Alger, Algérie

lundi 26 octobre 2026 01:40

Exportations d’urée : L’Algérie parmi les principaux fournisseurs de l’Inde

Exportations d’urée : L’Algérie parmi les principaux fournisseurs de l’Inde

Selon ces chiffres sur les trois premiers mois de l’exercice fiscal 2026-2027, l’Inde a importé environ 2,5 millions de tonnes d’urée. L’Égypte arrive en tête des fournisseurs avec 609.000 tonnes, devant l’Algérie avec 245.000 tonnes, le Nigeria avec 244.000 tonnes et la Géorgie avec 211.000 tonnes.

La part algérienne représente ainsi près de 9,8% des importations indiennes d’urée sur la période. L’Algérie se classe également deuxième fournisseur, à seulement 1.000 tonnes du Nigeria, tandis que les trois fournisseurs africains — Égypte, Algérie et Nigeria — concentrent à eux seuls près de 44% des importations indiennes.

La performance prend davantage de relief lorsqu’elle est comparée à celle de l’exercice précédent. L’Inde avait importé environ 217.059 tonnes d’urée algérienne durant l’exercice 2025-2026.

En trois mois seulement, les volumes atteignent donc 245.000 tonnes, soit une progression de près de 27.900 tonnes, ou 12,9%, par rapport à l’ensemble de l’année précédente.

Diversification et sécurisation des approvisionnements indiens

Cette évolution traduit la montée en puissance des fournisseurs africains dans la stratégie d’approvisionnement de New Delhi. L’Algérie avait déjà été identifiée par les autorités indiennes parmi les pays capables de fournir de l’urée dans le cadre de la diversification des sources d’importation.

Cette progression intervient dans un contexte marqué par les perturbations des chaînes d’approvisionnement liées aux tensions au Moyen-Orient. La dépendance de l’Inde aux fournisseurs du Golfe expose en effet ses importations d’engrais aux risques liés au transport maritime et aux éventuelles perturbations du trafic dans le détroit d’Ormuz. Pour limiter ces risques, New Delhi a intensifié ses démarches auprès de nouveaux fournisseurs.

Le gouvernement indien a notamment mobilisé son réseau diplomatique afin d’identifier des producteurs et de sécuriser des cargaisons supplémentaires. L’Algérie, l’Égypte et le Nigeria figurent parmi les pays sollicités.

Les autorités indiennes ont également multiplié les appels d’offres internationaux afin de constituer des stocks suffisants pour la campagne agricole. Cette politique contribue à soutenir la demande adressée aux producteurs étrangers, même si l’Inde cherche parallèlement à renforcer ses capacités nationales.

Un enjeu stratégique pour l’industrie algérienne

Pour l’Algérie, l’enjeu dépasse la seule progression des volumes exportés. L’urée constitue un produit industriel à valeur ajoutée, fabriqué à partir de gaz naturel, et représente à ce titre l’un des débouchés permettant de transformer une ressource énergétique en produit industriel destiné à l’exportation.

La filière algérienne s’appuie notamment sur Sorfert Algérie et l’Algérienne des engrais (AOA).

La progression des expéditions vers l’Inde offre ainsi aux producteurs nationaux un accès renforcé à un marché de grande taille et à forte consommation agricole. Cette dynamique s’inscrit également dans les efforts de l’Algérie visant à accroître ses exportations hors hydrocarbures et à diversifier ses débouchés internationaux.

Un marché indien structurellement demandeur

Malgré le développement de sa production nationale, l’Inde demeure un importateur majeur d’urée. Le pays dispose actuellement de 33 unités de production, pour une capacité annuelle d’environ 26,9 millions de tonnes.

Cette production ne suffit toutefois pas à couvrir l’ensemble des besoins du secteur agricole. La demande indienne continue donc de soutenir les importations, notamment lors des périodes de forte consommation.

New Delhi cherche simultanément à développer de nouvelles capacités de production et à sécuriser ses approvisionnements extérieurs, afin de limiter les risques de pénurie et l’exposition aux fluctuations des marchés internationaux.

Vers un positionnement commercial durable

Dans ce contexte, la progression des exportations algériennes apparaît comme une opportunité commerciale durable. En dépassant en un seul trimestre les volumes exportés vers l’Inde durant tout l’exercice précédent, l’Algérie confirme sa capacité à gagner des parts sur le marché international de l’urée.

Le défi sera désormais de transformer cette accélération en présence commerciale durable, alors que l’Inde poursuit la diversification de ses fournisseurs et que la concurrence internationale sur le marché des engrais reste particulièrement forte.

K. B.

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