Selon le communiqué de la compagnie nationale, cette réunion, tenue en présence de dirigeants des deux groupes, était consacrée à l’examen des « relations de partenariat » et de leurs perspectives de développement.
La visite de travail menée aux États-Unis du 12 au 16 octobre 2026, explique la même source, a été marquée par une succession de contacts avec des acteurs énergétiques américains : rencontres avec Baker Hughes et KBR le 14 octobre, puis participation, le 15 octobre, à la 19e édition de l’Algeria Energy Day en Louisiane.
Berkine, socle d’une relation historique
Les discussions entre Nour Eddine Daoudi et Richard Jackson ont notamment porté sur les activités d’Oxy dans le bassin de Berkine, ainsi que sur les perspectives de coopération et les opportunités de développement à court, moyen et long terme.
Le communiqué souligne que cette rencontre s’inscrit dans la continuité de « relations historiques » entre les deux groupes, particulièrement dans ce bassin du Sud-Est algérien.
Ce partenariat s’est renforcé par étapes. En 2022, un contrat d’hydrocarbures a été signé pour les périmètres 404 et 208, en association avec Eni et TotalEnergies.
En octobre 2024, un protocole d’accord a porté sur les activités d’exploration et d’évaluation du périmètre de Berkine-Centre.
En avril 2025, deux accords technologiques ont suivi, consacrés à l’étude des réservoirs carbonatés complexes et au développement des techniques de récupération assistée du pétrole.
Au-delà du volet contractuel, les échanges ont abordé l’expertise d’Oxy dans le développement des ressources non conventionnelles aux États-Unis, les techniques innovantes de récupération assistée EOR et l’utilisation de canalisations en matériaux non métalliques.
Ces thématiques ne sont pas anodines. Les États-Unis ont fait des hydrocarbures non conventionnels un pilier de leur production, un savoir-faire qui intéresse un pays dont le sous-sol recèle, selon les évaluations internationales, d’importantes ressources de ce type.
La récupération assistée, elle, permet d’augmenter le taux de récupération des gisements matures, ce qui est précieux dans un bassin exploité de longue date comme Berkine.
Quant aux canalisations non métalliques, elles offrent une alternative à l’acier, réputée résistante à la corrosion.
Pourquoi ces rapprochements comptent
Pour l’Algérie, dont l’économie reste étroitement liée aux hydrocarbures, ce type de rapprochement répond d’abord à un impératif : soutenir durablement la production et les exportations.
Les majors et grandes compagnies indépendantes apportent des capitaux, mais surtout des technologies, des méthodes de gestion de projet et une expérience opérationnelle acquise sur d’autres théâtres.
Pour Sonatrach, associer ces compétences à sa connaissance du sous-sol national permet de réduire les délais, de maîtriser les risques et d’accroître la valeur tirée des gisements.
Le partenariat avec un acteur américain revêt, par ailleurs, une dimension stratégique.
Il diversifie les alliances de la compagnie nationale, déjà associée à des groupes européens comme Eni et TotalEnergies sur les périmètres 404 et 208, et lui ouvre l’accès à l’écosystème technologique de la première puissance pétrolière mondiale.
Il envoie aussi un signal de confiance aux investisseurs étrangers : la stabilité d’un partenariat engagé de longue date, enrichi de nouveaux accords, témoigne de l’attractivité du bassin.
Enfin, ces rapprochements s’inscrivent dans un contexte où la demande énergétique mondiale reste soutenue et où l’Algérie entend consolider son rôle de fournisseur fiable, notamment de gaz naturel, pour ses partenaires, en particulier européens.
Tirer davantage des gisements existants, explorer de nouveaux périmètres et ouvrir la voie aux ressources non conventionnelles : autant de leviers pour préserver, voire augmenter, les capacités de production du pays, sans perdre de vue les exigences de réduction des coûts et de maîtrise de l’empreinte environnementale.
En réaffirmant, selon le communiqué, leur volonté de « poursuivre le développement de leur partenariat » et de soutenir « la valorisation du potentiel en hydrocarbures de l’Algérie », Sonatrach et Oxy confirment que la coopération internationale demeure un levier central de la politique énergétique nationale.
Dans un secteur où les cycles d’investissement sont longs et où l’innovation technologique conditionne la compétitivité, la constance de ces liens, nourrie par l’échange d’expertise et la confiance entre partenaires, constitue un atout.
Elle conforte l’attractivité du domaine minier algérien et la place du pays sur la carte énergétique mondiale, à l’heure où la concurrence pour les capitaux s’intensifie.
Oxy en chiffres
Basée à Houston, Texas, Occidental Petroleum (Oxy) est une compagnie indépendante d’exploration-production. Elle a réalisé en 2025 un chiffre d’affaires de 21,6 milliards de dollars, contre 22 milliards en 2024, pour une production moyenne de 1,4 million de barils équivalent pétrole par jour et des réserves prouvées de 4,6 milliards de barils.
Son investissement le plus marquant reste le rachat de CrownRock, dans le bassin permien, finalisé en août 2024 pour environ 12 milliards de dollars. Pour alléger sa dette, elle a cédé sa branche chimie, OxyChem, à Berkshire Hathaway pour 9,7 milliards de dollars, opération bouclée le 2 janvier 2026, dont 6,5 milliards sont destinés au désendettement. Berkshire Hathaway demeure en outre son principal actionnaire. Richard Jackson dirige le groupe depuis le 1er juin 2026, succédant à Vicki Hollub.
S. I.






