Alger, Algérie

lundi 26 octobre 2026 02:35

La montagne : Entre impératifs de développement et préservation

Zones d’ombre et montagne Le défi du désenclavement productif Alors que les forums internationaux de ce début d’année 2026 replacent le développement durable des montagnes au sommet de l’agenda mondial, l’heure est au bilan pour ces territoires de hautes altitudes. Entre impératifs de rentabilité économique et urgence d’une résilience climatique, comment transformer ces zones de contraintes en pôles d’investissement capables de sauvegarder un écosystème désormais sur le fil du rasoir ?

C’est une question qui s’impose avec une acuité renouvelée en ce premier trimestre 2026. L’interconnexion entre le développement local et la préservation des espaces naturels —dont les espèces floristiques et faunistiques sont désormais durement éprouvées par des cycles de sécheresse prolongés— reste au cœur des préoccupations nationales.

Si certains analystes évoquent encore une relation antagonique entre exploitation et conservation, l’heure est à la recherche d’une synergie active.

En Algérie, la gestion des parcs nationaux s’adapte aux réalités de la nouvelle décennie. Ils ne sont plus seulement des sanctuaires, mais deviennent des vecteurs de l’économie verte. À ce titre, le Plan National de Reboisement (PNR), réactualisé pour la période 2024-2030, cible la plantation de 1,5 million d’hectares à l’échelle nationale.

Selon le bilan d’étape de la Direction Générale des Forêts (DGF) arrêté au 15 janvier 2026, plus de 450.000 hectares ont déjà été mis en terre dans les zones de montagne, privilégiant des espèces rustiques et productives comme le caroubier et l’olivier, capables de générer des revenus immédiats pour les riverains.

Le constat établi par les techniciens du Parc National du Djurdjura demeure d’une brûlante actualité : l’absence d’harmonie dans la gestion multisectorielle freine encore l’essor de ces zones. Pour y remédier, les récentes directives gouvernementales de février 2026 insistent sur la création d’organes de coordination locale. L’objectif est de transformer le parc en un « hub » économique capable de fixer les populations.

L’habitat et l’énergie comme remparts contre l’exode

Le cri d’alarme lancé il y a quelques années par l’Association des Populations des Montagnes du Monde (APMM) résonne avec force en 2026. Alors que les montagnes abritent plus d’un milliard d’êtres humains sur la planète, elles sont les premières victimes de la cherté de la vie.

Dans son rapport de janvier 2026, la FAO souligne que «les communautés montagnardes subissent une inflation logistique qui renchérit le coût des denrées de base de près de 30% par rapport aux zones urbaines».

En Algérie, la réponse à cette fragilisation passe par une accélération sans précédent de l’habitat rural. Pour l’exercice budgétaire 2026, l’État a débloqué une enveloppe de plus de 100.000 nouvelles aides à l’habitat rural, avec une revalorisation substantielle de la subvention directe pour les zones de haute montagne.

Le ministre de l’Habitat déclarait d’ailleurs, le 10 février 2026 : «L’aide à l’habitat rural n’est pas une simple mesure sociale, c’est un acte de souveraineté visant à maintenir la présence humaine sur nos cimes et à protéger notre territoire contre l’abandon et l’érosion.»

À cela s’ajoute le défi de la transition énergétique. Pour les villages isolés, le programme de «Solarisation des zones d’ombre», lancé en 2024, a permis d’équiper plus de 500 hameaux montagnards en kits photovoltaïques autonomes à la fin 2025.

Cette autonomie énergétique réduit la dépendance au gaz butane, coûteux à acheminer, et favorise l’émergence d’unités de transformation agro-artisanales locales.

Vers une nouvelle attractivité du tourisme climatique

Enfin, la montagne algérienne se positionne en 2026 comme le refuge du « tourisme climatique ». Face à la canicule des plaines, les massifs forestiers deviennent des pôles d’attractivité majeurs.

Le dernier rapport de l’Office National du Tourisme (ONT) note en ce sens, une hausse de 40% de la fréquentation des gîtes ruraux et des centres climatiques. Cette dynamique, si elle est encadrée par un cahier des charges rigoureux pour éviter la dégradation du milieu, constitue un gisement d’emplois inestimable pour les jeunes diplômés ruraux.

Cette politique de fixation est le seul palliatif efficace contre la « saignée » de l’exode. La lutte contre l’érosion des sols, renforcée par les barrages verts de montagne et les terrasses de culture, est un pas énorme vers la création d’investissements adaptés.

En développant des circuits de production certifiés « Montagne Algérie », le pays s’offre une perspective de richesse durable à même de garantir la dignité de ceux qui, au quotidien, préservent notre patrimoine naturel.

L. K.

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