La croissance économique et le développement des branches de l’industrie, de l’agroalimentaire, des nouvelles énergies et de l’économie des services, avec son extension tentaculaire du numérique, constituent aujourd’hui en Algérie le terrain d’expression de nouveaux besoins en main-d’œuvre qualifiée, en ouvriers spécialisés et en cadres d’exécution, cela outre l’encadrement de direction et de conception.
Ces nouveaux besoins en personnel d’exécution et d’encadrement des ateliers sont censés être fournis par les centres et les instituts de formation professionnels répartis aux quatre points du territoire national.
Les sites de production industriels requièrent généralement, en moyenne pratiquée dans le monde, entre 70 % et 85 % de l’effectif total d’un site de production. Sur ce taux, une catégorie est composée de main-d’œuvre polyvalente non qualifiée.
Néanmoins, cette dernière, au vu des innovations technologiques et numériques, parfois complexes, dont bénéficient plusieurs branches de l’économie, se réduit de plus en plus en nombre au profit de la main-d’œuvre qualifiée.
Le reste du personnel sur site chargé de la production est composé de conducteurs de lignes ou de machines, de chefs d’ateliers, contremaîtres, d’agents de maîtrise, d’ordonnateurs, …etc.
À ces catégories s’ajoutent le personnel de maintenance technique et le personnel chargé du volet Qualité, hygiène, sécurité et environnement (QHSE).
Ces personnels sont porteurs de diplômes spécifiques aux activités respectives auxquelles ils sont affectés. Outre le diplôme d’origine délivré par la Formation professionnelle, chaque catégorie de personnel peut bénéficier d’autres formations in situ, dans les ateliers, organisées par les unités de production, ou bien encore de la formation continue à l’extérieur, payée par les employeurs ou par les employés eux-mêmes.
En effet, la mise à niveau régulière sur les plans technique et technologique, mais aussi sur le plan du management, est devenue une pratique régulière, obligatoire, imposée par l’avancée scientifique et technologique dans tous les secteurs d’activité.
Entreprise/formation professionnelle : vases communicants
La relation intime devant s’établir entre la formation, sous toutes ses déclinaisons, et la nouvelle économie algérienne qui s’emploie à départir progressivement de sa dépendance par rapport aux hydrocarbures, se confirme chaque jour sur le terrain de la pratique.
Aussi bien par la demande en ressource humaine formulée par les unités de production et de transformation, que par la politique de l’enseignement et de la formation professionnels adoptée par les pouvoirs publics, orientée vers la mise en adéquation le plus élevée possible entre la formation et le monde du travail.
Ces efforts d’adéquation ont abouti à ce qu’un jeune diplômé ou stagiaire issu de la formation professionnelle mette en moyenne de 3 à 6 mois pour trouver un premier emploi. Naturellement, ce délai d’attente varie selon la région géographique selon aussi la spécialité sollicitée.
Dans un de ses rapports relatifs au développement humain dans notre pays, le Conseil national économique, social et environnemental (Cnes) a insisté sur la synergie entre les trois catégories de formation : l’enseignement général, du primaire au lycée, la formation professionnelle et l’enseignement supérieur.
Expressément, le Cnese recommandait une «complémentarité du système éducatif entre ces trois composantes afin d’assurer une utilisation optimale de la ressource humaine existante».
La reconfiguration qu’est en train de subir le schéma de l’appareil économique national, censé s’appuyer sur une politique claire de l’entreprise et de l’exploitation de toutes les potentialités du pays, ne saurait s’opérer et réussir sans une « révolution » dans le management de la ressource humaine.
Relever le défi de la compétitivité
L’expert Abdelhak Lamiri n’ironisait pas outre-mesure lorsque, en 2013, avant la crise de la chute des prix du pétrole, il a proposé une « mise à jour » du cerveau algérien, pour un montant de 150 milliards de dollars, enveloppe financière à dédier à la formation tous azimuts.
Lui, avec feu Abdelmadjid Bouzidi et d’autres économistes, avait attiré, au moment opportun, c’est-à-dire pleine période de l’«aisance financière» de la décennie faste des recettes pétrolières 2004-2014, l’attention du gouvernement sur la nécessité de requalifier l’entreprise algérienne, qu’elle soit publique ou privée, pour qu’elle puisse faire face aux nouveaux défis de la compétitivité et du développement technologique, d’autant plus que l’accord d’Association avec l’Union européenne, déséquilibré et déjà mal négocié en 2002, entra en vigueur en 2005 et imposa une concurrence déloyale à l’entreprise et au produit algériens.
Aujourd’hui, l’entreprise algérienne bénéficie d’un climat d’investissement et d’expansion favorable, destiné à l’insérer dans le grand dessein de la reconfiguration de l’économie nationale, tendue vers une diversification maximale des activités et un accès plus ouvert aux nouvelles technologies.
Dans ce contexte, la formation professionnelle est appelée à jouer les grands rôles, en se positionnant comme la cheville ouvrière de la croissance et du développement économique.
A. N. M.






