Cette orientation a été mise en avant par Massad Boulos, conseiller principal du président américain pour l’Afrique, les affaires arabes et le Moyen-Orient, après une réunion qu’il a qualifiée de « productive » avec des représentants d’ExxonMobil consacrée aux opportunités commerciales et aux investissements en Algérie et en Libye.
Dans un message publié sur X, le responsable américain a souligné le rôle de la major pétrolière dans les efforts de Washington visant à développer les débouchés des entreprises américaines en Afrique du Nord et à « renforcer les liens économiques ».
Au-delà de la dimension diplomatique, cette démarche traduit l’intérêt des États-Unis pour les perspectives offertes par les marchés énergétiques de la région, notamment celui de l’Algérie.
Ainsi, pour Alger, l’intérêt manifesté par Washington intervient dans un contexte où la diversification des partenariats énergétiques, l’augmentation des capacités de production et la valorisation des ressources nationales constituent des enjeux économiques majeurs.
Les relations entre les deux pays disposent déjà d’un point d’ancrage industriel avec les discussions engagées entre ExxonMobil et Sonatrach.
Du 12 au 16 octobre, une délégation du groupe public algérien, conduite par son PDG, Noureddine Daoudi, s’est rendue aux États-Unis pour rencontrer des responsables de la compagnie américaine.
Les échanges ont notamment porté sur les possibilités de coopération dans l’exploration et le développement des ressources en hydrocarbures.
Cette séquence intervient dans le prolongement du mémorandum d’entente conclu en 2024 entre les deux groupes.
Celui-ci porte notamment sur l’évaluation du potentiel gazier des bassins d’Ahnet et de Gourara, dans le Sud-Ouest algérien, des zones susceptibles de présenter des opportunités importantes dans le domaine du gaz naturel.
L’expertise d’ExxonMobil dans l’exploration et la production pourrait constituer un apport technologique pour le développement de ces ressources.
Pour Sonatrach, l’enjeu consiste à évaluer leur viabilité technique et économique, tout en déterminant les conditions permettant de transformer ce potentiel en capacités de production supplémentaires.
D’ailleurs, lors de la signature du protocole d’entente en mars 2024, ExxonMobil avait évoqué la possibilité de dégager plus de 20 milliards de mètres cubes de gaz naturel supplémentaires potentiellement disponibles à l’exportation.
Cette perspective reste toutefois tributaire des résultats des études, des conditions d’exploitation et des décisions d’investissement.
Un rapprochement économique qui dépasse les hydrocarbures
L’intérêt américain pour le marché algérien s’inscrit dans une dynamique diplomatique plus large.
En septembre dernier, Massad Boulos a effectué sa troisième visite en Algérie, après ses déplacements de juillet 2025 et de janvier 2026.
Il a alors rencontré le ministre des Affaires étrangères, Ahmed Attaf, avant d’être reçu par le président Abdelmadjid Tebboune.
Il s’est également entretenu avec le Premier ministre, Sifi Ghrieb, et le PDG de Sonatrach.
Ces échanges ont mis en évidence la volonté des deux parties de consolider leur coopération, en particulier dans le domaine énergétique.
Pour Washington, l’Algérie représente un partenaire susceptible d’offrir de nouvelles perspectives commerciales à ses entreprises.
Pour Alger, le développement de ces relations peut contribuer à attirer des capitaux, à renforcer les transferts de savoir-faire et à soutenir la valorisation des ressources nationales.
Le défi sera désormais de concrétiser les signaux diplomatiques en engagements industriels et financiers.
La progression du dossier ExxonMobil-Sonatrach constituera, à cet égard, un indicateur important de la capacité des deux pays à approfondir leur partenariat économique.
K. B.





