(Re) confinement ou pas ? C’est la question que se posent les Algériens au regard de la hausse des contaminations au Coronavirus. Allègement aidant, ajouté à un relâchement des gestes barrières, avec une vaccination qui traine en longueur et langueur, la recrudescence des contaminations inquiète les spécialistes qui, d’ores et déjà, tirent la sonnette d’alarme et avertissent contre un éventuel confinement. Selon les chiffres du comité scientifique de suivi de l’évolution de la pandémie de coronavirus, nous frôlant les 500 nouveaux cas de contamination.
Par Réda Hadi
Selon des sources proches de ce dossier, une réunion d’urgence s’est tenue le 30 juin au niveau de ministère de la Santé, suite à une augmentation significative des cas de contaminations au nouveau variant du coronavirus, baptisé, « Delta ». Il s’agit là d’une réunion urgente et exceptionnelle.
C’est le branle bas de combat, donc, pour apporter une réponse appropriée à une prochaine vague, et des consignes strictes ont été données aux hôpitaux pour augmenter le nombre de lits, de bouteilles d’oxygène et des médicaments nécessaires aux soins.
Beaucoup de médecins s’inquiètent et se demandent est-ce que l’épidémie ne pourrait-elle pas échapper au contrôle des autorités sanitaires. Celles-ci, d’ailleurs, multiplient les appels de détresse sur les réseaux sociaux, s’alarmant d’une situation catastrophique dans plusieurs hôpitaux.
La cote d’alerte est atteinte, et le gouvernement, a pris, jeudi 9 juillet dernier, dans la soirée, de nouvelles mesures pour enrayer cette flambée, dont l’interdiction de la circulation automobile entre les 29 wilayas les «plus affectées» pendant une semaine et des confinements partiels dans près de 25 communes.
Pour le Docteur Abdelwahab Yahiaoui, médecin spécialiste, « c’est l’émergence de plusieurs foyers simultanément qui est très inquiétant, avec le risque de débordements sur les régions limitrophes», et de spécifier : «Le problème, c’est que nous n’avons aucune marge. Les hôpitaux sont saturés, sans moyens et, surtout, il n’y a pas assez de tests», et «l’Institut Pasteur ne teste que 2 000 personnes par jour », jugeant cela insuffisant.
Situation peu reluisante
Si pour le moment, le confinement ne semble pas à l’ordre du jour, la situation n’en demeure pas moins grave au point où le wali de Sétif qui s’est adressé à nos confrères de APS, a déclaré, le mercredi 8 juillet dernier, que « la wilaya enregistre une moyenne quotidienne d’environ 10 décès». A l’en croire, donc, le bilan quotidien de cette wilaya de 1,5 million d’habitants dépasserait celui avancé par le comité national de suivi de l’épidémie à l’échelle du pays – 42 millions d’habitants –, soit 9 morts…
Les médecins, qui payent au prix fort leur combat contre la maladie, sont de plus en plus nombreux à lancer l’alerte : « L’épidémie flambe », assurent-ils ne cachant pas leur crainte.
Pourra-t-on supporter à un second confinement ?
Un second confinement serait-il annonciateur de plus de détresse et d’incompréhension de la part de la population ?
A ce sujet, Nabil Djemaa, expert agrée en économie, doute clairement sur la possibilité d’un second confinement. Pour l’expert, « les médecins sont trop alarmistes. Certes, il y a recrudescence des contaminations, mais maintenant, c’est l’heure des vaccinations. Le ministère des Finances a annoncé avoir débloqué 1,3 milliards de dollars pour l’achat de vaccins et l’OMS encourage les pays à la fabrication locale des vaccins. Les médecins devraient faire campagne pour la vaccination au lieu de faire peur aux gens », jugeant par ailleurs, qu’économiquement et dans cette éventualité, « l’Algérie a les réserves et la résilience nécessaires, pour y faire face ».
Néanmoins, ce ne semble pas être l’avis du professeur Riad Mahyaoui, membre du Comité scientifique chargé du suivi et de l’évolution de l’épidémie Covid-19 en Algérie, qui n’a pas « exclu » un «retour au confinement et des mesures plus strictes pour faire face à la recrudescence des cas de contamination au coronavirus Covid-19», selon notre confrère de la presse en ligne Algérie Eco qui cite la Radio nationale chaîne I.
Le professeur Mahyaoui y a souligné, en outre, que « la situation épidémiologique dans notre pays n’est pas rassurante et suscite des inquiétudes au vu de la recrudescence des cas et des décès, notamment dans un certain nombre de wilayas à forte densité de population comme Alger, Constantine et Oran ».
R. H.





