Alger, Algérie

mercredi 22 juillet 2026 08:25

Bordj Badji Mokhtar/Projet de modernisation de la RN 06 : Des instructions pour livrer le premier tronçon fin septembre

Vaincre les distances et domestiquer la nature : Le Sud algérien à l’aube d’une nouvelle ère

Avec les nouvelles infrastructures de desserte et de mobilisation de l’eau dont il bénéficie, et dont la dynamique avance et acquiert sa vitesse de croisière, le Sud algérien est en train de relativiser un peu plus chaque jour le concept de « désert », le confinant dans son acception écologique primaire.

Eco Times

Correspondant

Avec les nouvelles infrastructures de desserte et de mobilisation de l’eau dont il bénéficie, et dont la dynamique avance et acquiert sa vitesse de croisière, le Sud algérien est en train de relativiser un peu plus chaque jour le concept de « désert », le confinant dans son acception écologique primaire.

Par Amar Naït Messaoud

Là où la route, le chemin de fer, le transport aérien et les infrastructures hydrauliques maillent le territoire, ils sont à l’origine des activités et de la mobilité humaines, ainsi que de la création d’emplois. La notion de désert s’estompe alors au profit d’une zone d’habitat, de travail et de production.

Une zone, il est vrai, caractérisée par de grandes distances entre les villes et les villages et par une démographie moindre que celle du Nord, pour des raisons naturelles compréhensibles. Justement, ce sont ces données de la nature — complexes et hostiles — que l’Algérie entreprend de « domestiquer » et de capitaliser au profit des populations locales et de la collectivité nationale.

Connu et traité, jusqu’aux années 1990, comme territoire pétro-gazier fournisseur de la première rente du pays, qui assurait l’importation des produits alimentaires et d’équipement, le Sud algérien est en train de contribuer à la transition énergétique et au passage vers des énergies propres et renouvelables.

Les unités de production d’énergie solaire se multiplient dans cette vaste région qui reçoit annuellement quelque 3 000 heures d’ensoleillement.

Le Sahara était regardé, accessoirement, comme une région touristique dont l’activité est assurée essentiellement d’octobre à avril, et plus particulièrement en fin d’année, période qui voit converger vers Assekrem, Djanet et Timimoun des milliers de touristes étrangers.

Ce segment de l’économie nationale a enregistré un fléchissement considérable pendant les années d’insécurité. Le secteur du tourisme saharien commence toutefois à connaître un regain de vitalité avec le retour des touristes, des tour-opérateurs, des guides et des agences, mais également grâce aux aménagements réalisés par les entreprises de gestion touristique au niveau d’anciennes structures hôtelières aujourd’hui réhabilitées.

Parallèlement à ces aménagements, les pouvoirs publics ont encouragé la formule du séjour chez l’habitant. Cette formule a eu la faveur aussi bien des citoyens hébergeurs que des touristes en quête de dépaysement.

L’agriculture saharienne, une réalité

Après les expériences de l’agriculture saharienne des années 1980-1990 à Gassi Touil et Adrar, une phase de flottement et d’observation a été enregistrée.

Mais les périmètres agricoles du Nord-Sahara — Biskra, Doucen et El Oued — ont rapidement montré la voie à suivre : celle d’un surcroît d’effort et de confiance en soi.

C’est ainsi que l’investissement agricole s’est renforcé à Adrar et qu’un nouveau pôle agricole s’est développé à El Menia (ex-El Goléa).

Au cours des deux dernières années, l’Algérie a noué des partenariats avec le Qatar et l’Italy pour des investissements agricoles dans le Sud portant sur les cultures stratégiques : blé, oléagineux et fourrages pour bovins laitiers.

La ligne de chemin de fer Gara Djebilet – Tindouf – Béchar, débouchant sur Oran et son port, inaugurée le 1er février dernier, est l’une des illustrations les plus significatives de l’intérêt accordé au Grand Sud algérien.

Cette ligne ne restera pas une voie isolée reliant le Sud au Nord, mais fera partie d’un réseau en perspective qui la reliera à Adrar et Tamanrasset.

Le projet d’une ligne ferroviaire reliant Algiers à Tamanrasset figure déjà dans les plans du gouvernement. Elle constituera une autre voie de desserte parallèlement à celle du transport routier, la Trans-Saharan Highway (RN 01), appelée la Transsaharienne, appelée à évoluer en voie express 2×2 voies Nord-Sud jusqu’à In Guezzam.

À partir de la frontière nigérienne, cette route rejoindra les axes africains qui la prolongeront jusqu’au golfe de Guinée, notamment vers Lagos. Certains tronçons de cette route, au niveau du Tell, des Hauts Plateaux et du Nord-Sahara, sont déjà réalisés.

Transfert d’eau In Salah – Tamanrasset : une réalisation historique peu médiatisée

Ces infrastructures ont été précédées par d’autres réalisations majeures auxquelles les médias n’accordent pas toujours l’attention requise. Souvent, l’information s’arrête à l’inauguration de l’ouvrage, alors que les fruits de ces réalisations et leur impact sur la vie des populations lors de leur exploitation sont les plus importants à relater.

Il en est ainsi du transfert d’eau reliant le champ captant d’In Salah à la ville de Tamanrasset sur une distance de 750 km.

Cet ouvrage, inauguré en 2011, constitue l’une des réalisations historiques les plus remarquables de l’Algérie indépendante.

Le ministre de l’Hydraulique, Taha Derbal, a procédé, le 26 février dernier, au lancement de la deuxième station de déminéralisation de l’eau acheminée depuis In Salah, caractérisée par un fort taux de salinité.

La station dispose d’une capacité de production de 60 000 mètres cubes d’eau par jour. Avec cette nouvelle installation, la capacité de production d’eau potable au profit des citoyens de Tamanrasset atteindra 100 000 mètres cubes par jour. Le délai de réalisation de cette station est fixé à treize mois.

La mobilisation de l’eau à partir de la nappe saharienne du continental intercalaire — dont le champ captant est situé à 70 km d’In Salah et doté de 47 forages — bénéficiera à la ville de Tamanrasset et à six agglomérations situées sur l’itinéraire de la conduite : In Salah, Arak, Menier, Moulay Hassan, In Ekker et In Amguel.

A.N.M.

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