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lundi 26 octobre 2026 03:35

CDD - CDI : ne faut-il pas en finir avec cette dualité dépassée à l’heure de l’intelligence artificielle ?

CDD – CDI : ne faut-il pas en finir avec cette dualité dépassée à l’heure de l’intelligence artificielle ?

Dans l’esprit de beaucoup de salariés, les deux modes de recrutement que sont le contrat à durée déterminée (CDD) et le contrat à durée indéterminée (CDI) ne présentent pas les mêmes avantages.

Dans l’esprit de beaucoup de salariés, les deux modes de recrutement que sont le contrat à durée déterminée (CDD) et le contrat à durée indéterminée (CDI) ne présentent pas les mêmes avantages.

Par L. HAMIDI

Le premier est souvent perçu comme un contrat court, flexible, mais dépourvu de stabilité, tandis que le second est présenté comme un contrat stable et protecteur des intérêts du salarié. Cependant, peut-on encore affirmer, à l’heure de l’intelligence artificielle et des parcours professionnels de plus en plus fragmentés, qu’un mode d’embauche est supérieur à un autre ?

Cette dualité, provenant d’un imaginaire dépassé, apparaît aujourd’hui de moins en moins pertinente, tant l’univers professionnel se transforme et les carrières évoluent. Le CDI, qui garantit la sécurité de l’emploi et offre un certain confort, n’est plus à idéaliser, car l’environnement économique actuel n’est plus celui d’hier : les méthodes évoluent tandis que les itinéraires professionnels se redéfinissent en permanence.

L’évolution technologique et les avancées scientifiques ont profondément modifié la conception traditionnelle de l’emploi. La stabilité professionnelle autrefois incarnée par le CDI n’est plus une garantie absolue. Le salarié doit désormais s’adapter continuellement dans un environnement où la sécurité de l’emploi n’est plus assurée comme auparavant.

Le contrat à durée indéterminée cesse d’être nécessairement la clé de la réussite professionnelle, dans la mesure où des milliers d’emplois disparaissent chaque année dans différentes branches économiques, notamment les emplois répétitifs, tels que le secrétariat, l’administration, le domaine de l’informatique, les rédacteurs de contenus, etc.

Même la profession d’avocat et, plus largement, les métiers du droit sont désormais impactés par l’introduction de l’intelligence artificielle. Les recherches juridiques ou l’analyse de contrats sont aujourd’hui en grande partie automatisées.

Les professionnels du droit peuvent toutefois recourir à l’IA pour automatiser les tâches répétitives et, ce faisant, se concentrer sur des missions à plus forte valeur ajoutée, notamment l’analyse et la stratégie dans le traitement des litiges.

Cependant, les capacités de jugement, de négociation ainsi que l’empathie qui caractérise la relation client ne peuvent être remplacées par la machine. La sensibilité et la profondeur humaine demeurent, à ce jour, irremplaçables.

C’est dire que, dans le contexte actuel, le CDI n’assure plus, à lui seul, la durabilité de l’emploi. L’intelligence artificielle bouleverse profondément le travail salarié et remet en question les habitudes établies : la garantie d’un emploi à vie tend à devenir illusoire.

Dès lors, l’idée d’un CDD synonyme de précarité absolue n’est plus une vérité incontestable. Il est vrai que le contrat à durée déterminée reste fragile et représente une forme d’instabilité liée à un renouvellement incertain et à des perspectives d’embauche limitées.

Néanmoins, dans certains milieux professionnels dynamiques, le contrat de courte durée peut être perçu comme une opportunité d’acquérir de l’expérience et de diversifier ses compétences. Le CDD peut alors être considéré comme un levier de progression plutôt que comme un frein à la carrière.

Pour les employeurs, le CDI apparaît souvent comme un contrat rigide, aux conséquences financières importantes, notamment en période d’incertitude économique. Le CDD devient alors un outil de prudence adapté à la conjoncture économique et aux aléas du marché du travail.

Pourquoi maintenir cette dualité héritée d’une période révolue et susceptible de fracturer la société ? Elle soulève également des enjeux d’égalité entre les individus et de cohésion sociale. Syndicats et employeurs sont ainsi confrontés à un dilemme : toute remise en cause de la structure d’emploi fait craindre, des deux côtés, des mouvements sociaux aux conséquences incertaines.

Ne faut-il pas, dès lors, inventer un nouveau système conciliant à la fois sécurité et flexibilité ? Dans un monde en pleine mutation, le maintien de cette dichotomie, issue d’un contexte d’embellie économique et de trajectoires professionnelles prévisibles, semble de moins en moins adapté.

Les deux catégories de contrats, CDD et CDI, semblent en décalage avec les profondes mutations scientifiques et technologiques qui redessinent l’univers du travail.

L. H.
Docteur en droit 

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