Alger, Algérie

mardi 21 juillet 2026 17:26

Abdelktim Chefaoui nouveau Président d’Alnaft : À l’épreuve d’enjeux stratégiques

Abdelkader Cherfaoui nouveau Président d’Alnaft : À l’épreuve d’enjeux stratégiques

La concrétisation des contrats signés avec les compagnies étrangères, le renouvellement des réserves, le maintien du niveau des exportations d’hydrocarbures et partant la position de l’Algérie comme acteur majeur sur les marchés internationaux de l’énergie figurent parmi les défis importants à relever par Sonatrach et Alnaft.

Khaled Remouche

Correspondant

Un changement majeur vient de s’opérer à la tête de l’agence nationale de valorisation des hydrocarbures (Alnaft). Abdelkader Cherfaoui vient d’être nommé Président de cette agence.

Il remplace Samir Bekhti dont les années de gestion de cette institution de régulation du secteur a été marquée par des avancées, faut-il le reconnaître : succès du Bid round 2024, la nouvelle procédure en matière d’appel d’offres nominative process, et la présentation virtuelle des données techniques des 7 périmètres proposés dans le Bid round 2026, dite datas rooms, à travers une plateforme dédiée sans déplacement donc des représentants des compagnies internationales intéressées.

Les raisons de ce changement ne sont pas avancées par le Ministère chargé des hydrocarbures. Toutefois, le nouveau dirigeant à la tête de l’agence semble présenter une expérience en management rassurante : plusieurs postes de direction à Sonatrach dont la fonction de Directeur du département exploration de la compagnie pétrolière nationale, PDG de la filiale à 100% de Sonatrach ENAGEO, entreprise nationale de géophysique, une société clé aux mains de Sonatrach dans le domaine des études sismiques, l’un des fondements de l’activité exploration d’hydrocarbures.

Mais le nouveau premier responsable aura à faire face à une lourde mission, dans un contexte où le secteur des hydrocarbures fait face à des enjeux stratégiques : le renouvellement des réserves d’hydrocarbures, l’augmentation de la production de gaz et de pétrole pour couvrir les besoins nationaux et consolider voire accroître nos exportations.

Alnaft et Sonatrach sont les deux leviers dont dispose l’Algérie pour relever ces défis stratégiques. Car il y va du maintien de l’Algérie comme acteur majeur sur les marchés internationaux de l’énergie. L’autre enjeu stratégique est de garantir notre sécurité énergétique à moyen et long terme.

Le premier défi pour le nouveau Président d’Alnaft est de réussir le Bid round 2026, et d’assurer cette continuité après les résultats positifs du Bid round 2024 : cinq contrats signés avec des compagnies internationales, 800 millions de dollars d’investissements en exploration projetés.

Un processus engagé avant sa nomination mais qu’il doit conduire à bon port dans quelques mois. Il s’agit de confirmer à travers les résultats de cet appel d’offre lors de l’ouverture des plis en novembre prochain l’attractivité du marché algérien favorisé par deux facteurs : une nouvelle loi sur les hydrocarbures qui présente plusieurs incitations aux compagnies étrangères et des périmètres affichés comme plus attractifs.

À cet égard, le ministre chargé des hydrocarbures, Mohamed Arkab a affirmé que les 7 périmètres présentent des découvertes rapidement exploitables. C’est le modèle « fast Track », déjà utilisé en Algérie par la compagnie italienne ENI dans les gisements de Zemlet El Arbi, Ouhoud II, SIF Fatima 2 et Berkine sud.

Un ensemble de découvertes réalisées par Sonatrach sur ces blocs développés et mis en production en un an, deux ans. Cela répond à une urgence : compenser la baisse de profil de gisements tels que BRN, Rod, Rom, HBNS, El Merk. Mais il ne s’agit pas pour Alnaft et Sonatrach de signer uniquement des contrats avec les compagnies étrangères mais de les concrétiser, faut-il le souligner.

L’une des principales missions à court terme du Président d’Alnaft : réussir le Bid Round 2026

Parallèlement en 2025, Sonatrach a signé des contrats majeurs de développement de gisements avec l’Eni sur le périmètre de Zemoul El Akbar, avec Midad Energy sur le périmètre du sud est d’Illizi et avec Sinopec sur le périmètre de Hassi Berkane nord.

Tout en attendant la mise en service de nouveaux gisements, résultat des efforts de développement de gisements menés par la compagnie depuis dix ans : l’achèvement des travaux sur le pôle de production de gaz de Tinhert, le développement des découvertes de pétrole de Touggourt, de Touat, à la périphérie de Hassi Messaoud, de Ghardaïa et l’achèvement des secondes phases de développement des gisements de Hassi Bir Rekaiz, de Sbaa et de Menzerl Ledjmat. Mais cela sera-t-il suffisant ? D’où l’importance d’une dynamique continue à Alnaft et Sonatrach pour attirer de nouveaux investisseurs.

À cette enseigne, l’enjeu du respect du délai de réalisation est primordial quant à l’attractivité du marché algérien des hydrocarbures. Les compagnies étrangères s’attendent à un raccourcissement des délais entre la signature des contrats, le lancement des travaux de développement et la mise en service des gisements.

Relever ce défi s’impose à Sonatrach et Alnaft mais également à l’environnement des affaires : raccourcissement des délais d’approbation des contrats, de délivrance des autorisations, de lancement des travaux de développement ainsi que leur accélération.

Tout cela pour répondre à une urgence : le maintien du niveau des exportations d’hydrocarbures de l’Algérie face à une croissance importante de la demande domestique en gaz et en produits pétroliers.

K. R.

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