Dans un contexte marqué par une volonté affirmée de l’État de renforcer la gouvernance publique et de consolider les mécanismes de lutte contre la corruption, la Haute Autorité pour la Transparence, la Prévention et la Lutte contre la Corruption (HATPLC) a publié, le 12 mai 2026, un communiqué officiel visant à rappeler aux citoyens les canaux réglementaires de signalement des actes de corruption. Un document qui s’inscrit dans une dynamique plus large d’actions et d’initiatives déployées sur l’ensemble du territoire national depuis le début de l’année.
Par Sofiane Idiri
Le communiqué rendu public le 12 mai dernier constitue un acte de pédagogie institutionnelle. La Haute Autorité y précise les modalités de dépôt des signalements, rappelant que tout individu, personne physique ou morale, souhaitant dénoncer des faits de corruption dispose de plusieurs voies officielles.
Le courrier postal, le courriel à l’adresse requetes@hatplc.dz, le fax au numéro 023 48 75 95, ainsi que la plateforme numérique « Balighna » sont autant de canaux mis à disposition du citoyen. Il est également possible de déposer directement un signalement au siège de la Haute Autorité, situé à Alger.
Le communiqué insiste par ailleurs sur les conditions de recevabilité des signalements : tout dépôt doit être écrit, signé, et contenir les éléments d’identification du déclarant, nom, prénom, adresse, numéro de téléphone, ainsi que les preuves ou indices relatifs aux faits dénoncés. La HATPLC rappelle également sa ligne téléphonique dédiée, le 023 48 73 07, accessible durant les jours ouvrables via le numéro vert 1027, pour tout renseignement complémentaire.
La confidentialité des informations relatives à l’identité du déclarant est garantie par l’institution, qui appelle l’ensemble des citoyens à exercer ce droit avec responsabilité, dans un esprit de contribution à la protection de l’intérêt général.
Un colloque international pour évaluer les politiques anti-corruption
En parallèle de ce cadre procédural, la HATPLC s’est engagée sur le terrain académique et scientifique. C’est à l’Université Chahid Hamma Lakhdar de la wilaya d’El Oued que s’est tenu le 28e colloque international consacré à l’évaluation des politiques de lutte contre la corruption, sous le prisme des Objectifs de Développement Durable, notamment l’ODD 16 relatif à la paix, la justice et l’efficacité des institutions.
La présidente de la HATPLC, la professeure Salima Mesrati, a présidé la cérémonie d’ouverture aux côtés du wali et du directeur de l’université.
Dans son allocution, elle a souligné que la corruption ne saurait être réduite à un simple écart de conduite ou à une infraction isolée, mais constitue une menace structurelle qui érode la confiance entre le citoyen et ses institutions. Elle a plaidé pour une stratégie nationale intégrée, associant tous les acteurs publics, économiques et civils.
Ce colloque s’inscrit également dans la préparation d’une deuxième édition de la stratégie nationale de transparence, dont les contours seront définis à partir des recommandations des participants.
Des sessions de formation au cœur des ministères
La dimension préventive de l’action de la Haute Autorité se traduit aussi par des programmes de formation ciblant directement les administrations publiques. Le 3 mai 2026, une session de formation de trois jours a été organisée au profit de plus de 80 cadres et agents de l’administration centrale du ministère de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche.
Au programme : le cadre juridique de la prévention de la corruption, les infractions les plus fréquentes dans la fonction publique, et les mécanismes de contrôle interne. Une attention particulière a été portée au système de contrôle interne dans le contexte de la transition vers un budget-programme, exigeant un renforcement des outils d’évaluation et de gestion des risques.
La société civile mobilisée à M’Sila
À M’Sila, c’est la société civile qui a été mise à l’honneur lors d’une journée d’étude organisée par l’association «Basmat Ibdaa», membre du réseau algérien pour la transparence « Narakum », créé à l’initiative de la HATPLC.
La rencontre, axée sur la protection juridique des lanceurs d’alerte et le rôle de la femme dans la lutte contre la corruption, a permis de rappeler les conditions et les voies officielles de signalement, tout en soulignant la responsabilité partagée que portent les citoyens, et en particulier les femmes, dans la construction d’une culture de l’intégrité.
Les universités, relais de la culture de l’intégrité
Enfin, l’Université d’Aghvat a accueilli le lancement d’un cycle de journées d’études et de sensibilisation destinées aux étudiants, enseignants et personnels des établissements d’enseignement supérieur, avec la participation à distance de plusieurs universités de l’Est du pays. Les thématiques abordées ont notamment porté sur les risques de corruption dans les marchés publics, le cadre légal de la déclaration de patrimoine, et les enjeux éthiques de la transparence au sein des institutions universitaires.
À travers ce déploiement multiforme – communiqués officiels, colloques scientifiques, formations sectorielles, mobilisation de la société civile et sensibilisation universitaire – la Haute Autorité pour la Transparence, la Prévention et la Lutte contre la Corruption confirme sa volonté d’ancrer durablement une culture de la probité à tous les échelons de la société algérienne.
S. I.







