Selon les même sources, un éventuel allègement des droits de douane sur les exportations américaines de gaz naturel liquéfié est discuté dans le cadre d’un dispositif plus large prévoyant une réduction des tarifs douaniers sur environ 30 milliards de dollars de marchandises par les États-Unis et la Chine.
En février 2025, faut-il rappeler, la Chine a imposé un droit de douane de 15 % sur le GNL amé- ricain en représailles aux droits de douane décrétés par le président Donald Trump sur les produits chinois. Cette mesure a de facto interrompu les échanges de GNL entre les États-Unis et la Chine, les dernières cargaisons importantes étant arrivées au début de cette même année, indique l’agence de presse britannique.
Les producteurs américains de GNL, selon ce média, « recherchent de nouveaux marchés pour absorber la vague de nouvelles capacités d’exportation qui se construisent le long de la côte américaine du golfe du Mexique, des années de tensions commerciales avec la Chine ayant rendu l’un des plus grands marchés mondiaux du GNL moins accessible ».
Ces discussions s’inscrivent, précise Reuters, dans le cadre des efforts déployés pour stabiliser les relations commerciales avant la rencontre du 24 septembre entre Trump et Xi, et ne sont pas définitives, ont indiqué les sources. Ni la Maison Blanche ni l’ambassade de Chine à Washington n’ont répondu aux demandes de commentaires.
L’industrie américaine du GNL entre dans une phase d’expansion majeure, avec une capacité d’exportation qui devrait augmenter d’environ 10 milliards de pieds cubes par jour d’ici 2027 à mesure que de nouvelles installations et des installations agrandies se mettent en service, avec des projets impliquant Cheniere Energy, Venture Global, Sempra et Exxon Mobil.
Le retour des acheteurs chinois, souligne la même source, offrirait aux producteurs américains une autre destination majeure pour leur gaz, au moment même où les bouleversements géopolitiques redessinent les flux énergétiques mondiaux, contribuant potentiellement à soutenir la demande pour les projets actuellement en construction et ceux qui recherchent des financements et des clients à long terme.
Sur les près de 100 millions de tonnes de capacité de GNL en construction aux États-Unis, 24,5 millions de tonnes n’ont pas encore fait l’objet de contrats avec des clients à long terme, selon les estimations de l’industrie et l’analyse de Reuters.
Reprises des exportations vers la Chine
En raison de la guerre en Ukraine qui a perturbé l’accès de l’Europe au gazoduc russe, les cargaisons de GNL américain qui auraient autrement pu être acheminées vers l’Asie se sont de plus en plus tournées vers l’Europe.
Le conflit en cours au MoyenOrient entre les États-Unis et l’Iran a, également , engendré un autre bouleversement des flux énergétiques mondiaux, les perturbations des approvisionnements accentuant la concurrence pour les cargaisons de GNL en Asie.
La Chine est le premier importateur mondial de GNL et les États-Unis le premier exportateur mondial de GNL, ce qui incite les deux pays à rétablir des relations commerciales qui se développaient rapidement avant le différend tarifaire, fait savoir l’agence de presse britannique selon laquelle les exportations américaines de GNL vers la Chine sont passées de 64 navires en 2024 à pratiquement zéro en 2025 après l’imposition de droits de douane par Pékin, selon les données du gouvernement américain.
En 2021, rappelle la même source, ce nombre avait atteint un record de 131 navires, reflétant la croissance rapide du commerce américain de GNL avec la Chine après le début des exportations à grande échelle en provenance des 48 États contigus en 2016.
Les livraisons de GNL américain à la Chine ont chuté à seulement deux navires en 2019, au cours du conflit commercial qui a opposé Trump à Pékin durant son premier mandat, avant de rebondir fortement en 2020 et 2021.
En effet, ces derniers mois, plusieurs cargaisons américaines parties des terminaux d’exportation de la côte du Golfe sont arrivées en Chine ou sont en route vers celle-ci, selon les données de transport maritime de LSEG citées par Reuters, ce qui suggère que les acheteurs chinois ont commencé à revenir sur le marché américain même si les droits de douane restaient en vigueur.
La même source indique que les exportations américaines de GNL ont atteint en moyenne 17,4 milliards de pieds cubes par jour au cours du premier semestre 2026, soit une hausse de 23 % par rapport à l’année précédente, selon l’Agence américaine d’information sur l’énergie (EIA).
S. R.





