Alger, Algérie

mercredi 22 juillet 2026 07:48

La procédure de déroutement des navires réactivée : La décongestion des ports en ligne de mire

La procédure de déroutement des navires réactivée : La décongestion des ports en ligne de mire

Face à la forte congestion portuaire et à l’allongement des délais d’attente des navires en rade, le gouvernement a décidé de réactiver la procédure de « déroutement des navires ». La décision a été notifiée au Groupe «SERPORT » par la Direction générale de la marine marchande et des ports (DGMMP), relevant du ministère de l’Intérieur, des Collectivités locales et des Transports, en date du 6 janvier 2026.

Eco Times

Correspondant

Face à la forte congestion portuaire et à l’allongement des délais d’attente des navires en rade, le gouvernement a décidé de réactiver la procédure de « déroutement des navires ». La décision a été notifiée au Groupe «SERPORT » par la Direction générale de la marine marchande et des ports (DGMMP), relevant du ministère de l’Intérieur, des Collectivités locales et des Transports, en date du 6 janvier 2026.

Par Akrem R.

En effet, les navires pourront être orientés vers d’autres ports plus efficaces, avec l’objectif de limiter l’attente à 24 heures maximum. Selon la même source, cette mesure s’inscrit dans le cadre des instructions émises lors du Conseil des ministres du 2 juin 2024, qui avait insisté sur la mise en place d’un mécanisme de coordination visant à réduire les délais d’attente des navires à une durée maximale de 24 heures.

Elle intervient également en application d’une correspondance antérieure datant du 20 novembre 2024, relative à la gestion des situations de congestion portuaire.

Selon le document officiel, la situation actuelle des ports nationaux est qualifiée d’«alarmante», ce qui rend impérative la réactivation de cette procédure exceptionnelle.

Celle-ci consiste à orienter les navires vers d’autres ports offrant de meilleures conditions de prise en charge, tant en termes d’efficacité opérationnelle que de respect des délais.

Renforcer la gouvernance portuaire

À cet effet, la Direction générale de la marine marchande et des ports a précisé dans sa note que cette opération de déroutement des navires doit tenir compte «d’orienter les navires vers un autre port offrant de meilleures conditions de prise en charge, en termes d’efficacité et de timing, et de prendre en considération la nature des marchandises transportées (sensibles, dangereuses, marchandises groupées, etc.) par les navires à dérouter, ainsi que les conditions de prise en charge par les ports vers lesquels ils sont orientés».

L’objectif est d’assurer la fluidité du trafic maritime tout en préservant la sécurité et la qualité des services portuaires. À cet effet, il est demandé au Groupe SERPORT de veiller à la stricte application de cette instruction et d’assurer une meilleure concertation entre les entreprises portuaires concernées.

La diffusion de la mesure auprès des transporteurs est également prévue, afin de garantir une mise en œuvre efficace et coordonnée. Cette décision traduit la volonté des pouvoirs publics de renforcer la gouvernance portuaire et d’améliorer la performance logistique nationale, dans un contexte marqué par une pression accrue sur les infrastructures portuaires et par les enjeux liés à la sécurité des chaînes d’approvisionnement.

Outre le déroutement des navires vers les ports performants, le ministère a également décidé le transport de conteneurs depuis le port d’Alger par voie ferroviaire vers la Zone libre de Rouiba. Le coup d’envoi de cette opération a été donné le 4 janvier 2026, et s’inscrit dans le cadre de l’amélioration des services logistiques et de l’accélération du traitement des conteneurs.

Elle a concerné le départ de 48 conteneurs de 20 pieds, constituant une étape importante qui reflète l’adoption de solutions de transport multimodal, contribuant ainsi à l’amélioration de la fluidité du trafic des marchandises et au renforcement de la performance logistique du port.

Jeudi dernier, l’Entreprise portuaire d’Alger (EPAL) a informé «l’ensemble des transitaires et commissionnaires en douane que les conteneurs apurés au niveau de la plateforme ALCES et non enlevés peuvent faire l’objet d’un transfert vers la Zone libre de Rouiba (ex-port sec ALTERCO)», précisant que la facturation des conteneurs transférés sera effectuée au niveau des guichets de facturation EPAL (port d’Alger).

Améliorer la compétitivité des ports et réduire les sursitaires

En somme, avec ces mesures, l’Algérie veut fluidifier les opé- rations de traitement des marchandises au niveau des ports et réduire notamment les coûts des surestaries engendrées par des retards dans le déchargement des navires et la possession des conteneurs.

D’ailleurs, les coûts du fret maritime vers l’Algérie sont parmi les plus élevés de la Méditerranée, en raison de cette situation de congestion des ports. Les armateurs étrangers ont profité de cette situation et imposent leur diktat, d’autant plus que la compagnie nationale de fret maritime est en phase de restructuration.

Conscient de l’ampleur de cette situation sur l’économie nationale, et en particulier sur l’équilibre de la balance commerciale du pays, dont le fret maritime avait avoisiné plus de 3,7 milliards de dollars pour le Trésor public, des mesures importantes ont été prises par le gouvernement.

Lors d’un Conseil des ministres début février 2025, le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, avait «instruit le ministre des Transports de modifier le système de travail dans les ports avant la fin du mois en cours, selon le système 24/24 h, notamment dans les ports à activité économique, à savoir : Djendjen, Alger, Béjaïa, Annaba, Oran et Mostaganem».

Une mesure qui commence à porter ses fruits sur le terrain, les délais de traitement ayant été réduits. Les ports algériens devraient ainsi enregistrer de nouvelles performances en matière de compétitivité, suite aux efforts consentis en matière de modernisation des ports (acquisition de nouveaux équipements et généralisation de la numérisation).

Il est à rappeler que le Groupe SERPORT a investi 29 milliards de dinars dans l’acquisition de nouveaux équipements, notamment des portiques de quai, des grues, des chariots élévateurs et des scanners de contrôle des marchandises.

Le programme d’investissement comprend aussi l’achat de stackers pour la manutention des conteneurs et la formation du personnel afin d’élever leur niveau de compétence selon les standards internationaux. Le programme prévoit également la finalisation de l’extension du terminal à conteneurs du port de Djendjen (Jijel), qui portera sa capacité à 2 millions d’EVP (unités équivalentes vingt pieds).

Cette infrastructure stratégique est appelée à devenir un hub régional sur la rive sud de la Méditerranée, renforçant ainsi la position de l’Algérie dans le commerce maritime international.

Avec des ports modernisés, mieux équipés et fonctionnant en continu, l’Algérie renforce sa position dans le commerce international et ouvre de nouvelles perspectives pour ses exportations hors hydrocarbures.

A. R.

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