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ZLECAF 2026 : Le tournant décisif vers une souveraineté commerciale africaine

ZLECAF 2026 : Le tournant décisif vers une souveraineté commerciale africaine

A travers l’ouvrage collectif «ZLECAF 2026:  Le grand test de l’intégration africaine», un panel de chercheurs émérites livre une analyse sans concession des premiers pas du marché unique.

Entre avancées institutionnelles et goulots d’étranglement logistiques, les auteurs scrutent l’horizon 2026 comme l’année de vérité pour la transformation économique du continent.

2021-2025 : Une architecture juridique en marche

Le premier bilan dressé par l’ouvrage met en lumière une volonté politique sans précédent. Depuis le lancement officiel des échanges sous le régime de la ZLECAF en janvier 2021, les succès ne sont pas négligeables.

Les auteurs soulignent l’harmonisation progressive des droits de douane et la mise en place de l’Initiative de commerce guidé, qui a permis de tester les mécanismes opérationnels entre plusieurs pays pionniers.

L’émergence de premières chaînes de valeur régionales, notamment dans l’agro-industrie et le textile, démontre que la réduction des barrières tarifaires commence à porter ses fruits, encourageant une timide mais réelle diversification des flux commerciaux intra-africains.

Le mur de la logistique et de la bureaucratie

Cependant, l’ouvrage ne fait pas l’économie d’une critique constructive sur les obstacles persistants. Le déficit en infrastructures reste le principal frein à l’intégration.

Les chercheurs pointent du doigt l’incohérence de certains corridors de transport et l’inefficacité de certains hubs portuaires qui renchérissent le coût des marchandises.

Au-delà du béton, ce sont les barrières non tarifaires (BNT) qui cristallisent les inquiétudes :

«L’intégration ne se décrète pas dans les palais présidentiels, elle se construit sur les routes et dans la fluidité des systèmes de paiement. Sans une révolution logistique, la ZLECAF restera une cathédrale de papier», affirment les auteurs dans une conclusion de chapitre percutante.

2026, l’heure de vérité

Pourquoi faire de 2026 le curseur du succès? Selon les experts de l’ouvrage, cette date marquera la fin des périodes de transition pour de nombreux États signataires. Ce sera le moment où la majorité des produits devra circuler en franchise de droits.

C’est le «véritable test»: la capacité des industries locales à résister à la concurrence continentale tout en captant de nouveaux marchés. C’est aussi l’échéance pour l’opérationnalisation totale du Système panafricain de paiement et de règlement (PAPSS), censé économiser au continent 5 milliards de dollars de frais de transaction annuels.

En somme, «ZLECAF 2026» rappelle que cet outil n’est pas une fin en soi, mais un levier de souveraineté. L’autonomie économique de l’Afrique dépend de sa capacité à transformer ses matières premières sur place
et à les consommer à l’échelle du continent.

Si le pari de 2026 est tenu, l’Afrique passera du statut de spectatrice de la mondialisation à celui d’acteur intégré et résilient.

N. K.

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