L’Algérie se déploie et diversifie ses partenariats à l’international. Des pays des quatre coins du monde affichent un intérêt particulier pour le renforcement de leur coopération bilatérale et économique. Un intérêt qui se traduit sur le terrain et d’importants projets d’investissement et de partenariat sont annoncés, et d’autres sont en cours de concrétisation.
Par Hakim Outoudert
Cela témoigne de l’amélioration du climat des affaires et surtout de l’attractivité de l’Algérie d’une manière générale, suite aux profondes réformes engagées par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune. Ainsi, grâce à cette stabilité juridique et politique, l’Algérie s’est lancée dans une nouvelle politique de renforcement et de diversification de partenariats gagnant-gagnant avec des pays «amis».
En effet, l’enjeu pour l’Algérie n’est pas seulement de multiplier les accords, mais de capitaliser sur des partenariats différenciés, ciblés et créateurs de valeur.
Contrairement à ce que certains médias et politiciens français veulent nous faire croire, en indiquant que l’Algérie est un pays «isolé», des partenariats de haut niveau se consolident avec des pays comme l’Italie, l’Allemagne, l’Espagne, les États-Unis, le Royaume-Uni, le Qatar, l’Arabie saoudite, l’Égypte, la Chine, la Russie, la Malaisie et d’autres. En termes clairs, l’Algérie est courtisée de partout.
Par son poids géographique, considérée comme la porte de l’Afrique dans le bassin de la Mé- diterranée et un fournisseur fiable d’énergie (gaz, pétrole et bientôt électricité et hydrogène vert), l’Algérie confirme sa montée en puissance sur la scène mondiale, sans faire trop de bruit, tout en se focalisant sur la concrétisation de partenariats bénéfiques, en parfaite adéquation avec la doctrine algérienne.
De nombreux hauts responsables, diplomates et chefs d’entreprise ont déjà fait le déplacement à Alger depuis le début de 2026 pour discuter partenariats et opportunités d’affaires dans un marché en plein essor. Il (le marché algérien) se trouve dans une dynamique « inédite », tirée principalement par l’investissement dans divers domaines, et ce, contrairement aux années précédentes où les étrangers s’intéressaient seulement aux hydrocarbures.
Actuellement, les secteurs agricole, industriel, les mines, l’économie de la connaissance, les énergies renouvelables et les TIC sont autant de domaines que les étrangers souhaitent développer avec l’Algérie. De nombreux pays de l’Union européenne, à l’instar de l’Italie, de l’Espagne et du Portugal, veulent saisir ces opportunités d’investissements en Algérie.
Giorgia Meloni attendue à Alger en mars prochain
C’est dans ce cadre que s’inscrit l’appel téléphonique de la présidente du Conseil des ministres de la République italienne, Mme Giorgia Meloni, avec le président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, au cours duquel ils ont évoqué la coopération bilatérale entre l’Algérie et l’Italie, pays ami, ainsi que le prochain Sommet euro-africain.
D’ailleurs, l’Italienne Mme Meloni est attendue à Alger en mars prochain. Une occasion pour renforcer la coopération et «constituera également une opportunité pour la création de la Chambre de commerce algéro-italienne, proposée par Mme Giorgia Meloni».
Ces dernières années, l’Italie s’est imposée comme l’un des partenaires européens les plus engagés en Algérie. Si l’énergie demeure le pilier central de la relation – notamment à travers le gaz naturel et les infrastructures de transport –, la coopération tend désormais à s’élargir vers de nouveaux domaines.
«L’Algérie peut tirer un profit important d’un partenariat renforcé avec l’Italie dans : les énergies renouvelables et l’hydrogène vert, où les entreprises italiennes disposent d’un savoir-faire industriel et technologique avéré ; l’industrie de transformation, notamment dans les matériaux, l’agro-industrie et la mécanique ; les PME et les districts industriels, modèle italien particulièrement pertinent pour le développement du tissu productif local algérien. Au-delà de l’énergie, l’Italie apparaît comme un partenaire clé pour accompagner la transition industrielle de l’Algérie, avec une logique de co-production plutôt que de simple exportation», a indiqué Abderrahmane Hadef, consultant international en développement économique.
