Alger, Algérie

mercredi 22 juillet 2026 07:52

Algérie–États-Unis : Les promesses d’un partenariat diversifié

Algérie–États-Unis : Les promesses d’un partenariat diversifié

L’Algérie et les États-Unis veulent renforcer leur coopération, notamment dans le domaine économique. Les deux pays, qui entretiennent de bonnes relations politiques et une convergence de vues sur un ensemble de questions sécuritaires, notamment dans la région, affichent de grandes ambitions pour passer à une nouvelle étape dans leur coopération en consolidant davantage les échanges commerciaux et en élargissant les domaines de coopération au-delà des hydrocarbures.

Eco Times

Correspondant

L’Algérie et les États-Unis veulent renforcer leur coopération, notamment dans le domaine économique. Les deux pays, qui entretiennent de bonnes relations politiques et une convergence de vues sur un ensemble de questions sécuritaires, notamment dans la région, affichent de grandes ambitions pour passer à une nouvelle étape dans leur coopération en consolidant davantage les échanges commerciaux et en élargissant les domaines de coopération au-delà des hydrocarbures.

Par Hakim O.

Le déplacement du secrétaire d’État adjoint des États‑Unis, Christopher Landau, à Alger, depuis lundi, a été une occasion de réaffirmer la volonté des USA de renforcer leur coopération avec l’Algérie. D’ailleurs, ce déplacement est considéré comme un moment clé pour renforcer les liens bilatéraux et étendre la coopération dans les secteurs vitaux.

C’est également une étape prometteuse vers des ponts économiques plus forts et de nouvelles opportunités de collaboration, indique l’ambassade de l’Algérie aux États‑Unis, dans un post sur son site officiel.

En effet, les deux pays se dirigent vers un renforcement de la coopération économique et l’augmentation des échanges commerciaux, variant entre 3,4 et 3,5 milliards de dollars annuellement, dont 2,5 milliards d’exportations de l’Algérie dominées par les hydrocarbures, notamment les produits pétroliers raffinés (1,75 Md), suivis par les engrais azotés (171 M$). D’autres produits incluent le fer forgé, le ciment et certains produits agricoles.

Quant à l’Algérie, elle importe, pour une valeur d’un milliard de dollars, des produits agroalimentaires (fèves de soja, blé, fruits secs), des produits chimiques (polymères), des équipements industriels (turbines à gaz, matériel de laboratoire) et des médicaments.

Au deuxième jour de sa visite en Algérie, le diplomate américain a eu des entretiens approfondis avec le ministre d’État, ministre des Affaires étrangères, de la Communauté nationale à l’étranger et des Affaires africaines, M. Ahmed Attaf.

Ces échanges ont été consacrés à l’examen de la dynamique remarquable qui caractérise les différents volets des relations algéro‑américaines, ainsi qu’à l’exploration des perspectives de leur renforcement, à travers le développement du dialogue stratégique et la consolidation du partenariat dans des domaines de coopération prioritaires tels que l’énergie, l’investissement, l’innovation, le commerce, l’agriculture, le transport aérien et l’enseignement supérieur.

En effet, d’importantes opportunités de coopération se présentent pour les deux pays, notamment pour les entreprises américaines qui veulent investir en Algérie.

Un climat d’investissement attractif

Le plan de développement lancé par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, depuis 2020, après avoir procédé à une révision profonde du cadre réglementaire et avec l’amélioration du climat des affaires, a permis à l’investissement de prendre une nouvelle dimension en captant des IDE des quatre coins du monde.

La stabilité politique et sécuritaire, avec un positionnement géographique stratégique, une main‑d’œuvre disponible et la disponibilité de l’énergie à coût bas, sont autant d’atouts qui incitent les étrangers à s’installer en Algérie, qui se prépare ainsi à devenir un pays émergent d’ici 2027 et à porter son PIB à 400 milliards de dollars.

C’est le moment ou jamais pour les entreprises américaines de se positionner sur un marché très compétitif et convoité de toutes parts.

Le secteur des hydrocarbures, de l’énergie et des mines est l’un des domaines que l’Algérie veut développer davantage pour renforcer sa sécurité énergétique et consolider sa position sur le marché international, notamment en Europe.

L’Algérie est en pourparlers avancés avec des majors américaines telles qu’ExxonMobil et Chevron pour développer le secteur pétro‑gazier, notamment les ressources non conventionnelles. Des gisements importants de plus de 700 000 milliards de pieds cubes de gaz de schiste sont exploités.

Le gouvernement, qui accorde une grande importance à la protection de l’environnement, espère nouer des partenariats gagnant‑gagnant avec des compagnies américaines leaders dans ce domaine pour l’exploitation de ces gisements, avec l’objectif de porter la production nationale de gaz à 200 milliards de m³ d’ici 2030.

