Selon les experts du secteur, ce recul pourrait atteindre jusqu’à 100 millions de centimes (1.000.000 DZD) sur certains modèles d’ici la fin de l’année. Une bouffée d’oxygène attendue par des milliers de ménages et d’opérateurs économiques.
L’effet mécanique de l’offensive des constructeurs chinois
Le premier grand moteur de cette déflation réside dans la stratégie commerciale agressive des constructeurs chinois récemment homologués en Algérie. Face à la baisse globale des prix de l’automobile sur le marché intérieur chinois et à la baisse des coûts du fret maritime international, des marques comme Geely, Chery ou Jetour disposent d’une marge de manœuvre tarifaire inédite.
Pour s’emparer de parts de marché dans un pays où la demande potentielle oscille entre 150.000 et 400.000 véhicules par an, ces opérateurs imposent des prix ultra-compétitifs et des niveaux d’équipements élevés de série.
Cette forte concurrence force directement les concessionnaires historiques d’Europe ou d’autres régions à compresser drastiquement leurs propres marges pour conserver leur attractivité.
L’accélération industrielle locale comme rempart à l’inflation
Au-delà des importations, le développement concret de la production nationale commence enfin à porter ses fruits. L’usine Fiat de Tafraoui, située dans la wilaya d’Oran, en est la parfaite illustration.
En augmentant ses cadences et en diversifiant les modèles assemblés localement, la structure répond plus rapidement aux commandes tout en éliminant une part significative des frais logistiques internationaux liés à l’importation de véhicules entièrement finis.
De plus, l’émergence progressive d’un écosystème de sous-traitance pour les pièces de rechange et les composants mécaniques essentiels permet de stabiliser les coûts globaux. Cette structuration industrielle offre aux constructeurs une meilleure visibilité financière, qui se répercute positivement sur les grilles tarifaires finales affichées en concession.
Une reconfiguration globale du secteur
Cette baisse imminente de près d’un million de dinars sur certains segments devrait également redessiner le marché de l’occasion. Longtemps caractérisé par des prix jugés disproportionnés en raison de la pénurie du neuf, le marché de seconde main va devoir s’aligner sur cette nouvelle donne.
L’accès facilité à des véhicules neufs, assortis de garanties constructeurs complètes, va naturellement pousser les prix de l’occasion vers le bas, rééquilibrant durablement l’ensemble de la filière automobile en Algérie.
N. A.






