Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, s’est rendu hier en République de Turquie pour une visite officielle. Cette dernière s’inscrit, selon un communiqué de la Présidence « dans le cadre du renforcement des relations de fraternité et de coopération entre les deux pays, où le président de la République coprésidera, avec son homologue Recep Tayyip Erdogan, les travaux de la première session du Conseil de coopération stratégique de haut niveau algéro-turc ».
Par Said Rabia
Cette visite qui confirme l’excellence des relations entre les deux pays intervient dans un contexte régional et mondial très particulier. Déjà très liées par une coopération très solide dans plusieurs domaines, Alger et Ankara aspirent à une dynamique de partenariat d’exception.
C’est en effet la signification de la réunion du Conseil de coopération stratégique de haut niveau algéro-turc. Ce dernier marque surtout l’institutionnalisation d’une alliance stratégique de premier plan. Le partenariat entre les deux pays est hissé, ces dernières années, au niveau de l’excellence.
Les échanges commerciaux ont atteint un volume de 6 milliards de dollars dernière l’année dernière, et les deux capitales nourrissent l’ambition de le porter rapidement à 10 milliards de dollars. Selon des sources diplomatiques, et des données rendues publiques, 1600 entreprises turques sont actives en Algérie avec un volume d’investissements d’une valeur de 16,5 milliards de dollars, et 30 mille emplois créés.
Les investissements turcs concernent divers secteurs d’activités. Cela va des entreprises dans la construction, l’agroalimentaire, l’industrie du papier, jusqu’aux mastodontes du textile (Tayal à Relizane) et de la sidérurgie (Tosyali), à Bethioua dans la wilaya d’Oran.
Tout compte fait, la Turquie est le premier investisseur étranger en Algérie hors hydrocarbures. Tosyali qui est devenu au fil des ans le ténor de la sidérurgie nationale et une importante pièce de puzzle dans l’équation de la relance de l’industrie algérienne, avec des records en matière d’exportation vers l’Europe, les Etats-Unis, le Canada et vers l’Afrique, prévoit d’ailleurs d’accélérer son développement en Algérie en s’impliquant dans le projet d’exploitation du gisement de fer de Gara Djebilet. Le président du conseil d’administration du Groupe Tosyali, Fuat Tosyalı, a annoncé un investissement de 2,5 milliards de dollars en Algérie.
L’annonce qui a été faite lors du salon Tube & Wire Fair, qui s’est tenu à Düsseldorf en Allemagne en avril dernier, augure d’un plan d’expansion inédit du groupe turc qui lancera en septembre prochain la production de tôles destinées à l’industrie de l’automobile et de l’électroménager.
Lors des travaux de la première session du Conseil de coopération stratégique de haut niveau, les deux dirigeants, Abdelmadjid Tebboune et Recep Tayyip Erdoğan, vont confirmer cette tendance vers l’excellence du partenariat algéro-turc. Les intérêts des deux pays convergent.
Le groupe Sonatrach a officialisé un partenariat avec Rönesans Holding. Le projet porte sur la déshydrogénation du propane et la production de polypropylène (PDHPP) en Turquie. Sonatrach qui table sur la diversification est détentrice de 34% dans cet important investissement stratégique.
Ceyhan où est implanté le projet est un hub pétrolier et gazier critique en Turquie. Le choix de l’Algérie renforce sa position sur le marché méditerranéen et européen. Par ailleurs, la Turquie est un client important du GNL algérien.
En 2025, elle en a acheté pour environ un milliard de dollars. En février dernier, un accord a été signé entre Sonatrach et la société turque Botas portant sur la vente et l’achat de gaz naturel liquéfié (GNL) destiné au marché turc, s’étendant sur une durée de trois ans.
Le partenariat entre les deux pays est aussi important que diversifié. Il est appelé à atteindre des niveaux jamais atteints dans une conjoncture géoéconomique mondiale de plus en plus complexe.
S. R.