Des opportunités à saisir par les entreprises américaines

Le ministre d’État, ministre des Hydrocarbures, Mohamed Arkab, a présenté à Christopher Landau la stratégie de développement du secteur des hydrocarbures en Algérie, fondée sur l’intensification de l’exploration, l’augmentation des capacités de production, la valorisation des ressources, ainsi que le développement de la pétrochimie et le renforcement du contenu local.

Cette stratégie s’appuie sur un climat d’investissement attractif, un cadre juridique incitatif, des procédures simplifiées et un accompagnement constant des investisseurs.

Il a ainsi appelé à élargir la coopération à d’autres domaines, tels que l’industrie de transformation, les technologies modernes, notamment celles liées à la réduction des émissions, ainsi que la recherche et développement, l’innovation, la formation et le partage d’expertise, en particulier dans les technologies avancées liées à l’industrie pétrolière et gazière.

Les entreprises américaines sont donc invitées à saisir les opportunités d’investissement disponibles, que ce soit dans l’exploration et le développement des champs, les industries de transformation, la numérisation, les solutions technologiques modernes ou encore les projets de réduction de l’empreinte carbone.

Lors de cette rencontre, Christopher Landau a exprimé sa satisfaction quant au niveau privilégié des relations entre l’Algérie et les États‑Unis, saluant le climat des affaires favorable offert par l’Algérie ainsi que la confiance des entreprises américaines envers le marché algérien.

Il a également affirmé l’intérêt de ces entreprises à renforcer leur présence et leurs investissements à travers l’établissement de partenariats durables avec leurs homologues algériens.

Le secrétaire adjoint Landau a également rencontré le ministre des Mines et des Industries minières, Mourad Hanifi, et le ministre du Commerce et de la Promotion des exportations, Rezig, pour discuter de la coopération dans les domaines des mines et du commerce.

Les échanges ont porté sur la collaboration en cours ainsi que sur de nouvelles opportunités visant à promouvoir l’innovation et à renforcer les liens énergétiques et commerciaux entre les États‑Unis et l’Algérie, notamment en soutenant le développement des ressources naturelles et en identifiant de futurs axes de coopération.

L’agriculture, nouveau levier de collaboration

L’Algérie vise également à développer de nouveaux partenariats avec les Américains dans le domaine agricole, afin de renforcer la sécurité alimentaire du pays, notamment dans les cultures stratégiques (les céréales, le lait). Les entreprises américaines sont déjà impliquées dans ce secteur, notamment dans le projet « Baladna », marquant une nouvelle étape dans le renforcement de la coopération agricole entre les deux pays.

Présenté comme l’un des plus importants projets agricoles en Afrique, ce programme repose sur un partenariat intégré incluant l’importation de bovins américains, le transfert de technologies modernes ainsi que la mise en place de dispositifs logistiques adaptés.

L’initiative vise à soutenir durablement la production de lait en Algérie, en misant sur la qualité, l’expertise et l’innovation. C’est à travers ce genre de projet de partenariat bénéfique que la coopération algéro‑américaine prendra un nouvel élan et se renforcera davantage.

Les deux parties ont également abordé plusieurs questions régionales et internationales d’intérêt commun, notamment l’évolution de la situation dans la région du Sahel saharien, ainsi que les derniers développements du processus politique relatif au règlement de la question du Sahara occidental.

H. O.

Baladna : «Les équipes de l’ambassade impliquées dans l’ensemble du projet»

La coopération et le partenariat entre l’Algérie et les Etats-Unis s’accélèrent. Elles ne sont plus cantonnées au seul secteur des hydrocarbures. Les américains sont bel et bien présent dans le secteur de l’Agriculture. D’ailleurs des représentants de l’ambassade des États-Unis, chargés de l’agriculture et du commerce, ainsi que le chargé d’affaires Mark Schapiro, ont assisté à la cérémonie de signature de l’accord pour Baladna.

Selon un poste publié par l’Ambassade américaine sur les réseaux sociaux, « cet accord marque une nouvelle étape dans la coopération agricole entre les États-Unis et l’Algérie, avec la fourniture de bétail américain, de technologies et d’un soutien logistique ».

Ce projet agricole, indique la même source, sera l’un des plus importants du continent africain. Mettant l’accent sur la qualité et l’expertise pour soutenir la production laitière, cette initiative insuffle un nouvel élan au secteur estime la même source, qui, dans un autre poste, a relayé le déplacement du diplomate américain sur le site d’Adrar.

« Des visites sur place avec des collègues de l’ambassade, notamment le chargé d’affaires Mark Schapiro, et des partenaires comme Valmont, ont démontré comment nous soutenons le rôle crucial des États-Unis dans l’un des plus grands projets agricoles d’Afrique », écrit la représentation diplomate américaine en Algérie. « De l’irrigation aux solutions agricoles modernes en passant par la formation, cet effort conjoint produit un impact concret et favorise la croissance dans tout le secteur », affirme l’Ambassade selon laquelle « le travail se poursuit sur le terrain et en amont grâce aux équipes de l’ambassade impliquées dans l’ensemble du projet ».

S. R.

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