La commission des Affaires économiques de l’APN a effectué une série de visites dans cinq wilayas industrielles. Au programme : constater de visu les blocages qui paralysent les entreprises et formuler des recommandations aux autorités. Un exercice parlementaire qui, s’il reste à concrétiser, a au moins le mérite de mettre des mots sur des maux connus de longue date.
En effet, les chiffres et les rapports officiels ont leurs limites. C’est partant de ce constat que les membres de la commission des Affaires économiques, du Développement, de l’Industrie, du Commerce et de la Planification de l’Assemblée populaire nationale (APN) ont entrepris une série de visites d’inspection dans cinq wilayas : Guelma, Constantine, Jijel, Aïn Témouchent et Saïda.
Des usines de pâtes alimentaires et d’huile, des unités de fabrication de pièces de rechange, mais aussi des usines fermées — automobiles, camions, tracteurs — ont été passées en revue. Des sites qui illustrent, à leur façon, les contradictions d’un tissu industriel qui peine à trouver sa vitesse de croisière.
Le compte rendu de ces visites a été présenté lors d’une session d’évaluation présidée par Ibrahim Fakhour, vice-président de l’APN, en présence des membres de la commission. D’ailleurs, lors de leurs échanges directs avec les investisseurs et les managers, plusieurs problématiques récurrentes ont émergé avec insistance.
Ainsi, parmi les doléances les plus souvent exprimées : la lourdeur des procédures administratives et les délais interminables pour obtenir des licences. Des entrepreneurs attendent parfois des mois, voire des années, pour décrocher une simple autorisation. Un temps précieux perdu, qui décourage les initiatives et ralentit les projets d’investissement.
La question du foncier industriel est également au cœur des préoccupations. De nombreux industriels souhaitent agrandir leurs capacités de production, mais se heurtent à l’impossibilité d’accéder à des terrains adjacents à leurs usines existantes.
Une contrainte qui bloque l’extension et, par ricochet, la création d’emplois. S’y ajoutent les difficultés liées à l’importation d’équipements dans le cadre des programmes prévisionnels (PPE), ainsi que la problématique des entreprises financièrement fragilisées, dont les dettes s’accumulent sans qu’une solution de rééchelonnement ne soit envisagée.
Au terme de ses visites, la commission présidée par Samira Berhoun a transmis une série de recommandations aux autorités concernées. La commission demande notamment l’instauration de délais clairs et contraignants pour la délivrance des licences, afin de mettre fin à l’arbitraire administratif.
Elle plaide également pour la création de « couloirs verts » ou de guichets dédiés aux entreprises contribuant significativement à l’économie nationale, leur permettant d’accélérer leurs démarches administratives.
Côté foncier, la commission recommande de mettre immédiatement à disposition des investisseurs des terrains industriels contigus à leurs usines, tout en augmentant le nombre de biens fonciers disponibles sur la plateforme numérique de l’Agence algérienne de promotion de l’investissement (AAPI).
Elle appelle également à faciliter les procédures d’importation d’équipements, à étudier la possibilité de rééchelonner les dettes des entreprises en difficulté, et surtout à relancer les entreprises à l’arrêt pour des raisons procédurales — des unités qui, avec un peu de volonté administrative, pourraient rapidement reprendre leur activité et sauvegarder des emplois.
La dynamique ne s’arrête pas là. La commission envisage de poursuivre ses missions d’inspection durant le mois de Ramadan en cours, cette fois vers les wilayas du centre : Alger, Blida, Tizi Ouzou et Bordj Bou Arréridj. L’objectif reste le même : dresser un état des lieux fidèle de la production nationale et soumettre des rapports détaillés aux décideurs.
K. B.







