En s’approvisionnant notamment auprès de pays comme l’Espagne et le Brésil, l’État entend répondre aux besoins des ménages, diversifier les sources d’approvisionnement et contribuer à la maîtrise des prix. Cette démarche constitue un levier important de régulation du marché et de protection du pouvoir d’achat.
Dans un premier temps, la viande importée était commercialisée entre 1 200 et 1 400 dinars le kilogramme, offrant aux consommateurs une alternative plus abordable. Toutefois, la convergence observée récemment entre les prix de la viande importée et ceux de la viande locale soulève la question de la répercussion des efforts engagés sur le prix final payé par les ménages.
L’enjeu consiste désormais à garantir que les avantages attendus de ces importations bénéficient pleinement aux consommateurs. Cela suppose un suivi attentif des différents maillons de la chaîne commerciale, depuis l’approvisionnement jusqu’à la vente au détail, afin de mieux comprendre les écarts de prix et les marges appliquées.
Dans cette perspective, les mesures annoncées par la ministre du Commerce intérieur et de la Régulation du marché national, Amel Abdellatif, concernant l’encadrement de l’activité des intermédiaires et le plafonnement des marges bénéficiaires revêtent une importance particulière. Le suivi des pratiques commerciales liées aux produits importés et le renforcement des contrôles peuvent également contribuer à améliorer la transparence des circuits de distribution.
Ces instruments sont d’autant plus importants que les pratiques spéculatives, lorsqu’elles sont avérées, risquent de réduire les effets positifs des opérations d’importation. Les efforts déployés par l’État pour renforcer l’approvisionnement et offrir des prix plus accessibles doivent ainsi être accompagnés d’une vigilance accrue afin que les produits parviennent aux consommateurs dans des conditions conformes aux objectifs poursuivis.
La concertation avec les professionnels, la régulation des marges et le contrôle du marché constituent autant de leviers pour consolider cette démarche. À terme, l’articulation entre les importations, le développement de la production nationale et la lutte contre les pratiques commerciales abusives peut contribuer à une meilleure stabilité du marché des viandes rouges.
L’objectif est de faire des importations un instrument durable de soutien au pouvoir d’achat, tout en veillant à ce que les efforts des pouvoirs publics se traduisent par des bénéfices concrets pour les ménages.
S. I.






