Alger, Algérie

lundi 26 octobre 2026 01:39

Projet ferroviaire Alger-Tamanrasset : Un levier d’intégration régionale selon la BAD

Projet ferroviaire Alger-Tamanrasset : Un levier d’intégration régionale selon la BAD

Les préparatifs du chantier s’accélèrent. La BAD et la BID mettent en avant le potentiel économique et régional du corridor.

Le 18 octobre dernier, le président Abdelmadjid Tebboune a ordonné le lancement immédiat du projet ferroviaire Laghouat-El Meniaâ-In Salah-Tamanrasset, à partir de Tamanrasset.

Le lendemain, la Banque africaine de développement (BAD) a rendu compte d’une mission menée avec la Banque islamique de développement (BID) auprès des autorités algériennes. Le ministre des Travaux publics, Abdelkader Djellaoui, a réuni, le 20 octobre, les responsables concernés pour accélérer et finaliser les préparatifs.

Le projet reliera Laghouat, Ghardaïa, El Meniaa, In Salah et Tamanrasset. Le calendrier annoncé en avril prévoit une mise en service à la fin de 2028. Le 20 octobre, la réunion ministérielle a examiné les préparatifs des tronçons Laghouat-Ghardaïa (265 kilomètres), Ghardaïa-El Meniaâ (230 kilomètres), El Meniaâ-point kilométrique 216 et Tamanrasset-Moulay Lahcen (213 kilomètres). Le lancement effectif dépend de leur aboutissement.

C’est dans cette phase que s’inscrit la mission de la BAD et de la BID, conduite du 21 septembre au 1er octobre entre El Meniaâ et Tamanrasset. Dans sa communication publiée le 19 octobre, la BAD a présenté le corridor comme «un moteur de développement économique pour le Grand Sud algérien» et un levier d’intégration régionale, du Maghreb à l’Afrique de l’Ouest.

La mission a réuni neuf experts multisectoriels sous la conduite de Abdoulkader Dileita, responsable pays du Groupe de la BAD pour l’Algérie, et de Ahmed Ag Aboubacrine, directeur de la plateforme régionale de la BID pour l’Afrique du Nord.

Les échanges avec le ministère des Travaux publics et des Infrastructures de base et l’Agence nationale d’études et de suivi de la réalisation des investissements ferroviaires (ANESRIF) ont porté sur la diversification économique. Ces échanges s’inscrivent dans la continuité de l’intervention de la BAD sur l’axe Laghouat-Ghardaïa-El Meniaâ, dont la deuxième phase a obtenu en juillet un financement de 878,09 millions de dollars.

Le maillon El Meniaâ-In Salah-Tamanrasset couvre 1086 kilomètres. La délégation a parcouru plus de 2000 kilomètres par voie terrestre à travers dix wilayas. La liaison doit rapprocher les bassins de production des marchés nationaux et des ports.

Le rail pourrait faciliter l’acheminement des produits agricoles, des ressources minières et des biens industriels. La BAD estime qu’il pourrait «améliorer la compétitivité des entreprises et valoriser les ressources du Sahara algérien», qui couvre plus de deux millions de kilomètres carrés au sud de l’Atlas.

Entreprises, emploi et échanges africains

L’enjeu économique ne se limite pas au transport des marchandises. La BAD cite les activités agricoles, minières, industrielles et logistiques parmi celles qui pourraient se développer le long du tracé. Leur essor pourrait soutenir la création d’entreprises, l’emploi des jeunes et l’émergence de start-up dans les services liés au transport et à la logistique.

L’institution insiste sur la nécessité de faire bénéficier les territoires desservis des possibilités économiques associées au corridor. Leur concrétisation dépendra de la réalisation de la ligne et de la capacité des territoires à accueillir ces activités.

La ligne doit renforcer les connexions avec les réseaux de transport africains existants ou en projet et faciliter les échanges avec le Sahel et le reste du continent. La BAD rattache le corridor aux objectifs de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), notamment au développement des échanges intra-africains et des chaînes de valeur régionales.

La mission a aussi examiné la durabilité et la résilience du projet, ainsi que la valorisation du savoir-faire acquis lors de sa préparation et de sa mise en œuvre.

Abdoulkader Dileita a résumé l’ambition portée par le corridor : «l’enjeu est de faire du corridor Alger-Tamanrasset bien plus qu’une infrastructure de transport : il doit devenir un corridor économique qui rapproche les territoires, les bassins de production et les marchés, et qui renforce l’intégration de l’Algérie avec le Niger et le reste de l’Afrique de l’Ouest», a-t-il affirmé.

Il a ajouté : «La Banque est prête à poursuivre ce travail avec les autorités algériennes, ainsi qu’avec les institutions régionales et internationales, afin de traduire cette ambition en résultats concrets».

La stratégie nationale prévoit de porter le réseau ferroviaire algérien, le deuxième du continent selon la BAD, de 6000 kilomètres actuellement à 15 000 kilomètres à l’horizon 2030.

La Banque a réaffirmé sa volonté de poursuivre le dialogue avec les autorités et préconise des opérations multisectorielles au service de la compétitivité et de la diversification.

T. A. L.

Lire le journal

Lisez l’édition du jour en ligne facilement.

Newsletter Actualité

Recevez chaque matin l’essentiel de l’actualité du domaine.