Alger, Algérie

lundi 26 octobre 2026 02:36

Zones d’ombre et montagne : Le défi du désenclavement productif

Zones d’ombre et montagne : Le défi du désenclavement productif

Si le relief accidenté de l'Algérie a longtemps été perçu comme un obstacle naturel au développement, l’année 2026 marque un tournant dans l'approche stratégique de ces territoires.

Entre l’impératif de désenclavement physique et la nécessité de valoriser un patrimoine génétique et agricole unique, la montagne algérienne tente de s’imposer comme un nouvel acteur de la sécurité alimentaire nationale.

Le constat dressé en ce mois de mars 2026 par les experts du développement rural est sans appel : l’accessibilité reste le nerf de la guerre. Selon le dernier bilan du Ministère des Travaux publics et des Infrastructures de base, plus de 12.000 kilomètres de chemins ruraux et de pistes de montagne ont été bitumés ou réhabilités entre 2024 et début 2026.

Ce n’est pas là une simple statistique de chantier, mais une véritable bouffée d’oxygène pour les exploitants agricoles des massifs de l’Atlas blidéen, des Babors ou de l’Ouarsenis, autrefois coupés des circuits de commercialisation.

Comme le soulignait un rapport de la Banque Mondiale sur la résilience rurale publié en janvier 2026 : «Le désenclavement des zones de haute altitude est le premier levier de réduction de la pauvreté multidimensionnelle. Sans route, le produit du terroir reste une richesse morte.»

Les produits du terroir, de l’artisanat à l’exportation

L’Algérie a franchi un palier qualitatif avec la généralisation de la labellisation des produits de montagne. En 2025, le pays a enregistré une augmentation de 35% du nombre de coopératives spécialisées dans les produits labellisés (IGP et AOP), notamment pour l’huile d’olive de Kabylie, la figue de Beni Maouche et le miel des hauts plateaux.

Lors de la Foire de la production nationale tenue en décembre 2025, le ministre du Commerce a été on ne peut plus clair : «Nos montagnes ne sont pas des zones de subsistance, mais des gisements de valeur ajoutée. L’objectif pour 2026 est de doubler nos exportations de produits agro-artisanaux vers le bassin méditerranéen.»

Cette ambition s’appuie sur la mise en place de plateformes logistiques de froid situées au pied des massifs, financées par le Fonds de développement rural.

La lutte contre les incendies, une priorité de sécurité nationale

Cependant, ce potentiel économique reste suspendu à la menace climatique. Les incendies de forêt, exacerbés par des hausses de température atteignant des records en été, imposent une vigilance de chaque instant. Le plan de protection des forêts de 2026 se dote désormais de moyens technologiques de pointe.

Selon les chiffres de la Protection Civile de février 2026, le dispositif de surveillance a été renforcé par l’acquisition de nouveaux drones de surveillance thermique et l’aménagement de 2.500 points d’eau stratégiques en zone de crête. Cette sécurisation est la condition sine qua non pour rassurer les investisseurs privés qui commencent à s’intéresser aux filières de transformation du bois et des plantes aromatiques et médicinales (PAM).

En définitive, la montagne algérienne ne veut plus être synonyme de « zones d’ombre ». Par la conjonction des aides à l’habitat rural, du désenclavement routier et de la protection des écosystèmes, elle se transforme en un laboratoire de résilience. Fixer l’homme à la terre, c’est avant tout lui donner les moyens de transformer son environnement en une source de dignité et de prospérité durable.

L. K.

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