Alger, Algérie

lundi 26 octobre 2026 03:35

Pouvoir d’achat : Un 1er mai sous le signe des réformes

Pouvoir d’achat : Un 1er mai sous le signe des réformes

L’année 2026 marque un tournant important dans la politique sociale en Algérie avec la revalorisation du salaire national minimum garanti (SNMG) à 24 000 dinars. Officialisée par le décret présidentiel n° 26-01, publié le 14 janvier au Journal officiel, cette mesure constitue la hausse la plus significative depuis plusieurs décennies. Applicable avec effet rétroactif au 1er janvier 2026, elle s’impose à l’ensemble des employeurs, du secteur public comme du privé, sous peine de sanctions prévues par la législation en vigueur.

L’année 2026 marque un tournant important dans la politique sociale en Algérie avec la revalorisation du salaire national minimum garanti (SNMG) à 24 000 dinars. Officialisée par le décret présidentiel n° 26-01, publié le 14 janvier au Journal officiel, cette mesure constitue la hausse la plus significative depuis plusieurs décennies. Applicable avec effet rétroactif au 1er janvier 2026, elle s’impose à l’ensemble des employeurs, du secteur public comme du privé, sous peine de sanctions prévues par la législation en vigueur.

Par Sofiane Idiri

Fixé désormais à un taux horaire de 138,46 dinars pour une durée hebdomadaire de 40 heures, ce nouveau seuil vise à améliorer directement les revenus des travailleurs les plus modestes.

Au-delà des salariés concernés, cette revalorisation impacte également près de 80 % des retraités, dont les pensions étaient jusque-là alignées sur l’ancien SNMG fixé à 20 000 dinars. Elle s’inscrit ainsi dans une approche globale de renforcement du pouvoir d’achat.

Dans cette même dynamique, la Loi de finances 2026 consacre une enveloppe importante à la masse salariale de l’État, estimée à 5 926 milliards de dinars, soit plus du tiers du budget national.

Une hausse supplémentaire d’environ 4 % est prévue dans la fonction publique, avec une perspective de revalorisation continue des salaires sur la période 2026-2028. Cette orientation traduit la volonté des pouvoirs publics d’inscrire l’amélioration des conditions de vie dans la durée.

Les retraités bénéficient également de cette politique sociale. En 2025, des augmentations de 10 % pour les pensions inférieures ou égales à 20 000 dinars et de 5 % pour celles au-dessus de ce seuil ont été appliquées. Pour 2026, un budget de 424 milliards de dinars est alloué aux pensions et allocations, confirmant la poursuite de cet effort.

Par ailleurs, le maintien du système de subventions et des allègements fiscaux renforce cette stratégie. Avec 2 284 milliards de dinars dédiés aux transferts sociaux et l’exonération de l’impôt sur le revenu pour les salaires jusqu’à 30 000 dinars, l’État cherche à préserver l’équilibre économique des ménages et à soutenir durablement leur pouvoir d’achat.

Politique de logement, aide sociale

Le Projet de loi de finances 2026 consacre une avancée majeure dans la politique sociale du logement en Algérie, avec le lancement de 300 000 logements AADL 3 en formule location-vente.

Destiné en priorité aux travailleurs de la classe moyenne, ce programme introduit une mesure inédite : la prise en charge totale du taux d’intérêt par l’État, permettant ainsi aux bénéficiaires d’accéder à un crédit sans intérêts. Cette initiative concerne les ménages dont les revenus mensuels se situent entre 24 000 et 120 000 dinars.

Le seuil minimum correspond désormais au SNMG revalorisé, rendant le dispositif accessible dès le premier salaire. Une orientation qui vise à renforcer le pouvoir d’achat tout en facilitant l’accès à la propriété.

Au-delà de son impact social, ce programme devrait également dynamiser l’économie nationale. Les secteurs du bâtiment, des matériaux de construction et des services associés devraient bénéficier d’un regain d’activité, générant des milliers d’emplois directs et indirects.

La politique du logement s’inscrit, par ailleurs, dans une approche globale incluant d’autres formules comme le logement social (LPL), le Logement Promotionnel Public (LPP) et le logement rural.

En parallèle, une enveloppe de 530 milliards de dinars est allouée aux infrastructures hydrauliques afin d’accompagner l’extension des nouveaux pôles urbains.

Allocation Chômage : 18 000 DA, 2,3 Millions de Bénéficiaires

Instituée par le décret présidentiel n° 22-70 du 10 février 2022 à 13 000 DA, l’allocation chômage est passée à 15 000 DA en 2023, puis à 18 000 DA au 1er janvier 2026. Le même Conseil des ministres qui a décidé le nouveau SNMG a décidé cette revalorisation.

La décision du Conseil des ministres du 30 novembre 2025, qui a fixé simultanément le SNMG à 24 000 DA et l’allocation chômage à 18 000 DA, illustre la cohérence de la politique sociale algérienne : protéger le travailleur en emploi comme celui qui en cherche un.

Destinée aux primo-demandeurs d’emploi de 19 à 40 ans inscrits à l’ANEM depuis au moins six mois et sans ressources, cette allocation est accompagnée de la carte Chifa garantissant la couverture sanitaire du bénéficiaire. En 2024, plus de 2,3 millions d’Algériens bénéficiaient de ce dispositif, selon les chiffres officiels de la LF 2026.

Le budget dédié au soutien et à la promotion de l’emploi, qui inclut l’allocation chômage, s’établit à 438 milliards de dinars dans la LF 2026, une enveloppe multipliée par cinq en quatre ans.

La procédure administrative a été simplifiée par le président Tebboune lui-même, qui a instruit le ministre du Travail de porter le versement à une durée minimale d’un an, renouvelable, contre une révision tous les six mois auparavant.

S. I.

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