En effet, la célébration, hier dimanche, de la Journée mondiale de l’alimentation 2026, placée cette année sous le thème «L’innovation aujourd’hui, l’alimentation de demain», a été une occasion pour le ministre de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche, Sid Ali Khaldi, de mettre en avant la stratégie du gouvernement pour développer et moderniser l’agriculture nationale afin de répondre à une demande en nette augmentation et de réduire les importations qui continuent de peser fortement sur le budget de l’État.
Dans son intervention à cette occasion, le ministre a mis l’accent sur le rôle de l’innovation, de la connaissance et de l’investissement dans la promotion d’un développement agricole durable et le renforcement de la résilience des systèmes alimentaires face aux défis économiques et aux changements climatiques.
À cet égard, «l’Algérie réaffirme que le droit à l’alimentation constitue, depuis plusieurs décennies, une priorité stratégique nationale et une cause humanitaire majeure», souligne le ministre, indiquant que la réalisation de la sécurité alimentaire nécessite une mobilisation collective et une coordination des efforts entre les gouvernements, les organisations et l’ensemble des acteurs concernés.
Lors de cette rencontre, marquée par la présence des ministres du Commerce intérieur et de la Régulation du marché, Amel Abdelatef, et de l’Économie de la connaissance, des Start-up et des Microentreprises, Noureddine Ouadah, de la coordinatrice résidente du système des Nations unies en Algérie, de la représentante de la FAO, de parlementaires et d’opérateurs économiques, le ministre a présenté les actions engagées par l’Algérie pour assurer sa sécurité alimentaire, en mettant d’abord en avant l’innovation.
En effet, dira-t-il, «l’Algérie a fait de cette dernière (l’innovation) un engagement et une responsabilité en vue de construire des systèmes alimentaires plus durables, dans un contexte international marqué par l’accélération des mutations économiques et l’aggravation des changements climatiques».
Cinq formes d’innovation
Pour M. Khaldi, l’innovation n’est plus une simple option : elle et l’investissement dans la connaissance «ne sont plus un luxe technologique, ni une option complémentaire ou de précaution». Le ministre y voit «des éléments essentiels de nos politiques alimentaires».
Il a rappelé que l’Algérie «a fait, depuis plusieurs décennies, du droit à l’alimentation l’une des grandes causes humanitaires et une priorité stratégique nationale».
Le ministre a souligné que l’innovation dans le secteur agricole ne se limite pas aux technologies avancées, mais englobe cinq dimensions complémentaires. La première est technologique, à travers l’utilisation des plateformes géospatiales, de l’agriculture de précision et de l’intelligence artificielle associée aux données satellitaires pour le suivi des terres et des cultures.
La deuxième est sociale, reposant sur l’accompagnement et la formation des agriculteurs et des éleveurs, ainsi que sur leur accès à l’expertise scientifique.
Quant à la troisième, elle concerne l’adaptation des cadres juridiques et réglementaires aux évolutions du secteur, tandis que la quatrième porte sur la mise en place de mécanismes de financement innovants permettant aux petits producteurs d’investir davantage et d’accéder aux marchés.
Enfin, la dimension scientifique repose sur le renforcement de la recherche agricole, l’amélioration génétique des semences et la sélection de variétés plus résistantes aux changements climatiques.
Le Sud, vitrine de l’essor agricole
Au cœur de cette vision, le ministre a souligné l’importance que le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, accorde au développement du système de recherche scientifique et d’innovation, ainsi qu’au renforcement du rôle des institutions et des instituts relevant du secteur agricole.
«Ces structures constituent un levier essentiel pour bâtir un système alimentaire intégré, capable de s’adapter aux fluctuations géopolitiques et de faire face aux perturbations des marchés internationaux», affirme-t-il, en soulignant que l’innovation, qui constitue le fondement du slogan de cette année, doit se déployer dans toutes les composantes du système alimentaire et des chaînes de production, du champ jusqu’au consommateur.
Dans cette perspective, «l’État poursuit son soutien aux filières agricoles et aux cultures stratégiques, en œuvrant à l’extension des superficies cultivées et irriguées, à l’amélioration de l’efficacité de l’utilisation des ressources en eau, à la disponibilité des intrants essentiels, au renforcement des systèmes de stockage et de distribution, ainsi qu’au développement des industries de transformation», a rappelé Sid Ali Khaldi.
Pour les céréales, le pays étend les surfaces cultivées et veille à la disponibilité de semences certifiées, afin d’accroître la production et d’améliorer les rendements.
Cette dynamique se manifeste notamment dans les wilayas du Sud, qui connaissent un véritable essor agricole. «Le désert se transforme progressivement en vastes superficies verdoyantes consacrées aux cultures céréalières et maraîchères», affirme le ministre.
Cette évolution, a-t-il ajouté, ouvre également la voie à l’attraction de grands partenariats internationaux et traduit la volonté de notre pays de valoriser ses potentialités nationales et d’avancer résolument vers la consolidation de sa sécurité alimentaire.
M. Khaldi a souligné que le président de la République a fait de la sécurité alimentaire une priorité stratégique, fondée sur «l’augmentation de la production nationale, la valorisation des ressources locales, le développement des filières stratégiques et la réduction de la dépendance à l’égard des marchés extérieurs».
Le ministre me conclut en appelant à une mobilisation générale : «La réalisation de la sécurité et de la souveraineté alimentaires est une responsabilité collective», qui implique l’État, les agriculteurs, les organisations professionnelles, les opérateurs économiques, les chercheurs et les partenaires internationaux.
Saluant la coopération existante avec la FAO, il a exprimé le souhait d’«élargir et de renforcer ce partenariat au service de nos objectifs communs en matière de sécurité alimentaire et de développement agricole durable».
H. O.






