Alger, Algérie

lundi 26 octobre 2026 01:38

Le gouvernement passe à l’action : L’affichage des prix des produits et services est une obligation

Le gouvernement passe à l’action : L’affichage des prix des produits et services est une obligation

Après le ton ferme à travers les décisions du Chef de l’État en Conseil des ministres, le Premier ministre, Sifi Ghrieb, réunit les acteurs du secteur du commerce et passe à l’action. Le ministère du Commerce et de la Régulation du marché national rappelle les opérateurs économiques à l’ordre. La répression des fraudes, l’assainissement et la régulation du marché sont une priorité des priorités du gouvernement pour la préservation du pouvoir d’achat de la majorité de la population.

Le ministère du Commerce intérieur et de la Régulation du marché national vient de rappeler, dans un communiqué rendu public hier, à l’ensemble des opérateurs économiques exerçant dans les différents secteurs l’obligation d’afficher de manière claire et lisible les prix et tarifs appliqués aux produits et aux services conformément à la législation en vigueur.

Le texte réitère la menace de poursuites judiciaires en cas d’infraction de ce type et celles de la fermeture administrative du local commercial et de saisie des produits.

«Tout manquement à cette obligation expose son auteur à des poursuites judiciaires, conformément aux dispositions de la loi 04-02 du 23 juin 2004 fixant les règles applicables aux pratiques commerciales, modifiée et complétée, ainsi qu’à la fermeture administrative du local commercial et la saisie des produits, objets de l’infraction», mentionne le texte de loi.

Ce rappel est devenu indispensable tant la pratique de l’absence d’affichage des prix par une bonne partie des commerçants est généralisée. Il faut reconnaître cependant que ce ne sont pas tous les commerçants qui n’affichent pas les prix. Un grand nombre respecte cette disposition. Mais il reste de nombreux récalcitrants.

Ce qui justifie ce rappel, d’autant que ce communiqué du ministère intervient juste à la suite de mesures fermes décidées par le Président de la République lors du dernier Conseil des ministres pour assainir le marché, mettre fin à la flambée des prix de large consommation enregistrée actuellement sur nos marchés et qui est en train de laminer le pouvoir d’achat de la majorité de la population.

Des décisions et un suivi sur le terrain

Le ton est à la répression des fraudes et à la régulation du marché des produits de large consommation, sources de dysfonctionnements dans le système d’approvisionnement de la population en produits de première nécessité.

Dans la foulée des décisions du Conseil des ministres à ce sujet, le Premier ministre Sifi Ghrieb a présidé une réunion interministérielle sur la préservation du pouvoir d’achat de la majorité de la population regroupant les ministres concernés, les présidents de la Chambre nationale d’agriculture, de l’Union générale des commerçants et artisans algériens, des représentants des mandataires inhérents aux marchés de gros de fruits et légumes.

Il a été question au cours de cette rencontre de l’examen des modes d’implication des mandataires et des commerçants dans les nouveaux mécanismes de maîtrise des prix et dans la disponibilité des produits de base à travers tout le territoire national.

Les représentants des mandataires et des commerçants exerçant dans les marchés de gros de fruits et légumes ont exposé leurs préoccupations et leurs propositions. L’objectif, lit-on dans le communiqué officiel, est l’organisation du marché. L’approche adoptée par le gouvernement, ajoute-t-on, est participative.

À rappeler que l’une des plus importantes mesures décidées par le Chef de l’État lors du dernier Conseil des ministres est l’élaboration par le ministère de l’Intérieur d’un système de plafonnement des prix et de fixation des marges bénéficiaires des légumes, des légumineuses, des pâtes et des viandes en tenant compte des chaînes de production et de commercialisation. Cette mesure a été réclamée par des associations de protection des consommateurs.

Mais elle a tardé à être mise en œuvre. Cette décision touche des produits parmi les plus consommés par les ménages et qui pèsent sur le budget. Ces produits enregistrent actuellement de fortes hausses notamment pour les légumes en ces mois de septembre et d’octobre : 200 dinars le kilogramme et plus pour certains légumes.

Les fruits, peut-on déduire du communiqué officiel rendu public à l’issue du Conseil des ministres, ne sont pas touchés. Les prix de ces produits restent libres. Ils connaissent actuellement une hausse importante sur le marché et suivent la tendance, les prix de la banane servant de principale référence.

Autres décisions importantes du Chef de l’État : entamer immédiatement l’élaboration d’un projet de texte visant à réglementer l’activité des intermédiaires de vente entre les producteurs et les citoyens ; demander au Premier ministre d’ouvrir immédiatement une enquête sur le rôle négatif de certains importateurs de viande, sur leur monopolisation de la hausse des prix de la viande importée qui est commercialisée au même prix que la viande locale par certains bouchers dans l’ensemble des wilayas et des quartiers ; renforcer les brigades de contrôle relevant du ministère du Commerce intérieur et assurer des sorties quotidiennes tout au long de l’année ; mettre en place un système décentralisé permettant aux directeurs du commerce sous la responsabilité des walis d’assurer le suivi quotidien des prix des produits de large consommation ; coordonner les efforts du ministère du Commerce intérieur et du Haut-Commissariat à la commercialisation pour la création d’une base de données de contrôle rapide et efficace des prix qui fera office de mécanisme d’alerte permettant aux services concernés d’intervenir pour rétablir l’équilibre des prix des produits en cas de hausse anormale.

Ces mesures, si elles sont concrétisées, vont solutionner une bonne partie des dysfonctionnements enregistrés sur le marché intérieur. Mais il reste d’autres mesures pour protéger le pouvoir d’achat et la santé des consommateurs, à savoir entre autres la légalisation de l’informel.

K. R.

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