Alger, Algérie

lundi 26 octobre 2026 02:36

NAPEC 2026 : L’UE mise sur l’Algérie

NAPEC 2026 : L’UE mise sur l’Algérie

La première participation de l’Union européenne au NAPEC 2026 (Salon de l’énergie et de l’hydrogène), à partir d’aujourd’hui, au 7 octobre prochain à Oran, marque un tournant. Portée par une délégation officielle, cette présence traduit une ambition claire de Bruxelles : dépasser la simple relation de guichet gazier pour bâtir un partenariat industriel durable, fondé sur l’innovation et l’accélération des investissements.

Pendant des décennies, l’axe énergétique Alger-Bruxelles s’est focalisé sur la sécurisation des approvisionnements en hydrocarbures. Si le gaz reste une réalité commerciale forte, l’agenda commun s’élargit désormais aux énergies renouvelables, à l’efficacité énergétique et à la réduction des émissions.

L’objectif de l’UE n’est plus seulement d’acheter des ressources, mais de s’impliquer activement dans la transformation du modèle énergétique algérien.

Ce glissement cherche un équilibre entre sécurité d’approvisionnement pour l’Europe et décarbonation pour l’Algérie, créant ainsi une convergence d’intérêts économiques majeurs sur les deux rives de la Méditerranée.

L’hydrogène vert comme laboratoire industriel

Le programme européen TaqatHy+ incarne cette nouvelle doctrine centrée sur la « chaîne de valeur » de l’hydrogène renouvelable. L’enjeu dépasse la production brute : il englobe la fabrication locale d’équipements, l’ingénierie, le stockage, le transport et la maintenance.

Pour l’Algérie, l’objectif crucial est de capter cette valeur ajoutée sur son territoire national afin de générer des compétences et des emplois durables. En connectant industriels, régulateurs et financeurs, la filière hydrogène sert de laboratoire pour tester la capacité des deux partenaires à faire émerger un écosystème industriel intégré plutôt que des projets isolés.

Financer pour concrétiser les projets

La transformation des déclarations d’intention en projets concrets repose entièrement sur la mobilisation des capitaux. Une conférence dédiée à l’investissement dans les renouvelables lors du NAPEC pose la question centrale : comment attirer réellement les investisseurs ?

Le succès de cette démarche ne se mesurera pas au nombre de réunions, mais à la clarté du cadre réglementaire algérien, à la sécurisation des investissements et aux montants financiers engagés. Sans engagements chiffrés pour l’instant, la crédibilité de l’UE se jouera sur sa capacité à activer des mécanismes de financement adaptés et à faire éclore des chantiers réels.

Une intégration économique méditerranéenne

Le dernier volet de cette stratégie s’inscrit dans une dynamique régionale via le Pacte pour la Méditerranée et l’initiative T-MED (coopération pour les énergies propres). En s’appuyant sur des réseaux de régulateurs (MEDREG) et de gestionnaires (MEDGEM), l’énergie devient un puissant vecteur d’intégration économique.

L’ambition ultime est de connecter les réseaux électriques et énergétiques pour créer une prospérité partagée. Reste à savoir si cette participation européenne au NAPEC restera une étape diplomatique ou le véritable coup d’envoi d’une industrialisation verte et mesurable.

S. I.

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