Alger, Algérie

lundi 26 octobre 2026 01:38

l'Algérie déploie une stratégie d'envergure centrée sur la souveraineté technologique et la formation de masse

Algérie : Le pari de l’IA souveraine

Face à l'accélération de la course mondiale à l'intelligence artificielle, l'Algérie déploie une stratégie d'envergure centrée sur la souveraineté technologique et la formation de masse. Selon des informations rapportées par l'Agence Ecofin, le gouvernement algérien structure sa transition numérique autour de cinq axes majeurs, avec l'ambition de former 30 000 spécialistes d'ici 2030 et de s'affranchir des solutions étrangères.

À l’heure où la course mondiale à l’intelligence artificielle redéfinit l’économie, l’Algérie positionne le capital humain comme l’arme maîtresse de sa transition. Face aux géants technologiques mondiaux, le gouvernement algérien refuse le statut de simple consommateur passif d’algorithmes importés et pose les jalons d’une réelle autonomie.

C’est dans cette optique que s’est tenue à Alger une réunion interministérielle de premier plan. Présidée par le ministre de l’Enseignement supérieur, Kamel Baddari, cette rencontre a scellé l’engagement de l’État autour d’un grand projet national.

L’objectif est clair : transformer en profondeur le tissu économique et administratif par des technologies maîtrisées localement.

Moins de dépendance, plus de sécurité

Cette stratégie s’organise autour de cinq axes majeurs. Le premier réside dans la création de modèles d’IA gouvernementaux souverains et open source. En développant ses propres architectures logicielles, l’Algérie veut s’affranchir de la dépendance vis-à-vis des solutions étrangères. Cette démarche sécurise les données nationales stratégiques, qui constituent le nouvel or noir du siècle.

Les quatre autres axes complètent cette vision en structurant la gestion des données, en modernisant les infrastructures indispensables au calcul intensif, en qualifiant les compétences humaines et en numérisant l’administration publique.

Cette refonte globale ambitionne de rendre les services publics plus fluides, plus prédictifs et imperméables aux cybermenaces.

Former 30 000 ingénieurs

Au cœur de cette architecture se trouve le pôle technologique de Sidi Abdallah. Inauguré au printemps dernier, ce campus s’étend sur 87 hectares et regroupe quatre grandes écoles pour une capacité totale de 20 000 places pédagogiques.

C’est ici que s’épanouit l’École nationale supérieure d’intelligence artificielle (ENSIA). Cet établissement dispense un cursus d’ingénieur d’État en IA et sciences des données sur cinq ans. Le défi est immense puisque le ministère veut former 30 000 spécialistes d’ici 2030. La rentrée universitaire marque une rupture majeure : l’IA s’invite dans les amphis.

Le parcours de chaque étudiant est personnalisé par des algorithmes, tandis qu’un modèle linguistique conçu pour les universités assiste les enseignants dans la création d’activités et l’évaluation.

Devancer la concurrence régionale

Pour que cette transition réussisse, l’État déploie des programmes d’acculturation de masse pour toutes les couches de la société. Le programme national « 7.77 », porté par le ministère de la Poste et des Télécommunications, en est l’exemple parfait.

En initiant les citoyens aux compétences numériques de base, ce projet comptait déjà 64 508 inscrits à la fin mai, dont plus de 15 200 dans la seule wilaya d’Alger. En parallèle, une formation alliant la Formation professionnelle à l’Économie de la connaissance diffuse ces outils dans les métiers techniques. Les résultats se ressentent à l’échelle continentale.

Selon le rapport Global AI Diffusion de Microsoft, l’Algérie se hisse au neuvième rang africain avec un taux d’utilisation de 13,2 % parmi la population active, devançant ainsi le Maroc.

R. E.

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