Alger, Algérie

lundi 26 octobre 2026 01:39

Hausse des prix du pétrole : Une bouffée d’oxygène pour les finances publiques

Hausse des prix du pétrole : Une bouffée d’oxygène pour les finances publiques

Avec une prévision de croissance soutenable pour l’année 2027, avoisinant les 4,2 %, l’économie nationale consolidera davantage sa résilience, tout en tirant profit de la hausse des prix des hydrocarbures.

D’ailleurs, les prévisions des institutions mondiales, notamment le Fonds monétaire international (FMI), sont en faveur de l’Algérie. Dans son dernier rapport, le FMI prévoit une poursuite de la hausse des prix du pétrole en 2026 et 2027, indiquant que leur évolution dépendra de la durée de la guerre au Moyen-Orient et de la rapidité du rétablissement de l’approvisionnement.

En effet, le FMI prévoit un prix moyen du pétrole de 95,74 dollars le baril en 2026, avant un recul à 87,39 dollars en 2027, selon son scénario de référence. Ces prévisions représentent des hausses respectives de 7,2 % et de 11 % par rapport aux estimations précédentes publiées en juillet 2026.

La même source indique que les prix du pétrole pourraient grimper jusqu’à 130 dollars le baril si le conflit dans la région du Moyen-Orient se prolonge, notamment avec la fermeture du détroit d’Ormuz.

Le pétrole à 130 dollars dans un scénario de crise prolongée

Un scénario envisagé par le Fonds monétaire international (FMI) suppose que le conflit se poursuive jusqu’à fin juin 2027, que les détroits d’Ormuz et de Bab el-Mandeb restent fermés, que les infrastructures pétrolières continuent de subir des dommages et que le rétablissement de l’approvisionnement soit retardé jusqu’à la fin de l’année.

Dans ce scénario, la production pétrolière de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) diminuerait de 10 % en 2026 par rapport au scénario de référence, puis de 22 % en 2027, avant de retrouver ses niveaux normaux en 2028.

Les prix du pétrole atteindraient 130 dollars le baril entre le quatrième trimestre de 2026 et le premier trimestre de 2027, selon les estimations relevées par l’unité de recherche sur l’énergie. En moyenne, ils augmenteraient de 17 % en 2026 et de 40 % en 2027 par rapport au scénario de référence, avant de revenir à leurs niveaux antérieurs au quatrième trimestre de 2027.

Ces hausses auront un impact positif sur l’économie algérienne, d’autant que le budget de l’exercice de l’année prochaine est calculé sur la base d’un prix de référence fiscal du baril de pétrole de 60 dollars et d’un prix de marché estimé à 70 dollars.

Le ministre a expliqué, dans sa présentation, que cette approche prévisionnelle prudente tient compte des incertitudes liées à l’évolution de la conjoncture économique internationale et des fluctuations potentielles des marchés des hydrocarbures.

Dans le cadre du PLF 2027, présenté avant-hier par le ministre des Finances, Mohammed Lamine Lebbou, devant la commission des finances et du budget, 2 652,3 milliards de DA de recettes sont à générer par la fiscalité pétrolière, contre 2 697,9 milliards de DA inscrits au budget de l’année courante, en 2026.

Toutefois, la hausse des prix au cours de l’année en cours a eu un effet positif sur les recettes de la fiscalité pétrolière, qui devraient augmenter à 4 157,2 milliards de DA, soit le double de la prévision initiale.

Selon l’exposé du premier argentier du pays, ces recettes sont le résultat de l’augmentation des volumes exportés et de l’évolution favorable des prix à l’exportation.

Cet excédent de la fiscalité pétrolière devrait permettre d’alimenter le Fonds de régulation des recettes (FRR) à hauteur d’environ 1 459,3 milliards de dinars.

Des réserves de change consolidées

En clair, le maintien des prix du pétrole à des niveaux appréciables, entre 85 et 100 dollars le baril, permettra à l’Algérie d’engranger de nouvelles recettes, tout en consolidant ses réserves de change, estimées entre 46,5 milliards et 47,85 milliards de dollars fin 2026, selon les dernières prévisions du FMI sur l’Algérie.

Le Président Tebboune avait affirmé que les réserves de change du pays se situent à un « niveau acceptable » et assurent la couverture des importations pour environ 17 à 18 mois (soit près d’un an et demi), rejetant ainsi les prévisions alarmistes du Fonds monétaire international (FMI), qui prévoyait une forte chute des réserves de change de l’Algérie à 19,8 milliards de dollars à l’horizon 2031.

Le chef de l‘État avait contesté ces chiffres, assurant qu’elles resteraient à un niveau élevé et soutenu.

Des ressources essentielles (les réserves de changes) pour le gouvernement afin de poursuivre les grands investissements, notamment dans les infrastructures, de maintenir sa politique socioéconomique et, en particulier, de réduire le déficit budgétaire, avoisinant les 63 milliards de dollars. Un niveau élevé, mais qui reste soutenable pour les équilibres budgétaires de l’Algérie, selon des experts.

Ainsi, cette hausse des prix du pétrole est également considérée comme une bouffée d’oxygène pour l’économie nationale, en pleine dynamisation et diversification.

D’ailleurs, depuis 2020, l’Algérie s’est lancée dans un vaste chantier de réformes et de relance économique. Des budgets importants ont été alloués pour soutenir des secteurs stratégiques comme l’agriculture, l’industrie, les infrastructures et les services.

Une démarche qui s’inscrit dans la volonté du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, de libérer l’économie nationale du modèle rentier et de passer à un nouveau modèle économique diversifié, dans lequel une grande partie des besoins des Algériens serait couverte par le « made in Bladi », avant d’aller à la conquête de parts de marché à l’international.

Dans le PLF 2027, les recettes hors fiscalité pétrolière devraient atteindre 6 598,8 milliards de dinars, portées notamment par la progression des recettes fiscales, la modernisation de l’administration fiscale et l’amélioration du recouvrement.

Au total, les recettes budgétaires sont prévues à 9 251,1 milliards de dinars en 2027. Cette diversification économique permettra ainsi de porter le PIB à 48 723,2 milliards de DA, soit un niveau proche des 400 milliards de dollars de PIB, comme l’a fixé le président Tebboune, permettant à l’Algérie de rejoindre le cercle des pays émergents.

H. O.

Le Brent à 104,6 dollars

Le prix du pétrole baissait mardi en cours d’échanges européens après une forte hausse lundi. Le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en décembre, perdait 1,92 %, à 104,60 dollars. Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate (WTI), pour livraison en novembre, tombait de 2,08 %, à 91,79 dollars.

En revanche, le cours du gaz européen est monté mardi à son plus haut niveau depuis décembre 2022, dopé par les ruptures d’approvisionnement en provenance du Golfe et des réserves allemandes faibles. Le contrat à terme du TTF néerlandais, référence du gaz pour l’Europe, grimpait de 2,17 %, à 86,19 euros le mégawattheure, après s’être affiché au plus haut à 86,79 euros vers 08H30 GMT. « Le marché se confronte à l’idée que nous nous apprêtons à traverser une grande partie de l’hiver dans l’hémisphère nord avec très peu d’approvisionnements en gaz naturel liquéfié (GNL) provenant de la région du Golfe », ont souligné des analystes.

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