Durant l’audience d’écoute accordée par la commission chargée de l’agriculture au sein du Conseil de la nation au ministre de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche maritime, placée sous le thème : «La réalité de l’agriculture et de la sécurité alimentaire en tant que levier stratégique pour la réalisation de la souveraineté économique et la réduction de la dépendance à la rente des hydrocarbures», le ministre est revenu sur plusieurs dossiers liés à son secteur.
Par Sofiane Idiri
Lors de cette audience, le ministre est s’est longuement étalé sur les principaux axes de son département, mettant en lumière les réformes engagées et les perspectives de développement d’un secteur appelé à jouer un rôle central dans la diversification de l’économie nationale.
Dès l’entame de son intervention, le ministre a souligné que l’agriculture constitue aujourd’hui le deuxième secteur contributeur au Produit intérieur brut PIB, avec une part estimée à 15 %, tout en assurant que plus de deux millions d’emplois.
Selon lui, «ce secteur est appelé, dans les années à venir, à contribuer davantage à la diversification des exportations hors hydrocarbure».
Les céréales au cœur des priorités La filière céréalière, considérée comme stratégique pour la sécurité alimentaire nationale, a occupé une place centrale dans l’exposé du ministre. Celui-ci a abordé plusieurs leviers essentiels, notamment les semences, les engrais, la mécanisation agricole et la santé des plantes.
Concernant les semences, le ministre a assuré qu’à partir de la prochaine saison agricole, leur utilisation sera adaptée aux spécificités de chaque région, dans le respect des caractéristiques agro climatiques locales, afin d’améliorer les rendements. S’agissant des engrais, Oualid Yacine a reconnu que leur usage demeure anarchique.
Pour y remédier, un accord de coopération a été conclu entre le ministère de l’Agriculture et celui de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, en vue d’encadrer scientifiquement ces pratiques et de rationaliser leur utilisation.
La question de la mécanisation a également suscité l’inquiétude du ministre. Selon le bilan présenté, près de 20% de la production céréalière est perdue au moment de la récolte, en raison du manque de matériel agricole adapté. Face à cette situation, le Président de la République a insisté sur la nécessité de créer des coopératives agricoles, notamment pour mutualiser les moyens mécaniques et réduire les pertes.
Autre levier majeur évoqué : la santé des plantes. Le ministre a annoncé que le champ sera désormais ouvert au secteur privé pour investir dans la création de laboratoires d’analyses agricoles, aussi bien dans le domaine de la santé végétale qu’animale.
Une mesure qui, selon lui, permettra non seulement d’améliorer la productivité, mais aussi de créer des milliers d’emplois.
Légumes, fruits et production animale
Au-delà des céréales, le ministre a abordé la filière des légumes et fruits, annonçant le lancement, dès cette année, de projets dédiés à la production de semences potagères, en partenariat avec des universités algériennes et des centres de recherche nationaux.
Concernant la production animale, des nouveautés sont attendues dans la filière de la viande blanche, notamment en matière de production de poussins et de développement de l’aviculture.
Le ministre a également évoqué la filière de la viande rouge, confrontée à plusieurs contraintes structurelles qu’il a détaillées devant les membres de la commission.
Sur le volet du foncier, M. Oualid Yacine a indiqué que la Surface agricole utile SAU a récemment atteint neuf millions d’hectares, contre 8,5 millions auparavant, grâce notamment à la mise en valeur de nouvelles exploitations dans le Sud du pays.
Toutefois, il a estimé que ce chiffre demeure insuffisant au regard du potentiel foncier existant en Algérie. Dans ce contexte, le ministre a annoncé que son département a finalisé l’élaboration du nouveau projet de loi sur le foncier agricole, actuellement au niveau du Secrétariat général du gouvernement.
D’autres textes sont également en cours de préparation, notamment la loi sur l’élevage, la loi d’orientation agricole, ainsi qu’un nouveau décret exécutif relatif aux coopératives agricoles.
Pêche, aquaculture et numérisation
Abordant la pêche et l’aquaculture, le ministre a exprimé ses préoccupations concernant la faible contribution de l’aquaculture, estimée à seulement 7 %. Afin d’améliorer cette situation, plusieurs facilités ont été mises en place pour encourager l’investissement dans ce secteur.
En ce qui concerne la pêche maritime, l’objectif affiché pour cette année est d’augmenter la production de 20 000 tonnes.
Enfin, le ministre a mis en avant l’importance de la numérisation, annonçant la mise en place d’un système national d’information agricole.
Ce dispositif permettra de faciliter le travail des agriculteurs et de l’administration à tous les niveaux, tout en garantissant une meilleure visibilité et une information fiable sur le secteur agricole national.
S.I.
Commerce extérieur : Le nombre des exportateurs des produits agricoles en progression
La production agricole nationale ne se limite plus aujourd’hui à la satisfaction de la demande locale. Elle s’impose progressivement comme un levier stratégique pour la diversification des exportations algériennes hors hydrocarbures, contribuant ainsi à la valorisation du produit algérien sur les marchés internationaux.
Cette orientation a été mise en lumière lors d’une séance publique à l’Assemblée populaire nationale APN jeudi dernier, au cours de laquelle un député a interpellé le ministre du commerce extérieur et de la Promotion des exportations, M. Kamel Rezig, sur les procédures engagées par son département afin d’améliorer l’exportation des produits agricoles et d’accompagner un secteur en plein essor.
Dans sa réponse, le ministre a affirmé que «les exportations des produits agricoles ont connu une amélioration considérable en 2025», soulignant une dynamique positive soutenue par les pouvoirs publics. Il a notamment mis en avant l’évolution significative du nombre d’exportateurs agricoles, passé de 555 en 2023 à 696 en 2024.
Pour les neuf premiers mois de l’année 2025, ce chiffre a déjà atteint 594 exportateurs, un indicateur révélateur de l’attractivité croissante du secteur et de l’accompagnement accordé aussi bien aux agriculteurs qu’aux opérateurs économiques.
Selon M. Rezig, ces résultats sont le fruit des mesures d’encadrement, de facilitation et de soutien mises en place par les autorités publiques, visant à renforcer la compétitivité des produits agricoles algériens à l’exportation et à lever les obstacles logistiques et administratifs.
Par ailleurs, le ministre a insisté sur l’importance de la participation aux événements internationaux spécialisés dans le domaine agricole, considérés comme des vitrines essentielles pour la promotion des produits nationaux.
À ce titre, il a rappelé que l’Algérie a pris part, l’année dernière, à six salons internationaux dédiés à l’agriculture, organisés notamment en Autriche, en Slovénie, en Angleterre, à Oman, en Espagne et en Russie.
Enfin, M. Rezig a annoncé que «la participation de l’Algérie à ce type de manifestations internationales sera renforcée cette années», réaffirmant ainsi la volonté des autorités de consolider la présence des produits agricoles algériens sur les marchés extérieurs et de faire de ce secteur un pilier durable de la diversification économique nationale.Sofiane Idiri







