Alger, Algérie

lundi 26 octobre 2026 01:37

Les mines au cœur de la diversification économique : 16 projets au programme

Les mines au cœur de la diversification économique : 16 projets au programme

L’État mise sur l’exploration, les grands projets structurants et le développement de la transformation locale pour faire de l’industrie minière un levier de diversification de l’économie nationale. En effet, en 2027, la recherche et l’exploration seront au cœur de l’action du ministère des Mines et des Industries minières.

C’est ce que Mourad Hanifi a souligné samedi après-midi devant la commission des finances et du budget de l’Assemblée populaire nationale (APN), lors de la présentation des grandes lignes et des priorités proposées pour le budget du secteur au titre du PLF 2027. «Nous nous attacherons à mobiliser les investissements nationaux et étrangers afin d’approfondir les connaissances du sous-sol et de mettre en évidence le potentiel minier du pays», a affirmé le ministre des Mines.

À cet effet, un programme ambitieux pour la période 2026-2028 a été tracé, dira le ministre, notant que ce dernier est doté d’une enveloppe financière de 2,55 milliards de DA et comprend 16 projets distincts.

Pour la seule année 2027, une dotation de 1,11 milliard de dinars est prévue pour financer les travaux portant sur 14 projets. Chaque opération fera l’objet d’une évaluation technique documentée afin de déterminer sa poursuite, sa réorientation ou son arrêt, selon les résultats obtenus, a expliqué le ministre.

À travers ce programme, les pouvoirs publics veulent améliorer la connaissance du sous-sol algérien, identifier de nouvelles ressources et préparer de futures opportunités d’investissement. Les travaux devront notamment permettre de mieux évaluer les gisements connus et d’explorer les zones encore insuffisamment étudiées, en mettant à la disposition des investisseurs des données géologiques fiables.

Indiquant que la recherche et l’exploration constituent le socle du développement minier, le ministre Mourad Hanifi a souligné que ces deux leviers soutiennent l’ensemble de la chaîne de valeur en permettant d’identifier et d’évaluer les ressources, de renouveler les réserves des projets et de préparer de nouvelles opportunités d’exploitation. Leurs résultats contribuent également à éclairer les choix de traitement et à évaluer la rentabilité économique des projets.

«Nous inscrirons ainsi les programmes de recherche dans une perspective industrielle, allant de la connaissance du sous-sol jusqu’à la transformation des matières minérales. Notre pays dispose d’importantes potentialités minières dont la valorisation nécessite une intensification des opérations d’exploration », indique-t-il, soulignant que les efforts porteront particulièrement sur les substances non ferreuses, notamment le cuivre, le plomb et le zinc, ainsi que sur les métaux précieux, les métaux rares et les terres rares.

Les programmes seront adaptés aux caractéristiques des différentes zones géologiques et aux connaissances disponibles, afin d’évaluer les ressources et les conditions techniques et économiques de leur valorisation.

Pour renforcer cette dynamique, les pouvoirs publics comptent mobiliser les investissements nationaux et étrangers, en s’appuyant sur les compétences techniques, les capacités financières et les technologies des entreprises spécialisées dans l’exploration et des groupes miniers.

Le cadre instauré par la loi n° 25-12 relative aux activités minières doit favoriser cette ouverture et offrir aux opérateurs une meilleure visibilité pour engager les dépenses nécessaires aux campagnes de prospection, aux forages et aux études d’évaluation des ressources.

L’action publique reposera également sur le renforcement des moyens scientifiques et techniques. L’Agence du service géologique de l’Algérie (ASGA) contribuera à approfondir la connaissance du sous-sol et à qualifier les zones présentant un intérêt minier.

Pour sa part, l’Agence nationale des activités minières (ANAM) interviendra dans le cadre de ses missions en matière de recherche, de renouvellement des réserves et de promotion des opportunités d’investissement.

Grands projets miniers : cap sur la valorisation industrielle

Outre la recherche et l’exploration, la stratégie nationale minière est axée sur la transformation du potentiel minier en capacités de production et en valeur ajoutée locale. Le ministre des Mines et des Industries minières, Mourad Hanifi, a indiqué devant les membres de la commission des finances et du budget de l’APN que «nous poursuivrons la réalisation des grands projets et le développement des filières industrielles afin de sécuriser l’approvisionnement du pays, d’accroître le taux de transformation locale et d’élargir nos exportations».

Selon le ministre, la priorité sera accordée aux projets qui créent de la valeur ajoutée en Algérie et soutiennent les activités d’ingénierie, de fabrication, de maintenance et de soutien aux exportations.

Dans ce cadre, le projet de Gara Djebilet occupe une place centrale dans le développement de la filière sidérurgique. «Notre objectif est de valoriser cette ressource afin d’approvisionner l’industrie nationale en produits répondant à ses besoins.»

La maîtrise des procédés, la réduction des impuretés et l’adaptation des capacités industrielles aux caractéristiques du minerai devront orienter les choix d’investissement, tout en veillant à la maîtrise des coûts de production. Ce projet devra également contribuer au développement des compétences et des services industriels nationaux, ajoute-t-il.

