Lors de sa participation à la session inaugurale de haut niveau du dialogue ministériel intitulée «Perspectives des marchés mondiaux du pétrole et du gaz», organisée en marge du 25e Congrès international du pétrole et de l’énergie «WPC Energy 2026», au Centre des expositions et des conférences Riyadh Front, M. Arkab a souligné que «l’Asie, l’Afrique et le Moyen-Orient constitueront les principaux pôles de croissance future de la demande énergétique».
Il a expliqué que les transformations du système énergétique mondial ne se traduisaient pas nécessairement par une baisse généralisée de la consommation de pétrole, mais plutôt par une évolution de la nature de la demande, de sa répartition géographique et de ses usages.
Le défi de la mobilisation des investissements
Le ministre d’État a rappelé les prévisions annonçant une hausse de la demande mondiale d’énergie à l’horizon 2050, ainsi qu’une augmentation de la demande mondiale de gaz naturel à l’horizon 2055.
Arkab a insisté sur le fait que le principal défi auquel font face les marchés énergétiques réside dans la mobilisation des investissements nécessaires pour transformer les ressources en capacités réelles de production, de transport, de transformation et d’exportation.
Au passage, il a averti que le manque d’investissements menace de générer des tensions, des déséquilibres entre l’offre et la demande, ainsi qu’une forte volatilité sur les marchés. Mohamed Arkab a insisté sur la nécessité d’étendre ces investissements à l’ensemble des infrastructures, incluant les gazoducs, les installations de liquéfaction, les ports, le stockage, le raffinage et les réseaux énergétiques.
Selon lui, cela exige une vision claire et stable pour sécuriser les approvisionnements futurs et lancer les investissements en temps opportun.
Lors de cette séance, consacrée à la discussion des perspectives des marchés mondiaux du pétrole et du gaz, à la lumière des risques géopolitiques croissants, de l’incertitude liée aux investissements et de la recomposition des équilibres entre l’offre et la demande, en présence de plusieurs hauts responsables du secteur mondial de l’énergie ainsi que des principaux pionniers et décideurs du secteur, Mohamed Arkab a mis en avant les efforts de l’Algérie pour augmenter sa production et renforcer sa contribution à la sécurité énergétique mondiale.
Algeria Bid Round 2026
Dans ce cadre, il a indiqué que l’Algérie poursuit le développement de ses ressources en hydrocarbures, le renforcement de ses infrastructures et l’attraction d’investissements internationaux dans l’exploration et la production.
En effet, l’appel d’offres « Algeria Bid Round 2026 » constitue, indique-t-il, un outil central pour atteindre cet objectif à travers la mise en concurrence de sept périmètres d’investissement et la mise à disposition transparente des données techniques via des salles de données virtuelles, en prévision de l’évaluation des offres et de la signature des contrats avant mars 2027.
Pour le ministre, la vision de l’Algérie ne se limite pas à attirer des capitaux, mais vise également le transfert de technologie et la construction de partenariats stratégiques à long terme, soutenus par un cadre juridique, réglementaire et fiscal stable et incitatif, consacré par la loi sur les hydrocarbures de 2019.
Le gazoduc transsaharien, un corridor énergétique africain majeur
Dans ce contexte, le ministre d’État a souligné l’importance stratégique du gazoduc transsaharien (TSGP), corridor énergétique africain majeur pour la sécurité énergétique et l’intégration régionale. Le projet est passé de la phase d’études à celle de la réalisation, après l’adoption de l’étude de faisabilité actualisée en juin 2026 et le lancement officiel des travaux de sa section algérienne le 4 juin 2026.
Ce projet permettra de valoriser les ressources gazières nigérianes et de les relier, via le Niger, au système gazier algérien pour les acheminer vers les marchés internationaux et européens, tout en stimulant le développement économique et les infrastructures sur le continent.
Arkab a également abordé les mutations que connaît la structure de la demande de produits pétroliers, signalant la croissance continue des besoins liés à l’aviation, à la pétrochimie et au transport lourd, en parallèle de l’évolution de certains usages traditionnels des carburants.
Il a souligné l’importance de développer les chaînes de valeur et de renforcer les capacités de raffinage et de pétrochimie afin de générer une plus-value accrue à partir des ressources nationales.
