La rencontre qui s’est tenue au siège du département ministériel, en présence de l’ambassadrice de Norvège en Algérie, Thea Martine Ottmann, a permis d’examiner les perspectives de coopération, de partenariat et d’investissement entre la compagnie nationale Sonatrach et l’entreprise norvégienne.
Les linéaments de cette coopération couvrent trois domaines. Le premier est l’empreinte carbone du secteur, en particulier les émissions de méthane et de gaz à effet de serre.
Le deuxième est l’efficacité énergétique et la rationalisation de la consommation dans les installations pétrolières et gazières, qui doivent renforcer la durabilité et abaisser, par ricochet, les coûts d’exploitation. Le troisième est le développement de solutions technologiques innovantes pour limiter les émissions des activités industrielles.
Les discussions ont aussi porté sur le dessalement de l’eau de mer adossé à des énergies renouvelables. L’objectif étant d’assurer la durabilité de ces installations et d’améliorer leur efficacité énergétique et environnementale.
Le ministre a insisté sur l’intérêt de renforcer la coopération entre l’Algérie et la Norvège dans les hydrocarbures. Il a cité le développement de partenariats entre entreprises économiques, l’échange d’expertise et le recours à des solutions technologiques récentes, au service de la réduction de l’empreinte carbone du secteur et de la valorisation des ressources énergétiques nationales. Il a affirmé le souhait de concilier les exigences environnementales et économiques.
M. Arkab a ensuite détaillé les efforts de l’Algérie, à travers Sonatrach, pour réduire l’empreinte carbone du secteur. Des efforts qui reposent sur l’intensification des programmes contre les émissions de méthane, la réduction du torchage du gaz associé et sa valorisation, des projets de captage et de stockage du carbone, l’efficacité énergétique et les solutions technologiques innovantes.
ENI, règlement européen et investissements
Ces orientations sont à mettre en regard de la coopération avec un autre partenaire étranger. Sonatrach et le groupe énergétique italien ENI ont signé, en ce mois d’octobre, un protocole d’intention qui vise à identifier et à promouvoir des initiatives de réduction des émissions de gaz à effet de serre, méthane compris, et prolonge un mémorandum de 2023 sur la réduction du torchage, la récupération du gaz et les technologies de baisse des émissions.
Sonatrach a souligné que des campagnes conjointes de détection et de réparation des fuites ont réduit sensiblement les déperditions de méthane, et que ces campagnes se déroulent désormais de façon autonome et systématique sur les sites exploités avec Eni.
L’enjeu se mesure aussi à l’aune du règlement européen sur le méthane, dont les pénalités financières visent les producteurs d’énergies fossiles, exportateurs algériens de gaz compris.
Le 17 octobre dernier, devant la commission des Finances et du Budget de l’Assemblée populaire nationale (APN), Mohamed Arkab avait présenté un programme de 71,6 milliards de dollars d’investissements dans les hydrocarbures d’ici 2030, dont environ 52 milliards pour l’exploration et la production et près de 13 milliards pour le raffinage et la pétrochimie.
Pour sa part, Terje Pilskog a présenté l’expérience de Scatec dans les projets énergétiques et industriels. Il a affirmé son intérêt pour une coopération et un échange d’expertise avec la partie algérienne, ainsi que pour l’exploration de partenariats et d’investissements dans les domaines d’intérêt commun.
Scatec développe, construit et exploite des centrales d’énergies renouvelables. Son rapport du deuxième trimestre 2026 mentionne en Égypte le projet Obelisk, qui associe 1,1 GW de solaire à 200 MWh de stockage par batteries et est entré en exploitation commerciale en août.
Le groupe prévoit d’y lancer la construction de trois grands projets au second semestre 2026. En Tunisie, les projets Sidi Bouzid et Tozeur sont en exploitation. Sidi Bouzid 2, une centrale solaire de 120 MW, est en construction.
T. A. L.





