Fruit d’une initiative portée par l’investisseur privé Noureddine Hachache, le complexe SOKON Algérie, implanté dans la zone d’activités de Zana El Beïda à Batna, s’apprête à redessiner le paysage de l’industrie automobile nationale.
Évalué à 9,8 milliards de dinars, ce projet d’envergure a fait l’objet d’une visite du directeur général de l’Agence algérienne de promotion de l’investissement (AAPI), Omar Rekkache, accompagné du wali de Batna, Riadh Ben Ahmed.
Face au promoteur, les représentants de l’État ont salué l’exemplarité de la cadence d’exécution.
Depuis l’attribution de l’assiette foncière en mars 2025 et l’obtention du permis de construire en mai de la même année, les travaux, amorcés le 15 juin 2025, illustrent la concrétisation rapide du projet.
Le directeur général de l’AAPI s’est félicité du sérieux de la démarche, soulignant qu’elle s’inscrit dans une logique d’accompagnement institutionnel et non de simple contrôle bureaucratique.
Ancrage industriel
S’étendant sur 13,6 hectares, le complexe ambitionne de porter sa production globale à 60 000 véhicules par an, répartis sur trois lignes distinctes.
La première, d’ores et déjà dotée de ses équipements et en phase d’essais techniques, se consacrera aux camions de 4,5 à 10 tonnes, visant une capacité nominale de 30 000 unités par an.
À court terme, le calendrier impose le respect des étapes réglementaires, notamment l’obtention de l’agrément définitif, l’importation de véhicules prototypes et la validation des homologations.
Sous réserve de ces validations, la sortie des chaînes du premier camion est officiellement programmée pour janvier 2027.
La première phase d’exploitation mettra à l’honneur trois modèles de camions de la marque HANOU (H73, H78 et H120) ainsi que deux déclinaisons de camions SOKON à cabine simple et double.
Les segments des véhicules utilitaires, des poids lourds et des autobus seront introduits lors des phases ultérieures, à mesure que les infrastructures, dont le taux d’avancement global atteint déjà 55% pour les deuxième et troisième lignes, parachèveront leur montée en puissance.
Au-delà des performances capacitaires, le projet ambitionne de structurer un véritable écosystème industriel territorial.
Formation et intégration locale : les clés de la pérennité
Le volet de l’emploi constitue un premier marqueur fort, avec 450 postes directs et 1 200 postes indirects attendus dès le démarrage, des volumes qui devraient s’élever à 1 350 emplois directs et 3 000 indirects lors de la seconde phase.
Pour répondre aux exigences de qualification de cette main-d’œuvre, une coordination étroite a été actée avec le ministère de la Formation professionnelle, tandis qu’un premier contingent de salariés a d’ores et déjà été recruté.
Parallèlement, le promoteur entend ériger l’intégration locale en fer de lance, visant un taux de 60% à terme.
Cet objectif s’appuie d’une part sur des synergies territoriales, à travers des collaborations amorcées avec des fabricants locaux de composants plastiques et la création programmée d’unités de carrosserie dans la wilaya de Batna.
D’autre part, il repose sur le développement d’un tissu de sous-traitance dense, formalisé par la signature de contrats avec des microentreprises et des start-up spécialisées dans la fourniture de faisceaux électriques et de plaquettes de frein.
Pour accompagner cette dynamique, l’AAPI a d’ores et déjà préparé des assiettes foncières dans six zones d’activités destinées à accueillir les futurs équipementiers.
Reste désormais à concrétiser l’aménagement de ces sites et à aligner la production des fournisseurs sur les impératifs stricts de compétitivité, de qualité et de cadence requis par les standards de la filière.
T. A. L.





