L’Algérie veut se lancer dans l’économie du savoir. Des assises nationales, placées sous le patronage du président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, ont été ouvertes hier à au Centre national des conférences (CIC) à Alger, en présence de 1300 participants. L’organisation d’un tel événement de grande envergure confirme l’intérêt particulier qu’accorde le gouvernement à l’innovation.
Par Akrem R.
Il s’agit là d’un segment sur lequel l’Algérie compte beaucoup afin de diversifier son économie et de-là réduire sa dépendance aux hydrocarbures. D’ailleurs, un objectif est d’ores et déjà fixé par le président Tebboune, à savoir celui de hisser nos exportations hors hydrocarbures à 4 milliards de dollars d’ici fin 2021. C’est un véritable challenge pour le gouvernement et les opérateurs économiques qui doivent mettre les bouchées doubles afin d’atteindre l’objectif fixé, notamment avec les contraintes qui persistent encore sur le terrain.
Des actions et décisions ont été déjà prises par le gouvernement afin d’aider à mettre en place un écosystème adéquat pour l’émergence et le développement de ce genre d’économie. La promotion des Startups jouit du soutien total de la part des autorités, et c’est à ce niveau que se jouera l’avenir de l’innovation dans le pays.
Outre les exonérations fiscales et parafiscales décidées au profit des startups, le gouvernement a décidé la mise en place d’un fonds de financement dédié, le 3 septembre 2020, lors de la conférence nationale des start-up, intitulée «Algeria-Disrupt 2020», la signature de conventions de partenariat avec les universités du pays.
100 startups déjà labellisées …
Ces mesures «salutaires» ont participé à la labellisation de 100 startups, a annoncé hier Noureddine Ouadah, le directeur des startups et des structures de soutien au ministère délégué chargé de l’économie de la connaissance et des startups. Ce dernier a déclaré à la presse, que «l’organisation de ces assises constitue le point de départ dans l’élaboration d’une stratégie nationale pour l’économie de la connaissance.»
Il s’agit pour les organisateurs de la rencontre, de «rassembler toutes les parties prenantes autour de l’économie de la connaissance, en vue de préparer d’importantes réformes juridiques et règlementaires.»
Des recommandations seront émises par les experts du domaine afin de mettre les jalons de cette nouvelle orientation de l’Algérie et tenter de trouver des solutions aux contraintes du financement. Ce dernier est considéré comme étant la principale contrainte des chercheurs et innovateurs. Les entreprises algériennes n’accordent pas une importance capitale à ce genre d’innovation, en privilégiant le recours aux étrangers en matière de services et solutions digitales. Des milliards de dollars sont alloués annuellement à cet effet.
Les entreprises appelées à accompagner les chercheurs
Dans ce cadre, le Premier ministre, Abdelaziz Djerad, a appelé les entreprises notamment celle relevant du secteur industriel, à accompagner les chercheurs et créateurs dans la concrétisation de leurs projets innovant afin de développer l’économie du pays.
«Les entreprises activant dans le domaine industriel doivent accompagner les chercheurs et autres créateurs algériens dans la concrétisation de leurs projets innovants afin de contribuer au développement économique du pays», a a-t-il indiqué lors d’une visite d’une exposition organisée en marge des Assises nationales sur l’économie de la connaissance tenues au Centre international des conférences (CIC). M. Djerad a déclaré que l’accompagnement des projets innovants figurait parmi les priorités du programme d’action du gouvernement, ajoutant que l’appui des Startups et autres micro-entreprises constitue l’un des supports du nouveau modèle économique.
En ce qui concerne le financement, Noureddine Ouadah a souligné qu’un atelier dédié à cet effet étudiera la problématique sous tous ses aspects, dont «nous attendons, ajoute-t-il, une recommandation relative au financement de l’innovation afin qu’il soit plus fluide et conforme aux normes internationales.» Il a appelé les acteurs de l’économie de la connaissance au développement d’un contenu de qualité afin de capter des capitaux étrangers, en incitant les institutions financières étrangères à investir dans ce domaine dans notre pays. Il a émis le souhait que le système financier algérien soit développé en termes de financement de l’innovation et suivra le rythme de ce qui existe dans le système mondial. Le privé est appelé également à rejoindre le marché du financement de l’innovation.
A. R.







