Principale culture arboricole à Tizi Ouzou, depuis des lustres, l’olivier subit l’impact des transformations sociales et économiques, ainsi que les aléas climatiques et naturels, a estimé Kaci Boukhalfa, responsable à la direction locale de l’agriculture (DSA).
La culture de l’olivier, a-t-il soutenu dans une déclaration à l’APS à l’occasion de la Journée mondiale de l’olivier, « est la principale culture arboricole de la wilaya avec environ 30.000 hectares occupés, dont 98% de la variété chamalal, très productrice, volumineuse et assez résistante à la sécheresse. Elle se confond avec l’histoire et la culture de la région et épouse les contours de ses transformations ».
Le morcellement des propriétés, du fait du facteur démographique et du partage de l’héritage familial, implique une diminution du rendement économique pour chacun des membres et, partant, suscite un certain désintérêt et un délaissement de la culture de l’olivier.
« Avec le morcellement des parcelles, ce ne sont plus, dans la plupart des cas, des exploitations qui font vivre de grandes familles, mais des personnes qui se retrouvent avec un certain nombre d’oliviers, parfois, juste 2 ou 3, de quoi s’assurer une production destinée à l’autoconsommation », explique M. Boukhalfa.
Cette réalité, conjuguée également avec l’éloignement et l’exode vers les centres urbains à la recherche du travail et d’un meilleur cadre de vie, provoque un changement de conduite et de comportement vis-à-vis de l’olivier.
Ces transformations au sein de la société ne sont pas sans conséquences sur l’olivier qui en est impacté, car les gens ne vivant pas de son fruit, mettent moins de moyen et de temps, dont ils ne disposent pas eux-mêmes, parfois, pour son entretien et, partant, sur son rendement et sa survie, a relevé le même interlocuteur.
Autre aléa qui mène la vie dure à l’olivier, ajoute le responsable agricole, le réchauffement climatique et son corollaire : La sécheresse qui impacte fortement l’olivier qui jadis portait des quintaux d’olive et qui, à présent, supportent de petites olives sans chair avec un taux d’extraction qui varie de 3 à 5 litres.
Le nombre d’oliviers impactés par les changements climatiques, notamment la sécheresse, au niveau de la wilaya est estimé à près de 30% qui donnent un rendement d’olives sans chair constitués, tout juste, de noyaux desséchés, a souligné M. Boukhalfa.
Facteur d’équilibre, les 70% restants arrivent encore à résister à ces aléas climatiques et donnent, parfois, des productions records et des rendements en olives qui dépassent facilement les 20 litres à l’hectare au quintal, a-t-il mentionné.
Autre impact impliqué par la sécheresse : une production aléatoire et alternée une année sur 2 ou 3 et qui constitue un véritable problème et un défi pour les oléiculteurs et appelle une nouvelle approche pour la sauvegarde de leur culture.
Cette réalité, difficile pour l’olivier comme pour l’oléiculteur, avec 5 à 6 mois sans une goutte d’eau, des printemps secs et des étés chauds et caniculaires, nécessite d’adopter une nouvelle approche vis-à-vis de l’olivier, estime M. Boukhalfa, soulignant l’impératif d’« accompagner et aider l’olivier dans ces circonstances difficiles en adaptant l’intervention de l’Homme aux nouvelles réalités du terrain, en innovant, notamment, en matière d’irrigation des oliviers ».
R. N.







