Alger, Algérie

mercredi 22 juillet 2026 07:50

L’Algérie déploie l’arme du dessalement au cœur du Sahara : Un tournant décisif pour la sécurité hydrique

Longtemps cantonné à la bande littorale, le programme national de dessalement franchit une étape historique. Le gouvernement algérien vient d’acter le lancement de deux nouvelles stations à Tamanrasset et Tindouf, marquant un tournant technologique pour garantir l’accès à l’eau potable dans les régions les plus arides du pays.

Eco Times

Correspondant

Longtemps cantonné à la bande littorale, le programme national de dessalement franchit une étape historique. Le gouvernement algérien vient d’acter le lancement de deux nouvelles stations à Tamanrasset et Tindouf, marquant un tournant technologique pour garantir l’accès à l’eau potable dans les régions les plus arides du pays.

Synthèse de la Rédaction Régionale

L’Algérie change d’échelle dans sa bataille contre le stress hydrique. Lors du dernier Conseil des ministres, le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a ordonné le lancement immédiat des études et de la réalisation de deux stations de dessalement pour les wilayas de Tamanrasset et Tindouf.

Si le pays s’appuyait jusqu’ici sur ses 14 wilayas côtières pour transformer l’eau de mer, cette extension vers l’extrême Sud souligne une volonté de sécuriser durablement l’approvisionnement des populations sahariennes face à une raréfaction critique des nappes souterraines.

L’Algérie, classée parmi les pays les plus exposés à la pénurie d’eau à l’horizon 2030, ne peut plus compter uniquement sur la pluviométrie.

Alors que le programme d’urgence de cinq grandes stations littorales (Cap Blanc, Fouka 2, etc.) arrive à son terme avec une capacité globale de 1,5 million de m³/jour, le regard se tourne vers le Sud. Dans ces régions, le défi n’est pas seulement le manque d’eau, mais aussi la salinité des nappes existantes.

Comme le souligne le dernier rapport de l’Algérienne des Eaux (ADE) sur la gestion des ressources, la pression démographique et les besoins des grands projets miniers (notamment à Tindouf avec Gara Djebilet) imposent une rupture avec les solutions traditionnelles.

Osmose inverse et transferts, les piliers techniques

Techniquement, ces futures installations reposeront sur le procédé de l’osmose inverse, une technologie maîtrisée par les ingénieurs nationaux de la société

Algerian Desalination Company (ADC). Contrairement aux stations côtières, ces unités traiteront les eaux souterraines saumâtres ou s’appuieront sur des transferts hydrauliques d’envergure. Le ministre de l’Hydraulique a récemment affirmé que ces projets s’inscrivent dans une « vision prospective ».

Pour Tamanrasset, l’enjeu est de renforcer le mégaprojet de transfert In Salah-Tamanrasset, tandis qu’à Tindouf, la station servira de moteur aux ambitions agricoles et industrielles locales.

Au-delà du robinet, c’est toute l’économie locale qui respire. L’arrivée d’une eau stable et de qualité est le préalable indispensable au développement de l’agro-industrie dans le Sahara. Les directives présidentielles sont claires : ces stations doivent soutenir les « projets agricoles prometteurs » et stabiliser les populations dans les zones frontalières.

Cap sur 2030

Avec ces nouvelles acquisitions, l’Algérie confirme son objectif : produire 5,6 millions de mètres cubes d’eau par jour d’ici 2030. Ce passage d’une dépendance aux barrages (souvent à sec) à une production industrielle d’eau potable vise à couvrir 60 % des besoins nationaux.

En intégrant Tindouf et Tamanrasset à cette stratégie, l’État envoie un signal fort: «la sécurité hydrique est désormais une réalité indivisible, du nord au sud du pays».

R. R.

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