Au-delà de son effervescence industrielle, la wilaya de Sétif s’impose également comme un pilier agricole majeur. Leader national dans plusieurs filières stratégiques, elle concilie désormais traditions rurales et technologies de pointe pour garantir la souveraineté alimentaire du pays.
Sétif n’est pas seulement un carrefour industriel ; c’est une terre nourricière d’une importance capitale pour l’Algérie. Selon les données du Recensement Général de l’Agriculture (RGA 2024), la wilaya dénombre pas moins de 45.613 exploitations agricoles.
Ce dynamisme est soutenu par la Chambre de l’Agriculture locale qui a délivré plus de 17.800 cartes professionnelles numériques en 2024, témoignant d’une modernisation accélérée du secteur.
Le «grenier» de la céréaliculture
Qualifiée par l’ancien Ministre de l’Agriculture et du Développement Rural, Youcef Cherfa, de «grenier de la céréaliculture», Sétif joue un rôle déterminant dans l’objectif national d’autosuffisance en blé dur d’ici 2025.
Pour la campagne 2025-2026, une superficie colossale de 150.000 hectares a été mobilisée pour la culture céréalière. Cette spécialisation ne relève pas du hasard.
Des études de l’Université Ferhat Abbas (Sétif 1) soulignent que la région des Hauts-Plateaux offre un écosystème propice aux grandes cultures, dont les rendements sont optimisés par l’introduction croissante de l’irrigation d’appoint et de nouvelles semences résilientes.
Leader de la filière lait et de l’élevage
Sétif brille également par sa prédominance dans la production animale. Elle occupe la place de leader national en termes de production laitière bovine, fournissant à elle seule près de 10% de la consommation nationale de lait frais.
Ce succès repose sur un cheptel performant et un réseau de collecteurs structuré qui alimente les nombreuses laiteries industrielles de la région, créant ainsi une synergie parfaite entre agriculture et industrie agroalimentaire.
L’élevage ovin n’est pas en reste, la région restant un bassin historique de production de viandes rouges, contribuant de manière significative à l’approvisionnement des marchés de l’Est et du Centre du pays.
Vers une agriculture 4.0 et durable
L’actualité du secteur est marquée par une volonté de transition vers une agriculture plus résiliente. Sous l’impulsion de la Direction des Services Agricoles (DSA), de nombreux projets visent à intégrer les technologies numériques et l’intelligence artificielle pour optimiser l’usage de l’eau.
Comme le note le Dr. Tarek Bouregaa dans ses travaux sur les cultures maraîchères à l’Université de Sétif, l’enjeu est désormais de valoriser les périmètres irrigués pour diversifier la production hors céréales (maraîchage, arboriculture) et renforcer l’intégration avec les pôles de transformation locaux.
N. A.





