Depuis le début de ce mois de janvier 2026, des transporteurs de bus de voyageurs et ceux de marchandises sont en grève «surprise», dénonçant le nouveau projet de loi du code de la route et l’ajustement des prix des carburants en vigueur depuis le 1er janvier 2026.
Par Akrem R.
C’est un mouvement de protestation certes «légitime», mais qui reste «illégal» vis- à-vis de la forme, conformément à la réglementation en vigueur. Si la situation jusqu’à là est sous contrôle et que les portes du dialogue sont ouvertes, certaines parties «occultes» veulent exploiter cette situation à des fins politiques, tout en portant atteinte à la stabilité du pays.
D’ailleurs, des appels anonymes circulent sur des pages de réseaux sociaux pour une prétendue grève, le jeudi 8 janvier 2026, des commerçants. Un appel qui vient d’être démenti par l’Union générale des commerçants et artisans algériens (UGCA), soulignant que ces informations sont trompeuses, dénuées de tout fondement et ne représentent en aucun cas la position des commerçants.
Lors d’une conférence de presse tenue hier à Alger, Issam Bedrissi, secrétaire général de l’UGCAA, a affirmé que les appels à la grève ne sont que des rumeurs malveillantes diffusées sur les ré- seaux sociaux, précisant que ces sources sont souvent anonymes et proviennent de l’étranger, visant spécifiquement à nuire à l’Algérie.
Selon lui, cette grève n’existe que dans le monde virtuel et ne reflète absolument pas la position des commerçants algériens ou de l’Union.
Appel à la vigilance
En effet, l’objectif de ces manœuvres «serait de paralyser l’économie nationale et de déstabiliser le front intérieur, particulièrement en ce début d’année marqué par des indicateurs économiques positifs annoncés par le Président de la République, Abdelmadjid Tebboune».
Donc, les commerçants et les citoyens, d’une manière générale, sont appelés à être vigilants et à ne pas suivre ces appels anonymes émanant de parties qui veulent nuire au pays et à sa stabilité. D’ailleurs, même le Chef de l’État avait mis en garde, à maintes reprises, contre ces parties ennemies qui ne veulent pas que l’Algérie avance.
Lors de cette conférence, le SG de l’UGCAA a rappelé que la date du 8 janvier est sacrée pour les commerçants algériens, commémorant la grève historique de huit jours durant la Ré- volution, initiée par l’Union générale des commerçants algériens pour l’indépendance.
«Aujourd’hui, nous appelons les commerçants à ne pas suivre les rumeurs et à ouvrir leurs commerces pour construire une économie forte, transformant la commémoration de la grève d’autrefois en une journée de travail pour la souveraineté économique», a-t-il lancé.
Selon lui, ces campagnes et manœuvres auraient pour objectif principal de désorganiser le marché national, en semant le doute chez les commerçants et les consommateurs, et en provoquant une rupture psychologique de confiance entre les acteurs économiques.
Le SG de l’UGCAA a souligné que les commerçants constituent l’un des maillons essentiels de la chaîne économique, au même titre que les transporteurs et les producteurs, et que toute tentative de paralysie de leur activité équivaut à une attaque directe contre le fonctionnement normal de l’économie.
Il a également évoqué une instrumentalisation des réseaux sociaux à des fins de manipulation, parlant d’une véritable guerre informationnelle et cybernétique visant à fragiliser la stabilité du pays.
Le choix du timing, en début d’année et à l’approche du mois de Ramadan, n’est pas fortuit, selon lui, puisqu’il coïncide avec une période sensible marquée par des enjeux de stabilité des prix, de disponibilité des produits de large consommation et de pouvoir d’achat.
Face à ces tentatives, l’UGCAA a appelé à une mobilisation responsable des commerçants, les exhortant à maintenir leurs activités et à garantir l’approvisionnement régulier du marché. Cette posture, a-t-il souligné, constitue la meilleure réponse économique et patriotique à toute tentative de manipulation visant à porter atteinte à la stabilité de l’économie nationale.
M. Bedrissi a indiqué avoir effectué des visites de terrain, notamment au marché de Semmar (Alger), un centre névralgique pour le commerce de gros. Il y a constaté une grande conscience citoyenne : «Les commerçants ont assuré qu’ils n’étaient pas concernés par cet appel à la grève et qu’ils resteraient mobilisés pour approvisionner le marché».
Il a salué le dialogue avec la ministre du Commerce intérieur, précisant que toutes les préoccupations ont été mises sur la table et traitées avec transparence. Concernant les terminaux de paiement électronique (TPE), il a démenti les rumeurs d’amendes de 50 000 DA, expliquant qu’un simple dépôt de demande auprès de la banque suffit à justifier la bonne foi du commerçant.
Il a affirmé que ce dossier a été instrumentalisé à travers de fausses informations visant à inquiéter les commerçants et à alimenter un climat de
méfiance. Cette précision vise à rassurer les professionnels, en particulier les petits commerçants et artisans, souvent les plus exposés aux rumeurs circulant sur les réseaux sociaux. Pour l’UGCAA, la réussite de cette transition repose avant tout sur la confiance, l’accompagnement et le dialogue, et non sur la pression ou la désinformation.
Concernant le secteur des transports, l’intervenant a évoqué une réunion à venir avec le ministère des Transports concernant le code de la route et les préoccupations des chauffeurs de taxis et des transporteurs de marchandises. Il a noté un retour total au travail des chauffeurs de taxis et de la majorité des lignes de transport de passagers.
Sur la question des prix du carburant, il a mentionné des informations (non encore confirmées officiellement) concernant une éventuelle révision ou un réexamen des tarifs afin de préserver le caractère social de l’État et d’apaiser les tensions chez les professionnels.
Préparations pour le mois de Ramadan
Enfin, il a tenu à rassurer les citoyens sur la disponibilité des produits de large consommation. Les stocks sont pleins et les prix des produits subventionnés sont régulés. L’UGCAA travaille en étroite collaboration avec le ministère pour l’ouverture de marchés de proximité solidaires à travers le pays afin de garantir la stabilité des prix durant le mois sacré.
De son côté, l’Association nationale des commerçants et artisans (ANCA) a appelé les transporteurs de marchandises et ceux des voyageurs à la reprise de leur activité. Cet appel intervient notamment après que les autorités publiques ont annoncé être à l’écoute de leurs préoccupations et propositions, ainsi que la possibilité d’introduire des amendements au projet de loi sur le code de la route avant sa ratification par le Conseil de la Nation.
«Cette démarche vise également à ne pas laisser le champ libre aux spéculateurs pour exploiter la situation et augmenter les prix », lit-on dans un communiqué de l’ANCA.
L’Association confirme, par l’intermédiaire de ses bureaux de wilaya, qu’elle est en contact permanent avec les représentants des marchés et les transporteurs de marchandises afin de les accompagner et de transmettre leurs doléances, répondant ainsi à leurs droits.
A. R.