En conclusion, le ministre a affirmé que la sécurité énergétique exige des investissements suffisants et opportuns, une vision claire à long terme et une coopération internationale équilibrée entre producteurs et consommateurs.
Les décisions prises aujourd’hui en matière d’investissements, d’infrastructures et de partenariats détermineront, a-t-il conclu, la capacité du système énergétique mondial à répondre aux besoins futurs.
H. O.
Alger intensifie ses échanges avec Bagdad et Koweït
Le ministre d’État, ministre des Hydrocarbures, Mohamed Arkab, a examiné avec ses homologues irakien et koweïtien les perspectives de renforcement de la coopération bilatérale dans le secteur des hydrocarbures, notamment dans l’exploration et la production, la valorisation du gaz naturel et le développement des investissements, en marge des activités de la Semaine de l’énergie et du 25e Congrès mondial du pétrole, qui se tiennent à Riyadh (Arabie saoudite).
Lors de ses entretiens avec le ministre irakien du Pétrole, Basim Mohammed Khudair Al-Abadi, les deux parties ont passé en revue les opportunités de coopération entre l’Algérie et l’Irak, en fonction des potentialités et des capacités dont disposent les deux pays, notamment dans l’exploration et la production d’hydrocarbures, le gaz naturel, la pétrochimie et le développement des partenariats entre les entreprises des deux pays, indique un communiqué du ministère des Hydrocarbures.
Les discussions ont notamment porté sur les possibilités de concrétiser des projets et des investissements communs entre Sonatrach et les compagnies pétrolières irakiennes, couvrant les différentes étapes de la chaîne de valeur des hydrocarbures, dont l’exploration et la production, le développement des gisements, ainsi que la valorisation et l’exploitation du gaz associé. Les industries pétrochimiques et la production d’engrais ont également été abordées.
Les deux ministres ont souligné l’importance de tirer mutuellement profit de leurs expériences respectives, notamment en matière de modernisation des méthodes d’exploration et de production, de recours aux nouvelles technologies, d’amélioration de l’efficacité énergétique et de réduction des émissions liées aux activités du secteur.
Le volet gazier a occupé une place particulière dans les échanges entre les deux responsables, qui ont évoqué les possibilités de renforcer les capacités de collecte, de traitement et de valorisation du gaz associé en Irak, en tirant parti de l’expérience algérienne dans ce domaine. Cette coopération pourrait contribuer à une meilleure exploitation des ressources gazières irakiennes et à la création d’une plus grande valeur ajoutée. Par ailleurs, les deux parties ont réaffirmé l’importance de poursuivre la coordination au sein de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP), de l’alliance OPEP+ et du Forum des pays exportateurs de gaz (GECF), afin de soutenir la stabilité des marchés énergétiques.
Un partenariat renforcé avec le Koweït
Mohamed Arkab s’est également entretenu avec le ministre koweïtien du Pétrole, Tariq Suleiman Al-Roumi, sur les moyens de consolider les relations de coopération entre l’Algérie et le Koweït dans le domaine des hydrocarbures. Cette rencontre a permis d’examiner les perspectives d’élargissement du partenariat économique entre les deux pays, en mettant l’accent sur les opportunités de coopération dans les industries pétrolière et gazière, ainsi que sur l’intérêt manifesté par les groupes d’investissement koweïtiens pour le marché algérien, selon un communiqué du ministère.
À cette occasion, le ministre d’État a invité les entreprises koweïtiennes à investir dans le secteur des hydrocarbures en Algérie et à participer à l’appel d’offres « Algeria Bid Round 2026 ». Il a mis en avant les avantages offerts par les cadres juridiques régissant l’investissement et les hydrocarbures en Algérie, en vue de concrétiser des partenariats intégrés dans des domaines d’intérêt commun.
De son côté, le ministre koweïtien du Pétrole a salué la vision stratégique de l’Algérie et le niveau de coordination entre les deux pays dans les forums énergétiques internationaux. Il a également exprimé l’intérêt des entreprises pétrolières et des groupes d’investissement koweïtiens pour la réalisation de projets communs à long terme avec leurs homologues algériens.
Les entretiens ont également mis en évidence la convergence des positions des deux pays sur la nécessité de préserver la stabilité des marchés pétroliers mondiaux et d’assurer un équilibre des approvisionnements, dans le cadre de leur coordination au sein de l’OPEP et de l’alliance OPEP+.
Synthèse H. O.






