Ainsi, les marchés de proximité en Algérie, confirment leur rôle de levier d’autonomisation économique pour nombre de familles productives. En ce mois de Ramadhan, la seule ville de Constantine a enregistré un total de 96 familles productives qui y ont participé a indiqué, hier, à APS, le directeur de l’action social et de la solidarité (DASS).
Par Hakim O.
Ce dispositif, particulièrement dynamique lors de périodes de forte consommation comme le mois de Ramadhan, leur permet, en effet, de transformer un savoir-faire artisanal en une source de revenus stable.
En outre, ce type de marchés gratifie le consommateur et le producteur de l’avantage de la vente directe sans intermédiaires, ce qui les favorise. D’abord, dans la mesure où les producteurs ont l’opportunité de faire montre de leur savoir-faire en exposant leurs produits issus de l’agro-industrie traditionnelle, du textile (couture), de la poterie, ou encore de l’apiculture.
Ensuite, du fait de l’impact social de ces marchés sur prioritairement les femmes sans revenu, les veuves et les femmes chefs de famille, qui, ainsi, ont la possibilité de renforcer leur autonomie financière, notamment.
Quant au consommateur, l’avantage est double : un produit de qualité parce que non industriel mais plus artisanal, et accessible pour les petites et moyennes bourses, puisque vendu directement sans intermédiaires.
Pour soutenir ces activités, l’État a instauré un cadre réglementaire et financier via le ministère de la Solidarité Nationale. Et ce, à travers une subvention financière, soit une aide comprise entre 80 000 et 100 000 DA (aide encadrée par le décret), octroyée pour lancer ou développer une micro-activité familiale.
En termes d’accompagnement, des commissions de wilaya étudient les dossiers pour garantir que les familles possèdent les compétences artisanales nécessaires.
Pourquoi ne pas pérenniser l’initiative ?
Cependant, si ces marchés sont si efficaces pendant le Ramadhan, pourquoi ne pas les pérenniser ? En réalité, il y a une volonté politique d’aller dans ce sens, mais plusieurs défis logistiques et économiques freinent encore une généralisation totale tout le long de l’année.
En termes logistiques, le problème se pose dans la mesure où pendant le Ramadhan, beaucoup de ces marchés occupent des espaces provisoires (chapiteaux, places publiques, salles omnisports).
Par conséquent, transformer un marché de « chapiteaux » en structure permanente demande des investissements en dur (viabilisation, électricité, sanitaires).
Par ailleurs, pour vendre toute l’année, notamment en été, il faut des équipements frigorifiques coûteux pour garantir la sécurité alimentaire.
Autre contrainte se dressant contre la possibilité de pérenniser l’initiative, elle touche aux capacités de production objectives des familles y participant, sachant que produire en flux tendu toute l’année demande une organisation quasi industrielle que toutes les familles n’ont pas encore.
Par ailleurs, hors période de forte consommation (comme le Ramadhan ou les fêtes), ces familles font face à la concurrence féroce des commerces de quartier et des grandes surfaces qui cassent les prix sur le long terme.
La pérennisation dépend donc énormément de la gestion des communes. Si l’APC propose des loyers symboliques ou des exonérations de taxes aux familles productives toute l’année, le modèle devient viable. Sans cela, les frais fixes deviennent trop lourds pour de petits artisans.
H. O.
Activités éligibles au financement
Le programme « Famille Productive » privilégie les activités artisanales, manuelles et de transformation.
1. Agro-alimentaire traditionnel
- Transformation de céréales : Fabrication de couscous artisanal, de frik, de pâtes traditionnelles (rechta, trida).
- Gâteaux traditionnels : Pâtisserie algérienne pour les fêtes et le quotidien.
- Condiments et conserves : Fabrication de harissa maison, séchage d’épices, confitures artisanales et vinaigre.
- Plats cuisinés : Préparation de repas traditionnels sur commande.
2. Artisanat et Travaux manuels
Activités nécessitant un petit outillage que la subvention permet d’acheter :
- Couture et Broderie : Confection de vêtements traditionnels (Karakou, Gandoura), linge de maison ou couture moderne.
- Tissage et Tapisserie : Fabrication de tapis traditionnels ou de couvertures en laine.
- Poterie et Céramique : Objets utilitaires ou décoratifs.
- Vannerie : Articles en osier, en rotin ou en palmier (couffins, chapeaux).
3. Petit élevage et Agriculture familiale
Idéal pour les zones rurales ou périurbaines :
- Apiculture : Achat de ruches et petit matériel d’extraction de miel.
- Élevage de volailles : Aviculture à petite échelle (poules pondeuses, lapins).
- Distillation d’huiles : Extraction d’huiles essentielles ou d’eaux florales (fleurs d’oranger, rose).
4. Services et Recyclage
- Réparation de vêtements : Retouches et transformation de tissus.
- Recyclage créatif : Transformation de matériaux récupérés en objets de décoration ou d’utilité domestique.
Critères de sélection (Important)
Pour que l’activité soit validée par la commission de la DASS, elle doit répondre à trois conditions :
- Maîtrise technique : La candidate (ou le candidat) doit prouver son savoir-faire (diplôme, attestation de formation ou test pratique).
- Viabilité : L’activité doit générer un revenu régulier pour la famille.
- Localisation : Une priorité est accordée aux familles résidant dans les zones d’ombre ou les communes rurales.





