Le redéploiement du secteur agricole vers une gestion plus performante, basée sur les atouts des nouvelles technologies et exploitant de façon rationnelle et durable les ressources naturelles du pays (foncier, ressources hydriques), requiert imparablement une nouvelle vision que devrait porter une législation adaptée aux défis de l’heure, ceux de la sécurité et de la souveraineté alimentaires.
C’est dans ce cadre que s’inscrit le nouveau projet de réforme de la loi fondamentale du secteur de l’agriculture, à savoir la loi d’orientation foncière, à laquelle le Conseil des ministres du 20 septembre dernier a conféré un nouvel intitulé, fort ambitieux, celui de «loi d’orientation agricole et de souveraineté alimentaire». Cette loi, une fois adoptée, viendra remplacer la loi n° 08-16 du 3 août 2008.
La nouvelle loi sera appelée, selon les orientations du président de la République, à prévoir des «mécanismes permettant d’affecter les superficies cultivées aux cultures annuelles en fonction des besoins, dans le but de réduire les importations et de s’orienter davantage vers l’autosuffisance dans le secteur».
De même, le ministre de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche, Sid Ali Khaldi, a déclaré, à la fin du mois dernier que «la révision de la loi d’orientation agricole, qui associera l’ensemble des acteurs concernés, marquera, sans nul doute, un tournant dans le secteur, permettant de s’adapter aux évolutions en cours dans le domaine agricole». Il a insisté sur le fait que la filière céréalière «est au cœur de cet enjeu», car elle représente la base de l’alimentation des Algériens tout en pesant sur la facture d’importation.
«Chaque quintal produit est un quintal de moins importé, mais surtout une devise économisée, un revenu décent généré pour nos agriculteurs et des emplois supplémentaires créés pour nos enfants», conclut-il.
Modernisation et amélioration des performances du secteur agricole
Le ministre de l’Agriculture est instruit pour «élaborer un bulletin mensuel et charger les walis d’assurer un suivi rigoureux, afin de déterminer les niveaux et volumes de production des différentes variétés de céréales, notamment le blé tendre et le blé dur».
Dans la foulée des mesures d’amélioration des performances de la production céréalière, l’Office algérien interprofessionnel des céréales (OAIC) et des instituts spécialisés du secteur de l’agriculture vont bénéficier d’une révision de leur rôle visant à «améliorer leurs performances et les moderniser et lutter contre toutes les formes de dérives dans le secteur de l’agriculture, du développement rural et de la pêche», selon les termes du communiqué du Conseil des ministres du 20 septembre dernier.
Les extensions successives de la surface agricole à la suite de la mise en valeur de nouvelles terres agricoles par plusieurs formules mises en place par les pouvoirs publics, les actions de développement rural et d’agriculture de montagne, l’extension du patrimoine oléicole jusqu’aux domaines de la steppe et nord Sahara, la perte de certaines terres à vocation agricole, déclassées suite aux programmes d’extension urbaine, les conflits entre individus ou communautés liés à la propriété et à l’exploitation des terres pastorales (âarchs ou individuelles), et, enfin, la perte de fertilité affectant certains sols ayant subi fortement le phénomène d’érosion, ont fait que, au cours de ces dernières années, le thème du foncier agricole remonte immanquablement à la surface pour bénéficier de l’attention des pouvoirs publics, des citoyens, des instances judiciaires (notaires, tribunaux) et des techniciens du domaine.
Mise à niveau législative dictée par les nouveaux enjeux
La mise à niveau de la législation agricole est dictée par les nouveaux défis qui pèsent sur le secteur agricole, l’industrie agroalimentaire et l’alimentation dans un contexte économique mondial tendu suite aux différents conflits géostratégiques et aux guerres commerciales que se livrent les grandes puissances, outre le contexte planétaire des changements climatiques, mais qui affecte de façon plus prononcée la région méditerranéenne.
Il s’ensuit que les objectifs fixés à la mise à niveau législative du secteur agricole, qui rompt avec la loi d’orientation foncière de 2008, largement dépassée par les événements, s’articulent autour de la souveraineté alimentaire qui commande de réduire impérativement le volume des importations de produits stratégiques (blé dur et blé tendre, légumineuses, oléagineux) et de tendre vers l’autosuffisance. Ensuite, il s’agit de travailler à une meilleure affectation des terres agricoles cultivées.
La nouvelle stratégie agricole impose également de faire valoir une vision prospective devant associer des spécialistes pour une organisation durable et moderne du secteur agricole, à commencer par la numérisation de l’administration, des offices et de tous les organismes intervenant dans la production, la commercialisation et les différentes prestations de services.
Le secteur agricole s’apprête également à l’élaboration d’un programme national de cartographie et d’étude des sols afin de connaître de façon exhaustive leurs potentialités agrologiques et mieux réussir leur affectation aux différentes cultures.
La nouvelle législation en préparation compte également renforcer l’encadrement du foncier, en mettant en place de nouveaux outils de régulation de l’exploitation des terres agricoles et en s’appuyant sur une cartographie pédologique élaborée de façon précise afin d’optimiser l’opération d’affectation des sols.
A. N. M.
Stockage des fruits, légumes et viandes : Mise en service d’un complexe frigorifique à Tissemsilt
Un complexe frigorifique destiné au stockage des fruits, des légumes et des viandes est récemment entré en service dans la wilaya de Tissemsilt, avec une capacité totale avoisinant les 5000 m³, a appris, hier, l’APS auprès de la cellule d’information et de communication de la wilaya.
Située dans la zone de Sidi Mansour, dans la commune de Khemisti, indique la même source, cette infrastructure devrait contribuer au renforcement des capacités de stockage de la wilaya et à l’amélioration de l’approvisionnement du marché local en produits alimentaires d’origine végétale et animale.
Baptisé « Frigo Medit », ce complexe comprend neuf chambres frigorifiques, dont sept, d’une capacité totale de 4 000 m³, sont destinées à la conservation de différentes variétés de fruits et légumes. Les deux autres chambres, équipées de systèmes de réfrigération à basse température, sont réservées au stockage des viandes de différentes catégories.
Cette infrastructure devrait également contribuer au soutien des agriculteurs et à la régulation du marché
local, notamment par l’absorption des excédents de production et la réduction des pertes liées à la détérioration des produits périssables. Elle devrait, en outre, générer des dizaines d’emplois au profit des jeunes, précise la même source. Par ailleurs, les capacités de stockage des céréales de la wilaya devraient être prochainement renforcées par la mise en exploitation d’un silo situé dans la zone de Sidi Mansour, dans la commune de Khemisti, dont la capacité annoncée est de 20 tonnes, selon la même source.R. E.






