Présentant les orientations de son secteur devant la Commission des finances et du budget de l’Assemblée populaire nationale (APN), le ministre de l’Habitat, de l’Urbanisme, de la Ville et de l’Aménagement du territoire, Mohamed Tarek Belaribi, a dévoilé une programmation qui confirme le poids du logement dans les dépenses publiques.
Sur les 545.000 logements annoncés pour 2027, 350.000 unités seront consacrées à la formule location-vente AADL 3, soit près de 64 % du volume global. Cette concentration des moyens traduit la volonté des pouvoirs publics de faire avancer un programme marqué par une forte demande des souscripteurs.
Les autres formules restent néanmoins présentes dans la programmation, avec notamment 30.000 aides destinées à l’habitat rural, 20.000 lots de terrains sociaux et 10.000 logements publics locatifs. Cette répartition vise à maintenir plusieurs mécanismes d’accès au logement, en fonction des revenus des ménages et des spécificités territoriales.
Pour mesurer l’ampleur de l’effort engagé, le ministère table également sur la distribution de 400.000 logements d’ici à la fin de 2026. Mais entre les objectifs annoncés, les inscriptions budgétaires et les livraisons effectives, le respect des échéances restera déterminant.
Près de 900 milliards de dinars de crédits de paiement
La concrétisation de cette feuille de route nécessitera une mobilisation financière considérable. Le budget du secteur de l’Habitat prévu dans le PLF 2027 atteint 834,57 milliards de dinars en autorisations d’engagement et 896 milliards de dinars en crédits de paiement.
Ces montants donnent la mesure de la place occupée par la politique du logement dans les finances publiques. Ils doivent notamment permettre de soutenir les opérations de construction, mais aussi de financer les infrastructures et les équipements indispensables à l’accueil des nouveaux habitants.
Le défi est également industriel et économique. Le rythme des chantiers dépendra des capacités des entreprises de réalisation, de la disponibilité des matériaux, de la mobilisation de la main-d’œuvre et de la coordination entre les différents intervenants.
À cette échelle, l’efficacité de la dépense publique ne se mesure pas uniquement au nombre de logements inscrits, mais aussi à la rapidité de leur exécution et à leur coût final.
Des équipements publics pour accompagner l’expansion urbaine
La programmation pour 2027 comprend également des infrastructures destinées à accompagner la croissance démographique des nouveaux quartiers. Le programme prévoit 320 écoles primaires, 140 collèges et 91 lycées, auxquels s’ajoutent 40 sièges de sûreté urbaine et 30 polycliniques.
Le ministère prévoit par ailleurs le lancement des études techniques pour trois centres hospitalo-universitaires à Sétif, Annaba et Béjaïa. L’objectif affiché consiste à renforcer les capacités sanitaires régionales tout en intégrant davantage les services publics à la planification urbaine.
Cette approche répond à une limite souvent associée aux grands programmes immobiliers : la livraison de logements ne suffit pas à garantir des conditions de vie satisfaisantes lorsque les écoles, les structures de santé, les réseaux et les transports ne suivent pas le rythme de l’urbanisation.
Ainsi, au-delà des nouvelles opérations prévues, le secteur doit également faire face à un volume conséquent de programmes déjà engagés. Selon les données présentées par le ministre, le reliquat de logements restant à réaliser, arrêté au 31 décembre 2025, dépassait 1,06 million d’unités.
Ce stock illustre l’ampleur de la charge qui pèse sur les capacités nationales de réalisation. Il souligne aussi l’importance d’un meilleur suivi des chantiers et d’une utilisation rigoureuse des crédits mobilisés.
Pour 2027, le principal indicateur ne sera donc pas seulement le nombre de logements programmés, mais la capacité à transformer les engagements financiers en réalisations concrètes.
La réussite de cette politique dépendra autant du volume des investissements que de l’efficacité de leur exécution, dans un secteur qui mobilise des ressources publiques importantes et exerce des effets directs sur de nombreuses branches de l’économie.
K. B.





