2025 confirment que l’Algérie a les conditions préalables fondamentales pour passer vers un modèle de croissance plus résilient et inclusif. Toutefois, le maintien de cette trajectoire nécessite une accélération décisive des réformes structurelles, en particulier dans les domaines suivants :

– Une discipline fiscale plus forte et un rigueur -budgétaire pour préserver pour préserver la stabilité macroéconomique et canaliser les ressources publiques vers des investissements productifs. – Une politique sociale plus intelligente et plus ciblée, en particulier en ce qui concerne les subventions, à travers une ré- forme graduelle et bien conçue qui protège les groupes vulnérables tout en réduisant les inefficacité et en réaffectant l’épargne vers le capital humain, la santé et la création d’emplois.

– Réforme complète du système bancaire et financier pour améliorer l’accès au financement, soutenir les PME, mobiliser l’épargne intérieure et mieux servir l’économie réelle. – En ce qui concerne l’avenir, 2026 devrait marquer un tournant dans la politique économique foncière de l’Algérie, à travers une vision renouvelée centrée sur le développement des Zone- Economiques Spéciales (ZES) alignées sur les normes internationales.

Des ZES bien gouvernées – offrant une infrastructure de qualité, une clarté réglementaire et une forte intégration dans les chaînes de valeur régionales et mondiales – pourraient devenir de puissants catalyseurs pour l’investissement, la diversification industrielle et la croissance des exportations.

En fin de compte, la transition de l’Algérie de la reprise à court terme à la transformation à long terme dépendra de la rapidité, de la cohérence et de la crédibilité de ses réformes – combinant vision stratégique et mise en œuvre disciplinée et progressive.

A. H.
(*) Consultant international en développement économique

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