Alors que Fiat Algérie a entamé sa montée en cadence pour atteindre une capacité de 90 000 véhicules par an produits dans son usine de Tafraoui, un nouvel acteur potentiel dans le segment des véhicules de tourisme vient de se manifester.
La société Tirsam a en effet annoncé des discussions avec le leader mondial du secteur, le constructeur japonais Toyota, pour un projet de construction de véhicules particuliers sous la marque nipponne.
À cet égard, le ministre de l’Industrie, Farid Kourtel, a reçu une délégation de dirigeants de cette entreprise privée locale, au cours d’une réunion où les responsables ont présenté leur projet.
Il convient de noter que Tirsam dispose de grandes installations industrielles qui ont d’ailleurs été visitées par des représentants de la firme japonaise.
Cette société locale est aujourd’hui l’un des premiers industriels du pays dans le montage de camions, de bus, d’engins de travaux publics et de tracteurs agricoles, en partenariat avec des sociétés chinoises.
Rappelons que Tirsam avait été choisie par le gouvernement algérien dans le cadre du programme d’importation de 10 000 bus destinés à remplacer la flotte vétuste des opérateurs privés et à renforcer les parcs des entreprises publiques de transport à travers les différentes wilayas.
Tirsam a déjà commercialisé un premier lot de 1 000 unités, une étape clé avant que l’entreprise et d’autres acteurs ne couvrent la totalité des besoins de ce marché sur la période 2026-2027.
Concernant le montage de véhicules particuliers, Fiat Algérie est très en avance sur ses concurrents. Ayant débuté ses opérations en décembre 2023, la marque a assemblé 90 000 véhicules jusqu’à présent. Elle s’était fixé comme objectif d’atteindre une production annuelle de 90 000 véhicules dès 2026, un cap qui, au rythme actuel, ne devrait toutefois être pleinement atteint qu’en 2027.
Fiat Algérie vise un taux d’intégration de 30 %. Après le Fiat Doblò, le constructeur compte commercialiser la Grande Panda sous la formule CKD (Completely Knocked Down), avec un taux d’intégration initial de 20 %.
Pour son usine de Tafraoui, Fiat Algérie s’appuie sur 13 fournisseurs directs, en plus de 13 autres prestataires dédiés au service après-vente. Les fournisseurs de cette installation industrielle incluent des fabricants de tôles (Tosyali Algérie), de batteries (Fabcom), de pneus (Iris Tyres), de pare-brise (ABG) et de sièges (Matur).
Une étape décisive est d’ailleurs sur le point d’être franchie à Tafraoui : l’emboutissage et la carrosserie y seront très prochainement pris en charge localement par des sous-traitants.
La sous-traitance en construction
Actuellement, Fiat Algérie est le seul constructeur en activité dans le pays, mettant ainsi fin à l’ancienne domination de Renault sur le marché. Cependant, d’autres marques s’apprêtent à arriver : Chery, Opel (qui fait partie du groupe Stellantis au même titre que Fiat), Hyundai et Kia. Ces projets d’usines pourraient obtenir leur agrément définitif d’ici à 2027 avant de commencer l’installation de leurs unités de production.
Parmi eux figure la firme allemande Opel, qui a annoncé sa décision de s’implanter en Algérie à travers une unité de production de véhicules particuliers ainsi qu’une usine de moteurs, en partenariat avec une société locale.
L’emboutissage, la carrosserie et le moteur constituent les éléments principaux du montage d’un véhicule. C’est ce qui a fait dire au président de la République que le véhicule sera véritablement « Made in Algeria » à l’horizon 2028, d’autant que d’autres composants majeurs sont également produits localement : les batteries, les pneus, les pare-brise, les pare-chocs, les tableaux de bord, les câbles, les faisceaux électriques, les sièges, les filtres, les plaquettes de frein, les composants plastiques et les soupapes.
Ainsi, le tissu de la sous-traitance automobile s’est considérablement densifié. En 2026, l’achèvement du complexe d’acier plat de Tosyali Algérie, doté d’une section de laminage à froid, permet désormais de fabriquer des tôles adaptées aux besoins de l’usine de Tafraoui et des futures unités qui seront mises en service entre 2027 et 2029.
À Batna, une usine dotée d’une capacité d’emboutissage de 150 000 véhicules est entrée en service. De même, une unité de composants plastiques vient de démarrer sa production à Tissemsilt, fabriquant notamment des pare-chocs et des tableaux de bord.
Enfin, le ministre de l’Industrie vient d’inaugurer à Aïn M’lila deux usines de pièces détachées et de composants : une unité de lubrifiants et une usine de filtres. Dans cette même localité, il a également visité une usine de pièces de rechange en plastique et en caoutchouc, ainsi qu’un projet d’usine de plaquettes de frein actuellement en cours de réalisation.
K. R.






