Le président de la République Abdelmadjid Tebboune a signé le 8 mars 2026 un décret approuvant le contrat d’hydrocarbures liant la compagnie nationale Sonatrach à la société Midad Energy North Africa B.V. sur le bloc « Illizi Sud », dans le Grand Sud algérien.
Par Sofiane Idiri
Publié au Journal officiel de la République algérienne n° 20 du 17 mars 2026, le décret présidentiel n° 26-113 entérine un accord conclu plusieurs mois auparavant. Le contrat d’hydrocarbures portant sur le périmètre dénommé « Illizi Sud » avait en effet été signé à Alger le 13 octobre 2025, entre la société nationale Sonatrach-SPA et la société Midad Energy North Africa B.V.
Son approbation par voie de décret présidentiel constitue l’aboutissement d’un processus réglementaire rigoureux, conforme à la législation algérienne en vigueur.
Ce décret s’inscrit dans le respect scrupuleux de l’arsenal juridique national régissant le secteur des hydrocarbures. Il a été pris sur la base de plusieurs textes fondateurs, notamment la loi n° 19-13 du 11 décembre 2019 relative aux activités d’hydrocarbures, ainsi que la loi n° 90-30 du 1er décembre 1990 portant loi domaniale.
L’acte d’attribution n° 8/2025 de l’Agence nationale pour la valorisation des ressources en hydrocarbures, Alnaft, avait préalablement accordé à Sonatrach et à Midad Energy North Africa B.V. le droit d’exercer des activités de recherche et d’exploitation à l’intérieur du périmètre « Illizi Sud ».
Ce n’est donc qu’à l’issue de ce processus d’attribution que le contrat a pu être formalisé et soumis à l’approbation présidentielle.
Illizi Sud, un bloc stratégique au cœur du Sahara
Le périmètre « Illizi Sud » est situé dans le bassin d’Illizi, l’une des zones les plus prometteuses du sous-sol algérien en matière d’hydrocarbures, localisée dans le Grand Sud-Est du pays.
Cette région est depuis plusieurs décennies au cœur de la stratégie énergétique nationale, concentrant d’importantes réserves prouvées de pétrole et de gaz naturel.
En intégrant un partenaire international spécialisé comme Midad Energy North Africa B.V., filiale active sur le continent africain, Sonatrach entend mobiliser des capacités techniques et financières complémentaires pour accélérer la mise en valeur de ce bloc.
Cette association illustre la volonté de l’Algérie de relancer l’attractivité de son secteur pétrolier auprès des investisseurs étrangers, dans un contexte de montée en puissance de la demande mondiale en énergie.
Depuis la révision de la loi sur les hydrocarbures en 2019, le gouvernement algérien multiplie les signaux favorables aux partenariats internationaux, en assouplissant les conditions d’entrée sur le marché de l’exploration-production tout en préservant la prééminence de Sonatrach.
En approuvant ce contrat, le président Abdelmadjid Tebboune confirme la trajectoire d’ouverture maîtrisée choisie par l’Algérie pour son secteur énergétique. Un secteur dont les recettes demeurent le pilier central de l’économie nationale et un levier incontournable pour financer les ambitions de développement du pays.
L’Algérie propulsée sur le devant de la scène énergétique mondiale
La signature de ce décret intervient dans un contexte géopolitique particulièrement tendu. Les dégâts infligés aux infrastructures du Golfe par la guerre en Iran ont braqué les projecteurs sur l’Algérie pour sa production de gaz et de pétrole.
Avec l’escalade du conflit, de nombreux regards se sont tournés vers l’Algérie, membre de l’OPEP et premier exportateur gazier d’Afrique, dont les gazoducs — le Transmed vers l’Italie et le Medgaz vers l’Espagne — présentent un avantage stratégique majeur.
Contrairement aux infrastructures du Golfe exposées aux frappes, ces axes de transport sont hors de portée des menaces militaires régionales.
Dans ce contexte de perturbation historique de l’approvisionnement mondial, chaque nouveau contrat d’exploration signé par Sonatrach prend une résonance particulière : il s’inscrit dans la volonté d’Alger de renforcer durablement ses capacités de production pour répondre à une demande européenne en forte hausse.
Alger a lancé un ambitieux plan d’investissements de 50 à 60 milliards de dollars pour renforcer l’exploration et moderniser ses infrastructures énergétiques, espérant doubler sa production de gaz à 200 milliards de m³ d’ici 2030, explique le site web spécialisé Prixdubaril.com.
C’est précisément dans cette dynamique que s’inscrit le partenariat avec Midad Energy sur le bloc Illizi Sud. Des négociations sont également en cours avec les Américains Chevron et ExxonMobil pour qu’ils apportent leurs capitaux et leur expertise technologique, ajoute la même source.
S. I.