Évoquant le projet intégré de phosphate à Bled El Hadba (Tébessa), le ministre Hanifi a indiqué que ce mégaprojet représente un autre levier important qui doit contribuer à accroître la valorisation nationale du phosphate, à améliorer la disponibilité des engrais destinés au secteur agricole et à ouvrir des perspectives d’exportation.

Sa mise en œuvre nécessite une coordination entre l’extraction, l’enrichissement et la transformation chimique, ainsi que la réalisation des infrastructures ferroviaires et portuaires indispensables à l’acheminement de la production. Concernant le projet de Tala Hamza-Oued Amizour, «nos priorités consistent à réunir les conditions nécessaires à la réalisation de la mine et des installations de production de concentrés», souligne le ministre.

En parallèle, les perspectives de transformation du zinc en Algérie seront examinées, en tenant compte des besoins de modernisation des capacités industrielles et des possibilités de développement de nouvelles unités.

Le ministère entend également promouvoir les minerais industriels, les matériaux de construction et les pierres décoratives. Ces activités sont appelées à contribuer à l’approvisionnement du marché national, à la substitution aux importations et à la création d’opportunités pour les entreprises publiques et privées, notamment les petites et moyennes entreprises.

H. O.

Près de 20, 5 milliards de DA de crédits de paiement

Le secteur des mines et des industries minières bénéficiera, en 2027, de 20,48 milliards de DA en crédits de paiement, contre des autorisations d’engagement d’environ 4 milliards de DA.

Le ministre Mourad Hanafi a précisé que le projet de budget du secteur pour 2027 a été élaboré selon une architecture programmatique, dans le cadre de la loi organique relative aux lois de finances, autour de deux programmes, « Mines » et « Administration générale ». Cette structuration permettra, d’une part, de poursuivre les programmes de développement du secteur et, d’autre part, de mettre en place l’organisation du ministère nouvellement créé.

Dans ce cadre, le ministre a indiqué que les transferts proposés comprennent 1,4 milliard de DA au profit de l’ANAM et 1 milliard de DA au profit de l’Agence du service géologique de l’Algérie (ASGA). Il a affirmé que la mise en œuvre des programmes fera l’objet d’un suivi périodique fondé sur l’évaluation de l’état d’avancement physique des projets, des engagements et des paiements, ainsi que sur le suivi des résultats de la recherche et de l’exploration, du développement des capacités industrielles et du respect des engagements en matière de contenu local. Au cours du premier trimestre 2027, une situation de référence sera établie pour les programmes prioritaires afin de préciser leur état d’avancement, leurs financements et les décisions nécessaires.

Un régime fiscal adapté au nouveau cadre minier

Sur le plan fiscal, le ministère propose des ajustements destinés à accompagner la mise en œuvre de la loi n° 25-12 relative aux activités minières, qui a abrogé la loi n° 14-05 tout en maintenant les dispositions fiscales de cette dernière jusqu’à l’adoption de nouvelles mesures dans une loi de finances. Les modifications envisagées portent notamment sur l’adaptation des règles aux nouvelles catégories de titres et d’autorisations, la clarification des modalités d’établissement de l’assiette fiscale et de recouvrement, ainsi que l’actualisation de certaines redevances et de certains taux.

Le dispositif proposé maintient également la prise en compte des dépenses de recherche et le mécanisme d’affectation des provisions destinées au renouvellement des gisements. Il précise, en outre, les obligations des opérateurs et les modalités de transition entre les deux cadres fiscaux.

La simplification administrative et la numérisation constituent un autre axe des orientations présentées. Le ministère entend réduire les lourdeurs bureaucratiques susceptibles de retarder les projets, améliorer le respect des délais et renforcer la transparence dans le traitement des dossiers.

H. O.

Investissement, contenu local et modernisation du secteur

La concrétisation de la stratégie de l’Etat repose aussi sur l’amélioration du climat des affaires et le développement de partenariats équilibrés. L’État entend encourager les investissements tout au long de la chaîne de valeur minière, depuis la recherche et l’exploration jusqu’à l’exploitation et à la transformation, en associant les compétences techniques, les financements, les technologies et les débouchés commerciaux.

Le développement du contenu local constitue, dans ce cadre, une priorité. En application des articles 121 à 123 de la loi n° 25-12, les pouvoirs publics veulent accroître la valeur ajoutée produite en Algérie, renforcer le tissu des entreprises nationales et favoriser la participation des fournisseurs et des sous-traitants locaux aux marchés des équipements, des travaux, de l’ingénierie et de la maintenance. Parallèlement, le ministère prévoit de poursuivre la modernisation des procédures administratives et la numérisation des services destinés aux investisseurs. La réduction des délais de traitement, la transparence des décisions et la simplification des démarches doivent contribuer à lever les obstacles bureaucratiques qui freinent la réalisation des projets. La stratégie prévoit enfin une attention particulière aux retombées territoriales et environnementales du développement minier. La création d’emplois durables, la formation des jeunes, la participation des entreprises locales et la protection des populations devront accompagner les investissements. Les opérateurs seront tenus de prendre en charge la remise en état des sites et la réparation des dommages liés à leurs activités, avec une attention particulière portée à la protection des eaux souterraines et du couvert végétal, ainsi qu’à la réduction des nuisances.

H. O.

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