Alger, Algérie

lundi 26 octobre 2026 03:33

Augmentation des salaires et diversification économique : Les engagements du Président Tebboune

Augmentation des salaires et diversification économique : Les engagements du Président Tebboune

Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a fait un tour d’horizon sur de nombreuses questions nationales, internationales et notamment la situation économique du pays, tout en réaffirmant l’engagement de l’État pour la protection et l’amélioration du pouvoir d’achat des ménages. D’ailleurs, de nouvelles augmentations salariales sont prévues en 2027.

Cette nouvelle sortie médiatique du président a été également une occasion de mettre en avant les efforts de l’État pour l’accélération de la diversification économique et la finalisation des projets structurants dans les meilleurs délais.

Ainsi, le Président Abdelmadjid Tebboune a affirmé, lors de son entretien périodique avec des représentants de la presse nationale, que l’Algérie pourrait atteindre un produit intérieur brut (PIB) de 400 milliards de dollars à la fin de 2026 ou au premier trimestre 2027, voire dépasser ce niveau, mettant en avant la dynamique des investissements, la valorisation des ressources nationales et l’accélération du développement dans plusieurs secteurs.

Cette perspective reposait notamment, dira-t-il, sur «la dynamique de l’investissement» qui se concrétise à travers des milliers de projets à l’échelle nationale, ainsi que sur la valorisation du potentiel de plusieurs secteurs.

Le chef de l’État a également estimé que le taux de croissance de l’économie nationale devrait dépasser les prévisions de 3,8 % évoquées dans certaines projections, avançant, sur la base des études nationales, une croissance pouvant se situer autour de 4,1 à 4,2 %.

Le président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, a indiqué que «la croissance annuelle de l’économie algérienne devrait se situer entre 4,01 et 4,02 %, portée par les fondamentaux solides sur lesquels repose l’économie nationale, selon les études que nous avons réalisées», soulignant que les projets lancés au cours des dernières années permettront de générer des recettes en devises et d’augmenter les réserves de change.

Au passage, il a fait remarqué que les taux de croissance économique enregistrés par l’Algérie figurent parmi les plus élevés en Méditerranée, dépassant même ceux de certains pays européens.

Le président Tebboune a, dans ce cadre, expliqué que le travail en cours de réalisation permettra de garantir un « revenu annuel stable » en devises d’au moins 50 milliards de dollars, grâce à l’industrie automobile, aux mines, à l’intégration du fer dans l’industrie nationale et à l’intégration des puces électroniques dans la fabrication locale des équipements électriques et électroménagers.

Ces secteurs, entre autres, constitueront des « leviers » pour le revenu national, a-t-il dit, soulignant que dans le contexte actuel, les réserves de change « resteront à un niveau acceptable » au moins jusqu’à l’horizon 2031.

Les hydrocarbures demeurent un secteur stratégique

Après avoir rappelé que l’Algérie œuvrait à augmenter ses recettes hors hydrocarbures, le président de la République a assuré que les hydrocarbures conserveront leur importance, notamment à la lumière de la poursuite des opérations de prospection et de recherche pétrolières et des efforts visant à attirer de « grandes » compagnies internationales.

«Nous n’allons pas abandonner les hydrocarbures du jour au lendemain», a-t-il déclaré, rappelant parallèlement la volonté de renforcer les recettes provenant des secteurs hors hydrocarbures.

Sur le volet social, le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a réaffirmé l’engagement de l’État à préserver le pouvoir d’achat des citoyens et à prendre en charge les personnes affectées par les récents incendies, annonçant la mobilisation d’importantes ressources pour indemniser les sinistrés et soutenir les agriculteurs et éleveurs touchés.

En effet, la préservation du pouvoir d’achat constituait une priorité pour le gouvernement, dénonçant les pratiques spéculatives à l’origine, selon lui, d’une partie des hausses enregistrées récemment sur certains produits agricoles.

Le Président a notamment cité le cas de produits dont les prix augmentent de manière disproportionnée entre le producteur et le consommateur, estimant qu’une telle situation ne pouvait être tolérée. Il a rappelé, dans ce cadre, les efforts consentis par l’État en faveur des agriculteurs, à travers notamment la subvention de l’électricité, de l’eau et des engrais.

Le président de la République a assuré que des instructions avaient été données au gouvernement pour lutter contre les pratiques spéculatives et protéger les consommateurs, prévoyant un retour progressif à des niveaux de prix plus raisonnables.