De son côté, l’Espagne a intensifié, en ce début 2026, sa diplomatie économique pour relancer les échanges avec l’Algérie, ciblant les secteurs de l’agroalimentaire, de l’énergie, du BTP et des transports. Malgré des tensions diplomatiques antérieures, le réchauffement actuel favorise la prospection et la présence physique des entreprises espagnoles via des salons professionnels.
La nomination d’un nouvel ambassadeur espagnol en Algérie et des visites ministérielles récentes (fin 2025) témoignent d’une volonté de normalisation et d’intensification des relations économiques. D’ailleurs, une délégation économique espagnole de haut niveau est attendue en avril prochain à Alger. Des rencontres B2B sont au programme, témoignant de la volonté des deux pays de renforcer davantage leur partenariat dans des secteurs clés comme l’agriculture durable, l’agro-industrie, le BTP, les infrastructures et le secteur énergétique.
En effet, la relation économique entre l’Algérie et l’Espagne repose sur une forte proximité géographique et une complémentarité sectorielle naturelle. L’Espagne manifeste un intérêt croissant pour une coopération plus structurée, notamment dans le contexte des stratégies européennes de nearshoring, ajoute Hadef, indiquant que l’intégration progressive de l’Algérie dans certaines chaînes de valeur industrielles espagnoles permettrait non seulement de renforcer les exportations hors hydrocarbures, mais aussi de stimuler le transfert de compétences et de technologies.
Concernant le partenariat entre l’Algérie et le Portugal, le ministre d’État, ministre des Affaires étrangères de la République portugaise, M. Paulo Rangel, a qualifié d' »excellentes » et « spéciales » les relations entre son pays et l’Algérie, souhaitant que sa visite en Algérie soit une occasion pour les consolider davantage.
«C’est un honneur pour moi d’être reçu par Monsieur le président de la République et je suis content de visiter l’Algérie, une occasion de créer les conditions pour consolider les relations bilatérales qui sont déjà excellentes et spéciales», a déclaré M. Rangel, à l’issue de l’audience que lui a accordée le président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune.
Des experts affirment que la coopération avec le Portugal peut être particulièrement bénéfique dans : les énergies renouvelables et la gestion intelligente des réseaux énergétiques ; les technologies numériques, notamment les solutions de smartcities, de services publics digitaux et de gouvernance électronique ; l’économie maritime et portuaire, un axe stratégique pour l’Algérie dans une logique de hub régional.
Devant cette évolution de la coopération avec de nombreux pays européens, la France est à la traîne et continue dans sa politique de fuite en avant.
La France à la traîne
La part des entreprises françaises sur le marché algérien ne cesse de diminuer, la cédant à des pays comme l’Italie, le Portugal, l’Allemagne et d’autres. D’ailleurs, le président de la Chambre de commerce et d’industrie algéro-française (CCIAF), Michel Bisac, n’a pas cessé de tirer la sonnette d’alarme sur la dégradation des relations économiques avec l’Algérie.
La dégradation des relations politiques entre les deux pays, à cause de la France qui voulait imposer son dictat, s’est répercutée négativement sur la relation économique. Plus de 6 000 entreprises françaises travaillant avec l’Algérie sur des opérations d’exportation se trouvent en difficulté.
Depuis deux ans, «nous avons senti un ralentissement confirmé par les services des Douanes françaises, qui se traduit par une baisse de 17 % du volume des exportations françaises vers l’Algérie en 2025. En analysant ces chiffres, nous constatons une baisse extrêmement importante des exportations de blé de l’ordre de 98 % etdes bovins français de 95%», a affirmé Michel Bisac dans un entretien au journal électronique (TSA).
Et d’ajouter : «Ce que nous craignons le plus, ce sont les effets négatifs de la situation politique sur le secteur économique. Les relations entre les deux pays ne doivent pas rester dans cet état qui profite à nos amis européens. Je relève que de nombreux contrats ont été signés par l’Algérie avec des partenaires italiens, allemands mais aussi en dehors de l’Europe, tels que la Turquie, la Chine et les différents pays qui continuent d’avancer. L’exportation, c’est bien, mais notre véritable intérêt est de développer un partenariat productif et créateur de valeur ajoutée entre les entreprises de nos deux pays. C’est dans cette logique que s’inscrit l’action de notre Chambre de commerce et d’industrie. Il faut donc que la situation politique évolue dans le bon sens ».
H. O.