Il a également rappelé que l’État subventionnait 26 produits, dont cinq produits agricoles saisonniers, estimant que les circonstances pouvaient éventuellement justifier certaines augmentations, mais pas des hausses excessives.

Des augmentations salariales prévues en 2027

S’agissant de l’amélioration du pouvoir d’achat, le président Tebboune a également confirmé la poursuite des augmentations salariales à partir de 2027, précisant que le financement de ces mesures sera intégré au prochain projet de loi de finances.

Il a indiqué que 47 % des augmentations prévues avaient déjà été réalisées, tandis que les 53 % restants devraient être concrétisés en 2027, en une ou deux tranches selon les capacités financières et économiques du pays.

Le président a toutefois mis en garde contre les augmentations salariales susceptibles d’alimenter l’inflation, soulignant que l’amélioration des revenus devait être accompagnée par une progression de la production et une maîtrise des prix. Concernant les importations, le président Tebboune a défendu une démarche fondée sur la rationalisation des besoins et non sur la restriction de l’activité économique.

Il a appelé les entreprises à établir des prévisions précises de leurs besoins en matières premières et en équipements, estimant que les demandes de devises devaient être justifiées par des capacités réelles de production et d’investissement.

Il a également fait état de la découverte, grâce à la numérisation, de plusieurs anomalies dans les déclarations d’importation, citant notamment des entreprises disposant de très peu de salariés et des sociétés enregistrées à une même adresse.

Les cas de fraude ou de falsification établis devront, selon lui, faire l’objet de poursuites judiciaires et de sanctions conformément à la législation.

H. O.

Le chef de l’Etat répond au FMI : Les non-dits sur les réserves de change

Le scénario affiché par le chef de l’État est accrédité par la dynamique économique actuelle, les grands projets en voie d’achèvement et le stock important des investissements enregistrés à l’AAPI.

La récente entrevue du chef de l’État avec la presse n’a pas manqué d’aborder la question brûlante du niveau des réserves de change de l’Algérie. Le chef de l’État a répondu, précisément à une question sur l’inquiétante prévision du FMI, à savoir une chute importante du matelas de devises du pays, 19,8 milliards de dollars en 2031 : «Les efforts déployés actuellement visent à renforcer les revenus hors hydrocarbures. Les réserves de change se maintiendraient à un niveau élevé à l’horizon 2031». Ces propos rassurants accréditent le scénario d’une dynamique de l’économie productive et des investissements telle qu’elle aura un impact positif sur la balance des paiements. En effet, au cours de la période 2027-2031, les grands projets d’investissements en cours de réalisation vont permettre une augmentation des recettes en devises hors hydrocarbures. En l’occurrence, il faut s’attendre à la montée en cadence du complexe sidérurgique de Tosyali Algérie dès 2027, particulièrement l’usine d’acier plat qui produit à la fois les laminés à chaud et à froid. Ce qui pourrait porter les exportations de ce complexe à 2 milliards de dollars supplémentaires annuellement.

Cette installation industrielle fait partie des usines en exploitation ou en voie d’achèvement qui contribuent et contribueront à l’effort de substitution aux importations, telle que la seconde phase de développement du complexe sidérurgique de Bellara. N’oublions pas également l’impact des grands projets structurants.

La réalisation du méga projet intégré de Bled El Hedba portant sur la transformation du phosphate et l’exploitation de la mine de zinc d’Oued Amizour ainsi que l’exportation du minerai de fer de Gara Djebilet. À ce propos, la Chine serait intéressée par l’importation de ce minerai selon une source proche du dossier. Ces projets majeurs une fois réalisés contribueront à l’augmentation des exportations hors hydrocarbures. La dynamique agricole devra être également soutenue (projet Baladna, agriculture saharienne). En somme, un maintien d’un niveau élevé de nos réserves en devises dépend, notons-le, en grande partie de la hausse des exportations hors hydrocarbures et de la baisse de la facture importations en raison des efforts de substitution. Ce qui accrédite également le scénario du chef de l’État est aussi le stock d’investissements enregistrés à l’AAPI : 10.000 projets et 300 projets d’IDE affichés par le Président de la République lors de l’entrevue. Mais il faudrait que ces projets soient réalisés dans les délais.

Revenons aux prévisions du FMI. Elles deviennent crédibles que dans un scénario de laisser faire, de glissements importants dans les délais de réalisation de projets majeurs, de lenteurs dans les efforts de substitution et d’intégration de l’appareil de production.

Khaled Remouche

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